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Présidentielle 2020 dans la Kossi : Pas de vote dans 37 villages, à moins que…

Une séance de construction d'un tronçon de la route en question par les populations qui espéraient l'accompagnement des autorités Une séance de construction d'un tronçon de la route en question par les populations qui espéraient l'accompagnement des autorités

 

Entre les électeurs et les élus, le compte n'est pas souvent bon. La non-tenue des promesses faites lors des campagnes électorales en est généralement la cause. C'est le cas dans 37 villages de la Kossi où les populations ont pris une décision ferme en ce qui concerne les prochaines élections.

 

 

 

 

La Kossi est l’une des vastes provinces du Burkina. Elle compte 10 communes. Le défi majeur de cette zone est son désenclavement routier. En effet, seule une voie bitumée traverse la province et relie Nouna au Mali voisin en passant par Djibasso et Bomborokuy. Toutes les autres routes sont soit des voies rouges, soit des pistes qui sont toutes quasiment impraticables pendant la saison pluvieuse. La situation est telle que les habitants de plusieurs villages ont pris l’initiative de se mobiliser pour construire ou réhabiliter les routes.

 

Dans les parutions du 13 au 15 septembre 2019, du 22 au 24 novembre 2019 et du 4 juin 2020 de L’Observateur Paalga, nous évoquions les cas des villages de Bankoumani, Kakin et Sikoro où les populations ont initié des travaux d’intérêt commun pour rendre possible l’accès à leurs localités. «Ces actions sont porteuses d’un réel espoir et révèlent la maturité d’un peuple qui, auparavant, attendait passivement tout des dirigeants. Il importe cependant que les autorités locales, voire nationales, prennent des mesures pour accompagner ces bonnes initiatives afin qu’elles deviennent des habitudes pour la génération montante », signalions-nous à la fin de chacun de ces articles.

 

Las d’attendre d’éventuels soutiens pour la réalisation d’infrastructures routières durables, les populations de 37 villages situés sur le même axe à l'ouest de Nouna en sont arrivées à ce qu’on pourrait appeler une révolte. Elles comptent arracher l'implication des dirigeants d'une manière ou d'une autre. En effet, les leaders de ces villages ont effectué de multiples concertations afin de trouver des solutions à l’état défectueux de la voie qui relie Nouna à Doumbala. Elle est fortement fréquentée par les habitants de ces villages qui sont répartis dans trois communes, à savoir celles de Nouna, Doumbala et Dokuy, à cause des marchés stratégiques comme celui de Nian. «Les populations de ces 37 villages ont une préoccupation commune : le besoin d’une bonne route. « Le manque de bonne route nous cause d'énormes dommages d’autant plus que les échanges commerciaux deviennent périlleux en saison pluvieuse. Chaque année nous exprimons ce souci aux autorités. Nous avons même procédé nous-mêmes à la construction de certains tronçons de cette route  pour attirer leur attention. Mais il n’y a pas eu de réaction  y relative », explique Abdina Traoré, conseiller municipal de Kakin, l’un des villages concernés par la situation.

 

En mai dernier, les populations des 37 villages se sont réunies pour prendre des décisions. Il en ressort ceci : «Personne ne votera lors des élections à venir. Nous avons notifié cette décision dans le procès-verbal de la rencontre et tous les adultes ont signé pour signifier leur accord. Un exemplaire du rapport a été transmis au préfet de Nouna et nous avons mandaté une personne-ressource pour en informer le haut-commissaire. La seule chose qui pourrait nous faire changer de position, c'est la construction de notre route. D'ailleurs, le politicien qui viendra battre campagne chez nous sera mis devant les faits avant toute chose», précise le conseiller municipal, qui affirme qu’à l’inverse, celui qui s'engagera à répondre à leur exigence bénéficiera automatiquement des voix de toutes les populations signataires. D'après lui, il ne s'agit plus de venir faire de simples promesses. « Nous en avons assez des promesses qui ne sont jamais tenues. Ainsi, à défaut de commencer les travaux avant les élections, le politicien qui veut que nous votions pour lui devra signer un engagement qu'il sera tenu de respecter », a-t-il poursuivi. Des responsables de partis politiques auraient déjà pris contact avec les leaders de ces villages, mais il n'y aurait rien de concret pour le moment.

 

 

 

Issa Mada Dama

 

Dernière modification lelundi, 08 juin 2020 22:08

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