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Formation gouvernement RDC : Tragicomédie à Kinshasa

Formation gouvernement RDC : Tragicomédie à Kinshasa

 

 

On en rirait presque si ce n’était pas aussi malheureux. Six mois après son investiture, le nouveau président de la RDC, Félix Tshisekedi, est enfin parvenu à un modus vivendi avec son allier Joseph Kabila pour la formation de «son» gouvernement. Les négociateurs de la coalition FCC-CACH, conduits respectivement par Néhémie Mwilanya et Jean-Marc Kabund, ont en effet livré les conclusions de leurs tractations qui duraient depuis un bon bout de temps.

 

 

On sait désormais que sur les 65 membres que comptera l’équipe  Ilunga Ilunkamba,  42, soit les deux tiers, sont issus du Front commun pour le Congo, les 23 autres revenant à son associé circonstanciel de Cap pour le changement. Autant dire la portion congrue pour un regroupement qui a quand même « remporté » la présidentielle du 30 décembre 2018 à l’issue d’un « compromis à l’africaine », pour reprendre la formule assassine, mais combien véridique de Jean-Yves le Drian, le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères.

 

Dans ce partage pour le moins léonin au profit de celui qui dispose d’une écrasante majorité parlementaire, il n’y a pas que l’importance numérique des maroquins qui peut être sujette à caution, il y a surtout leur qualité, pour ne pas dire leur poids, au propre comme au figuré. Pour ne parler que des ministères régaliens, Kabila et les siens s’en sortent en effet avec la Défense, la Justice, les Finances et le portefeuille, on ne peut plus stratégique, des Mines, dans ce pays réputé être un véritable scandale géologique. Fatshi et ses partisans auront, eux, les Affaires étrangères, l’Intérieur, l’Economie et le Budget.

 

Avec une telle répartition, on n’a vraiment plus besoin de se demander qui est le véritable chef de cet immense pays, car quand on tient l’armée, les cordons de la bourse et les pierres précieuses, on peut se permettre de dicter sa loi à un président postiche qui pédale dans la choucroute en se donnant l’illusion d’être le patron.

 

Le fils du « Sphinx de Limite » a beau prévenir qu’il aura un droit de regard sur les personnalités qui occuperont ces postes-clés, on ne voit pas trop comment il pourrait empêcher « Petit Kabila » d’imposer les hommes qu’il veut.

 

En réalité, il y a plus risible que ce vulgaire partage du butin entre « braqueurs électoraux », puisqu’il y aurait pas moins d’une centaine de prétendants à chaque portefeuille, soit environ 6500 postulants pour l’ensemble du gouvernement. Avec ce chiffre, ce  n’est plus un Premier ministre qu’il faut pour former l’équipe ministérielle mais un cabinet de recrutement.

 

 

 

Hugues Richard Sama

Dernière modification lejeudi, 01 août 2019 00:09

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