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Démission Karim Kéïta : Stratégie du singe sur la Colline du pouvoir

Démission Karim Kéïta : Stratégie du singe sur la Colline du pouvoir

 

On appelle ça la stratégie du singe : c’est bien connu en effet, pour se tirer d’affaire quand ils sont pourchassés, les primates préfèrent souvent jeter leurs petits en pâture aux poursuivant, espérant qu’ils s’en contenteront.

 

 

C’est peut-être ce stratagème que vient d’expérimenter  à Bamako le président malien, Ibrahim Boubacar Kéïta

 

A ses opposants, qui descendent dans la rue depuis de longues semaines pour réclamer sa démission,  il offre la tête de son fils, Karim.

 

Avec sans doute l’accord de papa, si ce n’est pas ce dernier  lui-même qui l’y a poussé. M. fils a en effet démissionné de la présidence de la commission, stratégique s’il en est, de la Défense de l’Assemblée nationale. Poste où il venait d’être reconduit par ses pairs pas plus tard qu’en mai au terme des législatives qui ont été l’élément déclencheur de la grave crise qui ravage le Mali.

 

Il faut dire que Karim Kéïta, qui crie au délit de patronyme, estimant qu’on concentre les tirs sur sa personne pour mieux atteindre son père, symbolise à tort ou à raison aux yeux de ses compatriotes la mal gouvernance, la corruption et l’accaparement des richesses nationales dont on accable volontiers le clan IBK. 

 

Il faudra pourtant bien plus que son prestigieux strapontin pour calmer les ardeurs des militants du Mouvement du 5-Juin.

 

La preuve, alors que certains pensaient que leur embastillement  allait les adoucir, les responsables du M5, libérés après quelques jours de détention, ont au contraire durci le ton au cours d’une conférence de presse tenue hier.

 

Ils ont aussi réitéré leur appel à la désobéissance civile et continuent de réclamer la démission pure et simple du locataire du palais de Koulouba, la Colline du pouvoir, ainsi qu’on l’appelle en français.

 

Pas question d’ailleurs pour eux de revenir sur la table des négociations alors que les manifestations, quasi quotidiennes depuis vendredi dernier, ont fait à ce jour onze morts et plus de 120 blessés. De quoi nourrir l’irrédentisme des troupes de l’imam Mahmoud Dicko, chef de la contestation.

 

Comme on le voit, les Maliens s’enfoncent davantage dans une crise à l’issue incertaine au point de noyer dans ces chamailleries politiciennes la priorité des priorités : la lutte contre le terrorisme et ses cortèges de malheurs.

 

Pour peu, on croirait que la Cour pénale internationale (CPI) a voulu rappeler à IBK et à ses contempteurs le sens des urgences :

 

la CPI a en effet ouvert hier 14 juillet 2020 le procès d’Al-Hassan Ag Abdoul Aziz Ag Mohamed Ag Mahmoud.

 

Derrière ce nom se cache l’un des commissaires de la police des mœurs de Tombouctou quand la ville aux 333 saints était sous la coupe d’Ansar Dine et d’AQMI au début de l’invasion terroriste en 2012.

 

Celui qui torturait, flagellait, lapidait et amputait, par moments était de ce fait le visage de la police islamique qui ensanglantait les dunes de sables jusque-là paradisiaques.

 

Arrêté en 2027, il ploie aujourd’hui sous le coup de treize chefs d’accusation, notamment de tortures,  mariages forcés, esclavage sexuel, viols, persécutions, atteintes à la dignité humaine, attaques contre des monuments religieux à telle enseigne que l’acte d’accusation est un véritable scénario pour film d’horreur.

 

Les malheurs du Mali mais aussi d’IBK ont commencé avec des renégats comme celui-là, et huit ans après, le pays de Modibo Kéïta n’est pas sorti du cauchemar dans lequel il est plongé.

 

Et la situation n’est pas près de s’arranger avec ce vent insurrectionnel qui souffle sur les rives du Djoliba.

 

On pourrait dire, pour paraphraser Jacques Chirac, que leur maison commune brûle et ils sont en train de regarder ailleurs.

 

 

Alain Saint Robespierre

Dernière modification lejeudi, 16 juillet 2020 21:00

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