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Journée nationale du paysan : Le riz du dîner offert par Roch était importé

Journée nationale du paysan : Le riz du dîner offert par Roch était importé

Commencée le 25 avril dernier à Gaoua, la 21e édition de la Journée nationale du paysan a pris fin le 27 avril 2019 par les échanges directs entre le président du Faso et les producteurs sur les défis actuels de notre agriculture. Le président de la Confédération paysanne du Faso, Bassiaka Dao, a profité de la rencontre pour dire au PF que le riz servi à l’occasion du dîner offert était importé.

 

 

Un cordon de sécurité et des FDS procédant à des palpations de sécurité. Comme il fallait s’y attendre, le dialogue entre le président du Faso et les 1040 producteurs s’est tenu sous haute surveillance. Un hélicoptère survolait même les lieux. Un dispositif qui colle avec le thème de la Journée nationale du paysan : « Défi de la sécurité alimentaire dans un contexte d’insécurité : quelles stratégies d’accompagnement des exploitations agro-sylvo-pastorales, halieutiques et fauniques ? »

 

 Sous les grands chapiteaux dressés, Roch Marc Christian Kaboré a introduit les échanges directs par une note triste : « l’assassinat lâche et ignoble » de cinq enseignants le 26 avril à Comin-Yanga, dans la province du Koulpélogo, région du Centre-Est. Le président du Faso rappelle que cet assassinat traduit la volonté des forces obscures de plonger notre pays dans les ténèbres. Mais il martèle que le pays ne courbera pas l’échine face aux forces du mal. La triste annonce est suivie d’une minute de silence.  Après cet instant d’hommage, l’occupant de Kosyam a fait savoir que la Journée nationale du paysan se tenait dans un contexte difficile et que le thème de la biennale évoquait une « réalité palpable » que vit le Pays des hommes intègres. Parlons d’abord de l’état de la mise en œuvre des principales recommandations formulées lors de la 20e édition, tenue à Kaya.

 

 

Si certaines sont réalisées ou en cours de réalisation, d’autres par contre sont toujours en l’état. C’est le cas de la suggestion faite de limiter le nombre de participants à 500 ou 650 pour les acteurs non étatiques et de réduire la participation des acteurs étatiques (entre 100 et 150). Deux ans après, même si le nombre de participants a été « revu à la baisse », le nombre est resté élevé (1040 personnes, soit 80 par région). Abordons maintenant quelques-unes des nombreuses préoccupations soumises par les producteurs au PF et aux membres du gouvernement.

 

Un producteur par région s’est exprimé au nom de ses pairs. Les sollicitations des uns et des autres, souvent différentes en fonction des régions, gravitent généralement autour de la nécessité de mettre diligemment en place un dispositif sécuritaire qui permette à la masse laborieuse de vaquer à ses occupations champêtres en toute quiétude.

 

 

Sur le même sujet, les paysans ont aussi interpellé les autorités sur l’urgence qu’il y a à instaurer une franche collaboration entre les populations et les Forces de défense et de sécurité.

Globalement, l’Etat a assuré que les préoccupations seraient prises en compte et qu’on devra s’adapter à la nouvelle situation.

Le ministre du Commerce, interpellé sur l’abondance sur le marché burkinabè de produits importés (souvent de mauvaise qualité) qui nuisent à ceux locaux, a tenu à souligner que notre pays n’en est pas un déversoir, car des contrôles rigoureux et réguliers sont faits par la Brigade mobile de contrôle (BMC) déployée dans les corridors. En plus, Harouna Kaboré, qui dit que l’Etat s’est engagé dans la promotion des produits « made in Burkina », a indiqué que plusieurs milliards de FCFA sont consacrés à l’achat des productions nationales pour garnir les cantines scolaires et autres structures publiques.

 

Hadepté Da

 

 

 

Encadré 1

Bassiaka critique le menu du dîner offert par Roch

 

Le président du Faso a offert un dîner le 26 avril aux producteurs et à la délégation. Le président de la Confédération paysanne du Faso n’a pas digéré la composition du menu servi car, relève-t­­-il, le riz n’était pas de production nationale. Le lendemain, à l’occasion des échanges directs entre le PF et les producteurs et devant la presse nationale, le commensal Bassiaka Dao a attiré l’attention de l’amphitryon sur la nécessité de privilégier la consommation des produits locaux.

 

H.D.

Encadré 2

Désormais une carte professionnelle de l’agriculteur

 

Les agriculteurs ont désormais une carte professionnelle dont le premier exemplaire a été remis au président du Faso à l’occasion de la 21e édition de la Journée nationale du paysan. Le président de la Chambre nationale d’agriculture, Moussa Koné, explique que tout agriculteur peut en faire la demande s’il est reconnu à la base comme pratiquant l’activité.

 

H.D.

 

 

Encadré 3

La création du Conseil burkinabè de l’anacarde reste en travers de la gorge des producteurs

 

La création en mars dernier du Conseil burkinabè de l’anacarde en Conseil des ministres est restée en travers de la gorge des producteurs, qui ont demandé qu’on sursoie à la mise en place de la structure. Le PF, principal interpellé, a demandé à l’Union nationale des producteurs d’anacarde du Burkina, partie plaignante, de fournir plus tard les arguments qui permettent de s’opposer à la création du Conseil. Contacté par L’Observateur Paalga, le président de l’Union, Eloi Nombré, s’explique : « Nous ne sommes pas d’accord avec la mise en place du conseil parce qu’à l’étude de la création du Conseil, nous avons émis un certain nombre de préoccupations ; malheureusement, nous nous sommes rendu compte qu’elles n’ont pas été prises en compte.

 

Parmi ces préoccupations, il y a la loi sur les interprofessions qui nous confère un certain nombre de missions et attributions. Nous constatons que celles-ci sont dévolues au Conseil. L’ensemble des producteurs ont décidé qu’on dise au chef de l’Etat que nous ne sommes pas d’accord et que nous voulons qu’on sursoie à sa mise en place pour nous permettre d’échanger avec les différents ministères concernés afin de trouver un consensus », avance-t-il. Eloi Nombré a ajouté que le prélèvement sur l’exportation des noix brutes de cajou est aussi une préoccupation. Il fait savoir que dans la filière, il n’y a pas que les noix brutes qui sont exportées.

 

 

En rappel, c’est précisément le 20 mars 2019 qu’a été adopté le décret portant création du Conseil burkinabè de l’anacarde (CBA) en Etablissement public de l’Etat à caractère économique (EPEC). La mesure, selon le gouvernement, vise à promouvoir la filière à travers la mise en œuvre des actions d’organisation, de coordination et de développement des activités de cette filière sur toute l’étendue du territoire.

H.D.

Dernière modification lemardi, 30 avril 2019 00:59

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