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Election du général Ndayishimiye au Burundi : Faut-il vraiment s’en étonner ?

Election du général Ndayishimiye au Burundi : Faut-il vraiment s’en étonner ?

 

Les résultats provisoires du triple scrutin burundais ont été proclamés hier ; des résultats qui donnent Evariste Ndayishimiye vainqueur avec 68,72 % des suffrages exprimés, sous réserve de confirmation par le Conseil constitutionnel.

 

 

Sans surprise donc, au vu des résultats partiels qui avaient commencé à être égrenés depuis jeudi dernier, le général de 52 ans a été élu avec un… généralissime score.

 

Le candidat du parti au pouvoir, selon des estimations, arrivait en tête dans 113 communes sur 119. A Musigati dans l’ouest du pays, il a même frôlé la perfection en s’octroyant 99,99% des voix pour un taux de participation, tenez-vous bien, de 102%.

 

Comme on dit, la moyenne a même dépassé le total, au grand dam de ses adversaires, au premier rang desquels Agathon Rwassa, arrivé deuxième avec 24,19 % des voix. Le président du Conseil national pour la liberté (CNL) n’avait pas attendu la proclamation officielle de ces résultats provisoires pour les qualifier de « fantaisistes » parce qu’ils ne colleraient pas avec la réalité des urnes

 

Fraudes massives, bourrages d’urnes, votes multiples, usage abusif de procurations, arrestation de quelque 200 de ses assesseurs et militants ; tel est en effet le décor de ces élections truquées que pointe le CNL. Mais doit-il vraiment s’étonner de ce qu’il considère comme un hold-up électoral ? Pensait-il vraiment que le président sortant, Pierre Nkurunziza, s’est choisi un dauphin, ou du moins, un « héritier », comme il le dit lui-même, pour ensuite laisser n’importe qui s’asseoir sur le fauteuil présidentiel qu’il s’apprête à léguer ?

 

L’issue de ces élections présidentielle, législatives et communales ne faisait en réalité pas l’ombre d’un doute, la seule inconnue était le score qui serait attribué au gagnant désigné d’avance.

 

Le Burundi, faut-il le rappeler, est devenu une sorte de  goulag tropical depuis que l’ancien professeur d’EPS est arrivé au pouvoir en 2005. En 2015, sa volonté de briguer un troisième mandat, en violation flagrante des accords d’Arusha, avait d’ailleurs ouvert la voie à une crise sociopolitique qui a fait plus de 1 200 morts et contraint quelque 400 000 Burundais à l’exil. Opposants, journalistes, activistes des droits de l’homme sont ainsi devenus indésirables au royaume de Nkurunziza qui est tout sauf une démocratie. Autant de personnes qui espéraient une civilisation des mœurs politiques pour pouvoir rentrer au bercail. Mais étant donné l’évolution des choses, il faut même craindre que l’on débouche sur une crise postélectorale qui pourrira encore un peu plus le climat sociopolitique du pays.

 

 

Hugues Richard Sama

Dernière modification lemardi, 26 mai 2020 20:57

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