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Une lettre pour Laye : Bonanet veut mettre de l’ordre chez les promoteurs

Une lettre pour Laye : Bonanet veut mettre de l’ordre chez les promoteurs

 

Cher Wambi,

 

Dans ma Lettre de la semaine dernière, je te disais  que Djibrill Bassolet était rentré le  5 mai 2019 de son séjour médical  en Tunisie où il avait été évacué deux mois plus tôt.  Je t’informais également que le premier général de gendarmerie de notre pays, poursuivi devant le tribunal militaire pour son implication présumée dans le putsch  manqué de septembre 2015, devait repartir le week-end passé, cette fois-ci en Turquie pour poursuivre ses soins.  Cela, sur la demande express du président Recep Tayyip Erdogan qui en aurait fait la demande auprès des autorités burkinabè pour des raisons humanitaires.  Eh ! bien, cher cousin, suite à cet élément, j’ai reçu un  droit de réponse de l’ambassadeur  de Turquie au Burkina que je te propose.

 

 

« Monsieur le Directeur de publication,

 

J'ai lu avec regret dans votre parution n°9850 du vendredi 10 au dimanche 12 mai 2019 à la page 07, sous la rubrique «Cher Wambi» de «Passek Taalé», où il est fait mention : «J'ai aussi appris que, du pays d'Habib Bourguiba, le premier général de gendarmerie du Burkina devrait continuer à Ankara, en Turquie, sur insistance de son président, Recep Tayyip Erdogan, pour des raisons humanitaires. Les deux hommes se sont pris d'amitié depuis 2013, au moment où l'un était ministre des Affaires étrangères et l'autre Premier ministre».

 

M. Djibrill Bassolé est actuellement en procès pour sa participation à la tentative de coup d'Etat de 2015 et S.E.M. Recep Tayyip Erdogan n'entretient pas d'amitié particulière avec lui, si ce n'est le décorum exigé par l'Etat. L'ambassade de la République de Turquie à Ouagadougou n'est pas informée d'un quelconque départ de l'ancien ministre, de la Tunisie pour la Turquie.

 

Je voudrais demander que vos prochains numéros contiennent des informations plus précises sur mon pays et ses dirigeants. L'ambassade demande la publication de cette lettre dans la même rubrique «Cher Wambi» du prochain numéro de votre journal.

 

 

 

Ouagadougou, le 13 mai 2019

 

 

 

A. Asim Arar

 

Ambassadeur »

 

 

 

 

 

Cher Wambi, je prends acte de ce démenti. Je constate néanmoins que les diplomates, qui  savent être prudents par nature, ont déjà condamné l’accusé Bassolet. En effet, alors qu’il est censé être présumé innocent jusqu’à ce que la preuve de sa culpabilité soit établie à l’issue d’un procès équitable, nos amis turcs écrivent sans la moindre hésitation  qu’il est  «actuellement  en procès pour sa participation à la tentative de coup d’Etat».

 

Mais là n’est pas le problème, et s’il est reconnu coupable, qu’il trinque. Cependant, sans vouloir verser dans une polémique  stérile, il faut croire que Yipènè, dans cette affaire, est …la tête de turc des autorités burkinabè. Car la piste turque que j’ai évoquée semblait  sûre et bien balisée pour que l’illustre patient reparte  le 10 mai dernier  en Tunisie avant de continuer à Ankara qui offre sans doute de meilleures conditions de prise en charge. Selon diverses sources concordantes proches de celui qui a retrouvé sa résidence surveillée à Ouaga 2000,  des échanges auraient même eu lieu entre le malade et des responsables burkinabè, médicaux notamment, par l’entremise du directeur de la clinique de Hammamet où il avait été admis.

 

Mais jusqu’à ce que je t’expédie la présente lettre, l’intéressé, qui ne comprenait d’ailleurs pas pourquoi il fallait qu’il rentre au pays  avant de repartir,  était toujours là. Faut-il donc croire que la solution  turque qui lui aurait été proposée était fausse et qu’elle  a plutôt servi d’appât pour le faire revenir et l’empêcher ensuite de ressortir ? Et pour quelles raisons ? Allez savoir !

 

Toujours est-il que, dans cette situation, le malade risque de perdre le bénéfice des cures qu’il subissait toutes les deux semaines au pays de Bourguiba où ses médecins traitants ont confirmé, dit-on,  le mal qui avait déjà été détecté au Burkina : il souffrirait, cher Wambi, d’une  pathologie rare qu’on appelle maladie gélatineuse du péritoine dont je n’avais jamais entendu parler qui nécessite un traitement adapté et continu, de sorte que le gain de son évacuation pourrait se réduire à néant. Car à défaut de la Turquie, la logique aurait voulu qu’on le laissât en Tunisie, sauf si on est convaincu qu’il a désormais une forme olympique et qu’il n’a plus besoin d’être traité à l’extérieur.

 

 

 

Cher Wambi, une année déjà que le Burkina Faso a divorcé d’avec Taïwan pour convoler en justes noces avec la République populaire de Chine. Un mariage de raison puisqu’après le toast porté à Pékin le samedi 26 mai 2018, année du cochon selon le calendrier chinois, le président Xi Jinping a vite eu le cœur sur la main : ainsi donc, notre ministre des Affaires étrangères, Alpha Barry,  est rentré de Beijing, la corbeille de mariage bien chargée de cadeaux ; parmi ceux-ci, une promesse  de construction d’un hôpital de référence à Bobo-Dioulasso. 

 

Mais depuis quelque temps, cet engagement chinois est en train de tourner au véritable casse-tête (chinois) pour les autorités burkinabè. Tant le choix du site ne cesse de diviser aussi bien les Bobolais que le reste de l’opinion nationale.

 

En effet, cher cousin, initialement prévu sur la route de Léguéma, localité rattachée à la commune de Bobo-Dioulasso, le lieu d’implantation a été revu par le conseil municipal.  D’aucuns ayant vu dans cette décision une volonté du maire, Bourahima Sanou, de faire construire l’hôpital dans son village.

 

Après cette première infortune, les responsables communaux finissent par jeter leur dévolu sur Kua, à la sortie de la ville.  Mais une fois portée à la connaissance du grand public, cette démarche ne cesse de susciter une vague d’indignation à l’échelle nationale.

 

Cher cousin, sans doute que tu demandes pourquoi un projet de réalisation d’un établissement d’intérêt public  peut susciter un tel tollé. Eh ! bien, sache que le nouveau site, d’une superficie de 16 hectares, est situé dans une forêt de 350 hectares classée patrimoine national et ce, tiens-toi bien, par arrêté du gouverneur général de l’AOF du 27 avril 1936. De ce fait son exploitation totale ou partielle est soumise à une autorisation préalable et obéit à une procédure spécifique. 

 

Selon ce que j’ai appris, tout serait parti du ministère de la Santé qui a requis l’avis de la mairie de Bobo-Dioulasso pour un éventuel déclassement partiel de cette zone boisée. A l’issue d’une session extraordinaire tenue le  19 avril dernier, le conseil municipal a abouti à une délibération favorable à la requête qui lui a été soumise. Mais cette décision a du mal à passer.

 

D’abord au niveau de la procédure. Sur ce plan, c’est le ministre de l’Environnement, Batio Bassière, qui n’est pas passé par quatre chemins pour recadrer le bourgmestre de la ville de Sya et toute son équipe.

 

En effet, entendu à l’Assemblée nationale suite à une question orale, le ministre a déclaré que : «Un conseil municipal n’a ni le pouvoir ni l’autorisation de déclasser tout ou partie d’une forêt classée de l’Etat, encore moins d’en changer la destination». Avant de rappeler : «L’article 30 du code forestier stipule que  le déclassement d’une forêt de l’Etat résulte d’un décret pris en conseil de ministres sur proposition du ministre chargé des Forêts».

 

Ensuite au niveau de nombre d’organisations de la société civile. A la fois soucieuses de la préservation des ressources naturelles et  réticentes face au déclassement partiel de la forêt au regard de l’impact environnemental que pourrait avoir la construction de cet hôpital, de plus en plus de voix s’élèvent pour désapprouver la destruction des arbres pour la construction d’une formation sanitaire, soit-elle de référence.

 

Cher Wambi, alors que le débat sur l’opportunité ou non de la réalisation de cette promesse chinoise est loin de s’estomper, voilà   que des rumeurs de plus en plus persistantes,  reprises par des médias de Bobo, font état d’un possible transfert du futur hosto à polémiques vers le CHU  de Tengandogo à Ouagadougou. Mais selon le directeur du projet, le docteur Olivier Sanou, il n’en serait rien.   Il précise par ailleurs que des instructions ont été données afin d’accélérer la finalisation du processus  pour un démarrage des travaux dans un bref délai.  

 

 

 

A présent, cher Wambi, je t’invite à feuilleter avec moi le carnet secret de Tipoko l’Intrigante.

 

 

 

- Un groupe de citoyens burkinabè, «libres et indépendants conscients des graves menaces aux fondements de la nation  et des risques d’effondrement du Burkina Faso en tant qu’Etat-nation relativement à l’évolution compromettante de  la situation sécuritaire nationale»,  ont décidé de lancer un appel dit «Appel de Manega», du nom du village de l’homme de lettres, de culture et de droit Me Frédéric Titinga Pacéré.

 

C’est une initiative citoyenne dédiée à la préservation  du vivre-ensemble, à la sauvegarde de la nation, à l’unité du peuple  et pour le refus de toutes les formes d’incitation à la haine religieuse, ethnique ou communautaire.

 

L’Appel, qui se veut un acte fort d’interpellation des consciences, placé au-dessus des considérations, particularismes et sensibilités nationales, est adressé au peuple, aux dirigeants, aux leaders et aux partenaires et amis du Burkina Faso.

 

Il est porté par cent (100) personnalités influentes dont l’engagement, l’action et la conviction de la nécessité d’une nation burkinabè multidimensionnelle, unie, harmonieuse et tolérante sont reconnus de tous.  Elles sont issues de toutes les catégories et composantes de la Nation : autorités morales et religieuses, anciens, élus, universitaires, syndicalistes auxquels s’ajoutent des acteurs des médias, du monde judiciaire, de la société civile, de la culture, du sport, de la politique et du monde des affaires.

 

Le Comité de l’appel de Manega (CAM) est à pied d’œuvre pour la mise en route de son initiative au regard de l’urgence nationale. Il  s’exprimera les tout prochains jours à Manega dans la province de l’Oubritenga.

 

 

 

- Le ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat a entamé depuis 2018 un processus d’élaboration d’un avant-projet de décret portant conditions d’octroi des agréments techniques dans le domaine de l’urbanisme et de l’habitat au Burkina Faso. En attendant que le document soit examiné au conseil des ministres, la réception et le traitement des dossiers de demande d’agrément technique dans le secteur de la promotion immobilière sont suspendus à compter du 13 mai 2019.

 

Cette mesure est assortie d’une opération de contrôle lancée depuis lundi dernier dans les communes rurales où de nombreux prestataires immobiliers ont acquis des terres destinées à des activités agricoles ou d’élevage mais exploitées à des fins de construction de logements. Sont concernées par cette campagne de vérification les localités suivantes : Saaba, Tanghin-Dassouri, Komki-Ipala, Pabré, Koubri, Komsilga et Loumbila.

 

 

 

- On se rappelle le départ en janvier dernier d’un joueur de l’Association sportive des fonctionnaires de Bobo (ASFB) alors meilleur buteur du championnat national de football 2017-2018 vers le royaume chérifien. Un transfert au club marocain de Bherkane qui a coûté 45.000 dollars. La manne vient de tomber dans l’escarcelle de son club de départ, l’ASFB.  Comme on le sait, en pareille circonstance,  le club formateur a aussi droit à sa part de gâteau sur le montant du transfert.

 

Mais l’ASFB et l’équipe de D3 de Vitess FC de l’ex-international Mamadou Zongo, où l’international burkinabè de Bherkane a fait ses classes,  peinent à s’entendre. Selon les spécialistes en la matière, 40% du montant total de la transaction doivent revenir au club formateur. Mais l’ASFB, à ce qu’on dit, ne l’entendrait pas de cette oreille. Et après moult discussions, Mamadou Zongo s’est finalement contenté de 2 millions de FCFA sur les 8 millions qu’il attendait.

 

 

 

- En l’espace d’à peine seulement deux mois, c’est la seconde fois que le Burkina Faso est à l’honneur au plan international : en effet, on se rappelle que notre compatriote la comédienne Roukiata Ouédraogo avait été désignée à Paris marraine de l’édition 2019 de la Journée internationale de la Francophonie célébrée le 20 mars de chaque année. A cette occasion, c’est elle qui avait eu le privilège de procéder à la lecture de la grande dictée de la Francophonie ;

 

moins de soixante jours après, c’est une autre dame de chez nous, Maïmouna Ndiaye, actrice et réalisatrice, qui vient d’être honorée dans le monde du 7e art. Mouna, comme on l’appelle couramment, sera membre du jury de la 72e édition du Festival de Cannes qui se tient du 14 au 25 mai 2019. Le jury est composé de quatre femmes et de quatre hommes venant de quatre continents et de sept nationalités différentes.

 

C’est une forme de consécration pour cette actrice de talent qui a fait ses armes dans le théâtre, puis le cinéma. Au titre des récompenses, Mouna a décroché le prix de la meilleure interprétation féminine au FESPACO 2015, et, l’année suivante, remporté la plus haute distinction de la première édition de la ‘’Nuit des Sotigui’’, devenant ainsi la meilleure actrice du cinéma d’Afrique et de la diaspora pour son rôle dans le film ‘’L’œil du cyclone’’ du réalisateur burkinabè Sékou Traoré.

 

 

 

- Demain samedi 18 mai 2019, de l’ambiance et des retrouvailles assurées à Zagtouli. La raison  de cela : c’est ce jour que se tiendra le Nabasga 2019 ou fête coutumière annuelle de Son Excellence le Naaba Koanga, chef coutumier de Zagtouli. La manifestation sera ponctuée par de nombreuses activités culturelles.

 

 

 

Tipoko l'Intrigante n'apprend rien d'elle-même, elle  n'invente jamais rien. Tipoko l'Intrigante est un non-être. Elle n'est ni bonne en elle-même, ni mauvaise en elle-même. Elle fonctionne par intuition, car "l'intuition c'est la faculté qu'a une femme d'être sûre d'une chose sans en avoir la certitude..."

 

 

 

Ainsi va  la vie.

 

Au revoir.

 

 

 

Ton cousin

 

 Passek Taalé

 

Dernière modification ledimanche, 19 mai 2019 16:34

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