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Sissili : A Biéha sur les traces de déplacés d’Arbinda

Sissili : A Biéha sur les traces de déplacés d’Arbinda

Traînant sous les arbres avec leurs clics et clacs, ils étaient perçus au départ comme des fous. Ces déplacés venus du Sahel, d’Arbinda notamment, ont trouvé refuge dans des habitats de fortune. Après avoir fuit la violence terroriste dans le Soum, ils ont trouvé, hélas, la misère à Biéha dans la province de la Sissili  où ils manquent de tout. Les 20 et 21 avril 2019, nous avons été sur leurs traces à Nakeyero, Boala, Konzio dans la commune de Biéha et à Tanvela en territoire ghanéen. Leur situation inspire tristesse et compassion…

 

 

On aurait pu croire qu’ils sont de simples nomades  partis à la quête de terres plus fertiles. Mais non, ceux-là sont des persécutés qui veulent juste un havre de paix où «sauver leur nez ». Avec ces attaques  terroristes  qui endeuillent le Sahel,  il faut  fuir ou périr, surtout quand, pour une raison ou une autre, on est dans le viseur des hommes sans foi  ni loi. C’est une question de survie. Toute affaire cessante avec ou sans rien  à emporter, ils sont plus d’une centaine à avoir décidé de fuir avant que les commandos de la mort ne les retrouvent.   Comme pour se soustraire définitivement à cette vie sous menace permanente, ils ont fui aussi loin qu’ils le pouvaient. Du Soum dans le nord où ils ont toujours vécu, les voilà aujourd’hui à l’autre bout du pays  dans  la Sissili, c'est-à-dire à l’extrême sud. Ils y sont arrivés par leurs propres moyens.

20 avril 2019.Un soleil de plomb accable  Léo et ses environs en ce  début d’après-midi. Sur une mobylette  affrétée par la mairie de Biéha et en compagnie d’un natif de la localité, nous mettons le cap sur Biéha. Si vous n’y avez pas encore mis les pieds, et si vous venez de Ouaga, juste avant d’atteindre le cœur de la ville de Léo, à votre gauche se trouve une voie latéritique bien large. Bifurquez  et foncez tout droit. Trente cinq kilomètres à parcourir sur un tronçon jalonné de crevasses de toutes les profondeurs  d’un bout à l’autre. Et pourtant il faut bien aller vite avant que la nuit ne déploie son voile. « Si ce sont les déplacés, ne vous en faites pas, ils sont effectivement à Biéha »,  nous a assuré notre compagnon. Arrivés sans crier gare, ils  ont élu domicile sous les arbres avec le peu de bagages qu’ils ont pu emporter. Certains les ont d’abord perçus  comme une horde  de fous. Mais  après avoir pris langue avec eux, on a su qui ils sont et d’où ils viennent : d’Arbinda. Selon une autorité  locale, on dénombre plus d’une centaine d’exilés du Soum dans cette commune de la province de la Sissili. « A leur arrivée, ils ne se signalent à aucune autorité. Nous allons vers eux toujours pour des besoins de renseignements pour savoir qui ils sont et d’où ils viennent. Au début nous pensions que c’étaient des gens qui avaient de la famille à Biéha. Nous avons fini par comprendre que ce sont des citoyens venus du Sahel », a indiqué l’autorité locale.

Pour en savoir plus sur ces exilés, nous avons rendez-vous avec Ousmane Badini, installé depuis 34 ans  à Nakayero, un village situé sur la route du Nazinga,  à quelque trois kilomètres de Biéha. Nous n’y avions jamais mis les pieds. Avec un peu de courage et après de multiples indications et coups de fil, nous le retrouvons dans ses installations à Nakayero un peu vers 16 heures 30 minutes. Après l’eau de bienvenu, les salutations d’usage et un briefing sur l’objet de notre visite,  sans autre forme de protocole, il nous a  indiqué que nous avons encore du chemin à faire et qu’il n’y avait pas de temps à perdre. «  C’est vrai que je les ai accueillis à leur arrivée chez moi. Mais aujourd’hui c’est à Boala, à Konzio et à Tanvela (au Ghana) que vous les trouverez », nous a expliqué Badini, de la même provenance géographique et ethnique que la plupart de ces réfugiés (les Korumba ou les Foulsé).  L’homme, au dos large, vêtu d’un boubou bleu avec une écharpe noire au cou, juché sur sa Sirius flambant  neuve et de couleur blanche nous mène tout droit à Boala, situé à 12 kilomètres de Biéha.  Le ciel est menaçant. Il est plus que sombre. La pluie est imminente. Ousmane Badini a été le tuteur du premier groupe de  déplacés (au nombre de 52) à leur arrivée à Biéha.  C’est lui qui leur a donné gîte et couvert pendant des dizaines de jours. Mais depuis que la saison des pluies annonce peu à peu la couleur, les déplacés d’Arbinda vont d’une localité à une autre, certainement  à la recherche de lopins de terre à exploiter.

Boala tout comme les autres localités de la province est logé  dans une forêt. C’est là que Salif Soulé s’est refugié depuis fin décembre 2018 avec 24  membres de sa famille et ressasse dans le silence  sa misère d’exilé. Quatre morceaux de brique  matérialisent les limites de ce camp familial constitué de trois huttes et d’une toilette de fortune en paille.   Ses trois femmes assises tête  baissée  et  adossées à leur case, semblent se replonger dans leur passé. Deux marmites vides traînent à même le sol.  Une seule est  bien vissée sur trois pierres. Mais pas de feu. Il n’y a que de la cendre froide. Rien ne présage qu’il y aura un diner ce soir.Les enfants, contrairement à ce qu’on aurait pu s’attendre, sont aussi calmes.

 

Bétails, récoltes…ou  la vie

 

 Traits tirés, bonnet blanc  sur la tête, un peu amaigri,  Salif Soulé est tout crasseux. Malgré la canicule, seul, il érige la case de sa génitrice qui est en route pour le rejoindre les prochains jours.  Agé d’environ 68 ans, il nous conte le récit de sa migration forcée.  Certains des déplacés dans la Sissili ont dû enjamber  des corps sans vie  pour s’échapper. Mais, lui a eu la chance de ne pas vivre ce drame.   Raté à trois reprises par le commando terroriste, il n’a pas attendu la quatrième expédition.  Il a mis  le cap sur d’autres horizons. Egaré dans un premier temps à Pô, il parviendra avec l’aide d’un  de ses proches à se rendre à Biéha par la suite. « A Arbinda je me suis caché dans la brousse pendant une trentaine jours. Finalement, j’ai réalisé que je ne pouvais pas me cacher indéfiniment. J’ai décidé de m’enfuir au risque de tout perdre. Je suis arrivé ici sans rien. Absolument rien ! Mes charrues et charrettes, les ânes, les chèvres, les brebis avec leurs petits, 70 bœufs et toutes mes récoltes, j’ai abandonné tout cela dans les mains des terroristes », raconte-t-il. Habitué à fuir et habité par la méfiance, Salif Soulé  ne peut se passer de  jeter avant chacun de ses propos  un regard dans son dos comme pour assurer ses arrières avant de se confier. Aujourd’hui l’homme dans le collimateur des terroristes et ses proches, installés au cœur de cette forêt dans le village de Boala, manque de tout et ils ne se contentent d’un seul repas par jour.  Depuis leur arrivée, il y a déjà quatre mois,  ils vivent de la sollicitude des communautés  religieuses et d’une bonne volonté en la personne d’Ousmane Badini. La réaction de l’Etat se fait toujours attendre même s’ils ont eu des rencontres avec la mairie, la préfecture… « Actuellement nous ne comptons que sur Dieu. Nos  préoccupations sont au nombre de deux : nous n’avons  pas où dormir et nous manquons de quoi manger », a-t-il exprimé. Pour le moment, la scolarisation de ses six enfants (école classique et franco-arabe) peut attendre. Il a la tête  à autre chose. Alors qu’il ne reste que deux mois pour que la saison pluvieuse s’installe, Salif Soulé est toujours à la recherche de terrain pour cultiver. « Ici, des terres pour cultiver sont rares. Celles qu’on met en location sont déjà appauvries et les conditions sont difficiles. Pour exploiter ces terrains, il faut avoir les moyens d’y mettre beaucoup d’engrais. Et le propriétaire vous demande de lui donner, pour un hectare exploité, trois sacs si c’est du maïs et un sac si c’est le sésame que vous produisez. Voyez-vous, quelqu’un comme, moi qui a tout perdu,  ne peut prendre ces terrains », a expliqué, désespéré, le père de famille.

Leurs témoignages  donnent  des frissons et inspirent de la compassion. Après ces moments d’émotions, nous voilà seul face à notre destin sur la route de Léo pour y passer la nuit. Le ciel est menaçant. Comment traverser toute cette forêt seul cette nuit sans la peur au ventre ?  Le comble après cinq kilomètres et tant d’escaliers montés, notre monture nous fait des misères. Pas de phare et impossible d’aller à  vive allure.

 

A Tanvela, des déplacés encore traumatisés

Après avoir fui l’insécurité prégnante du Sahel, les déplacés sont prêts à n’importe quel voyage pour se planquer. Ils n’hésitent pas à se réfugier au-delà de nos frontières.  Aujourd’hui on dénombre trente trois personnes qui ont érigés des cabanes à Tanvela, au Ghana voisin.

Le dimanche 21 avril, avant que l’astre du jour ne se pointe à nouveau dans le ciel, nous repartons pour Biéha afin de rallier Tanvela avec l’aide de notre guide. Le patelin est situé à seulement 13 kilomètres de la dernière commune burkinabè. Il faut avoir le courage d’affronter la forêt. Dans cette brousse les charbonniers sont les maîtres des lieux. « A un moment donné, j’ai cru que vous alliez renoncer à votre voyage quand nous étions en pleine brousse », nous a lancé notre guide, une fois à destination.

 Ce 21 avril, peu avant 10 heures, quand nous sommes arrivés, aucun homme n’est à la maison. Seules six femmes et de petits enfants occupent les lieux.  Elles s’appellent Kadisso, Fatimata, Aminata, Bibata, Nassirata et Mounirata. Les habits en lambeaux sont le mode vestimentaire. Elles se tournent les pouces à longueur de journée  depuis qu’elles ont élu domicile à Tanvela. « Des étrangères sur un sol étranger et sans argent, qu’est-ce qu’elles peuvent faire, si ce n’est aller puiser l’eau et venir la boire ? Nous n’avons rien à faire », nous a expliqué la plus âgée, Kadisso. Le seul homme à coté,  est entré dans la forêt à la recherche de la paille pour faire le toi d’une hutte en construction, les autres mâles ont mis à l’abri leurs familles et pris d’assaut les sites d’orpaillage afin d’avoir le nerf de la survie.  Au milieu de cette forêt et en territoire étranger, le réseau téléphonique n’est pas des plus fluides. Après plusieurs vaines tentatives pour le joindre sur son cellulaire, nous nous résignons à attendre son retour. En attendant, ce sont les femmes qui nous parlent de leur traversée.

Planqués dans la forêt en territoire ghanéen, les déplacés vivent encore un traumatisme. Femmes et enfants sont toujours prompts à détaler aux moindres vrombissements de moto.  Tout comme au Sahel, les motos de grand  gabarit sont prisées à Tanvela. Leurs vrombissements suivis de coups de feu des chasseurs de gibiers sèment la panique et rappellent bien de mauvais souvenirs.  « Ici, ils sont libres de circuler à toutes les heures. La nuit tombée, ils font la chasse aux gibiers et cela nous fait peur, car cela nous rappelle ce qui nous a fait fuir Arbinda », a relaté Fatimata. Si elles sont là aujourd’hui  sans rien, c’est à cause de l’insécurité. « Si ce n’est pas une question de survie qui aurait parié que nous nous retrouverions dans cette forêt loin de ce que nous avons pu engranger dans notre vie ? C’est près de cent sacs de mil que nous avons laissés pour nous sauver. Nous n’avons pas à manger, pas de vêtements et d’habitations. Si c’était un déplacement normal, nous aurions décoiffé nos maisons et emporté les tôles avec nous», ont regretté les dames à tour de rôle.

Leurs langues se délient peu à peu. Elles ne tarissent pas d’anecdotes. «Nous ne mangeons qu’une seule fois par jour et cela correspond à un sac de maïs chaque six jours …». Elles n’ont pas eu le temps de parler que le bruit de la moto du seul homme du camp rompt le silence de la forêt : il s’agit de Boukary Ouérémi. Les vêtements en lambeaux  avec de la paille derrière son engin, il est de retour. Lui aussi était pris pour cible par les terroristes. Sans ambages, il aborde les causes de sa fuite de son Arbinda natal : «je ne saurai vous dire combien de fois les terroristes, sont venus et m’ont manqué chez moi. Chaque jour, ils passaient. Dans ces conditions il ne servait à rien de s’entêter pour rester. La solution, c’était la fuite. Aujourd’hui nous sommes  au Ghana». Lui espère ne pas installer définitivement ses pénates sur le sol ghanéen. Nous allons, dit-il, retourner au Burkina. Mais en attendant, c’est pour avoir  un lopin de terre qu’il a traversé la frontière. 

 

Après la fuite, la recherche de sa fille

 

Pour échapper aux groupes terroristes à ses trousses, il a dû liquider un bœuf et sept béliers à un vil prix pour assurer les frais de voyage.  Mais lui et ses proches ne sont pas encore sortis du pétrin. Tanvela en pleine forêt est infesté de moustiques et il craint pour ses petits-enfants au moment des saisons pluvieuses. De même, il serait difficile pour lui  d’insérer ses enfants scolarisés dans le système ghanéen où les cours se tiennent uniquement en anglais.  Les difficultés semblent ne pas vouloir les lâcher. A peine on en résout une qu’une autre se pointe. Ouérémi Boukary dans sa course vers un havre de paix, a perdu, en effet,  un membre de sa famille, en l’occurrence une de ses filles. Depuis, il met tout en œuvre pour savoir par où elle est passée. Des efforts  qui semblent porter des fruits puisqu’aux dernières nouvelles, elle serait vers Bitou dans l’extrême centre est. Un monsieur l’aurait enlevée pour en faire  sa femme. Ouérémi Boukary en plus de faire des pieds et des mains pour nourrir  les trente-trois personnes à sa charge doit aussi libérer sa fille des mains de ce prétendant indélicat.   

Mais en fait on n’avait pas besoin d’aller jusqu’à Biéha. Des déplacés d’Arbinda, on en retrouve à Léo et plus  encore à Boura, un village relevant de la même commune.

Persécutés au Sahel, ils ont trouvé refuge dans cette province boisée. Ces victimes qui errent de leurs propres initiatives à la recherche de terres cultivables, manquent de tout et se contentent, comme on le sait,  d’un seul repas par jour. Pour le moment, ils vont d’une rencontre à une autre avec les autorités locales dans l’espoir que des structures comme la CONASUR mettront bientôt en œuvre leurs procédures d’urgence.  Sans quoi comment traverser la saison pluvieuse qui s’annonce. ? Cette question,  les réfugiés d’Arbinda se la posent.

 

Lévi Constantin Konfé

Encadré

Pourquoi nous avons quitté Arbinda ?

 

Salif Soulé n’avait jamais envisagé dans sa vie de s’exiler de sa province natale. Mais c’était avant que les terroristes ne s’érigent en maitres des lieux dans la commune d’Arbinda. Et quand il a eu vent de ce que des hommes armés tramaient pour attenter à sa vie il n’a plus hésité à fuir.  « Ce qui nous a fait quitter Arbinda, ce sont les terroristes. Ils détestent ceux qui ont de la notoriété. J’ai appris par personnes interposées que les terroristes promettaient de me tuer le jour où ils me trouveraient.  Trois ou quatre personnes m’ont rapporté cette même information. J’ai dormi trente jours dans la brousse. Comme le Burkina est vaste et que je ne suis pas condamné à rester dans cette partie du pays, j’ai décidé de fuir », a-t-il expliqué.  Sorti de la zone d’insécurité, il est rattrapé par la réalité : sa famille restée Arbinda est à son tour dans le viseur des terroristes.  Chaque jour il recevait leurs appels téléphoniques lui demandant de leur venir en aide parce qu’ils ne pourraient plus à leur tour dormir à la maison. «Les terroristes  sont venus deux fois chercher mon premier fils et moi en vain. Ils devenaient de plus en plus menaçants envers eux.  C’est vrai que j’ai pu me tirer d’affaire, mais  les vies de mes  parents étaient en péril. Je me suis décidé à repartir chercher ma famille et j’ai fait savoir  mon intention à des proches. Ils  m’ont dit de ne pas oser remettre les pieds à Arbinda, car les terroristes allaient me tuer. Ceux qu’ils détestent le plus, ce sont ceux qui partent et reviennent. Ils les considèrent comme des informateurs du pouvoir. Ceux qui donnent les renseignements sur leurs faits et gestes », a-t-il détaillé. Il a donc instruit son petit frère de faire partir la famille. Ceux qui ont pu venir ici sont à l’abri. Mais ceux qui y étaient  encore étaient  menacés de mort. La situation se dégradant chaque jour que Dieu fait, ils ont réussi à leur tour à quitter Arbinda pour Djibo. « Arrivés là ils ont réalisé qu’ils n’étaient pas encore à l’abri et ils ont continué à Ouahigouya. Toute la famille a pu finalement partir et nous ne déplorons aucune perte en vie. Mais des biens, j’en ai énormément perdus. Les djihadistes sont partis avec tous mes animaux : des brebis avec leurs petits, des chèvres et 70 bœufs », a expliqué Salif Soulé.

 

LCK

 

Encadré 

 Pendant ce temps à Arbinda

 

La violence dans la commune est sans répit. « Depuis la dernière semaine du mois de janvier 2019, nous assistons réellement à des événements terribles et douloureux. Il ne se passe pas une seule semaine sans que des jeunes soient égorgés, du bétail chassé, des greniers ou des habitations incendiés et des boutiques et magasins vandalisés. Ces dernières semaines, on assiste à l’enlèvement de personnes et à l’asphyxie de la commune par l’occupation des axes Arbinda-Djibo et Arbinda-Dori », a confié le maire d’Arbinda, Boureima Werem, à la presse. Cf.  Le faso.net, Oméga Fm et RFI. Selon ses confidences aux différents médias, les violences touchent tous les 43 villages de la commune d’Arbinda. Ces deux dernières semaines on a assisté à des violences inouïes : le 23 avril  dernier, trois jeunes de la commune de retour de Dori ont été extraits du car qui les transportait et abattus par des hommes armés. Si on peut faire foi à ce que le maire de la commune décrit, le moins que l’on peut dire, c’est qu’Arbinda est en train de passer  sous la coupe des hommes armés puisqu’ils contrôlent certains axes routiers vitaux.

LCK 

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