Faux enlèvement du chef de parquet près le TGI Ouaga I : « Le procureur est bel et bien là et s'attaque aux choses sérieuses »(Blaise Bazié)
- Écrit par Webmaster Obs
- Imprimer
Malgré le démenti apporté par le parquet près le TGI Ouaga I concernant une fausse information, relative à un vol de
numéraires et d’autres biens de plus de 300 millions au préjudice de l’ancien ministre des Infrastructures, Adama Luc
Sorgo, publiée sur Facebook, les auteurs de ces fakes continuent dans leur dynamique. Dans un autre message, ils
font état de l’arrestation du procureur du Faso près de cette juridiction. Un fait qui mérite d’être éclairci. C’est ainsi
que le 9 février 2026, au terme de l’audience de renvoi du dossier Yé Yaké Camille et 7 autres, le procureur, en
personne, a accordé une interview aux journalistes. « Le procureur est bel et bien là et s'attaque aux choses
sérieuses », a-t-il déclaré à la presse.
Une fausse publication diffusée sur le réseau social Facebook en date du 6 février faisait état de vol de numéraires et
d’autres biens de plus d’un montant de 378 millions au préjudice de l’ancien ministre des Infrastructures, Adama Luc
Sorgo, est attribué au parquet près le TGI Ouaga I.
Qu’est-ce qu’il en est ?
Avant d’y répondre, je tiens à vous remercier pour l'intérêt que vous portez aux activités de l'institution judiciaire,
particulièrement pour notre juridiction. Cela dit, effectivement, le parquet a été surpris, vous l'avez vu dans le communiqué que
nous avons envoyé rien qu'hier. Nous avons tenu à vous informer que le procureur du Faso et l'ensemble des acteurs judiciaires
ne font des communiqués qu'à travers le ministère, la page Facebook du ministère de la Justice. Si vous voyez des
communiqués et autres choses en dehors de cette page, sachez tout de suite que ce n'est pas vrai. Le procureur passera
toujours par ce même canal. Et cela a été dit dans mon communiqué en date du 8 février.
Si vous prenez le communiqué qu'on attribue au procureur du Faso, vous allez le mettre de façon juxtaposée à mon
communiqué relatif à l'ouverture de cette session judiciaire qui est en cours, vous allez voir que c'est exactement le même
numéro, mais c'est le contenu qui a été changé. L'un dans l'autre, dans mon communiqué, j'ai rappelé que les fausses
informations et les actes de diffamation sont passibles de poursuite. Et la plupart du temps, nous savons très bien que les
auteurs de ces publications erronées qui tentent donc de fois à jeter le discrédit sur tel ou tel acteur de la justice ou sur des
institutions de ce pays, sont hors de nos frontières. Mais, ceux qui paieront le prix sont nos compatriotes résidents sur notre
territoire, qui, malheureusement, vont partager ou faire des commentaires sur ces publications erronées. Quand bien même
qu’ils n’en sont pas les auteurs, ils sont tout aussi comptables de cela.
Aussitôt que vous avez apporté le démenti sur le faux communiqué, un autre message a été diffusé disant que vous
avez été arrêté et que vous seriez remis en liberté au moins 24 heures après. Qu’est-ce-que vous pouvez dire pour
rassurer l’opinion ?
Sur ce point, je dirais tout simplement que j'étais dans des lieux publics depuis le vendredi. Ce n’est pas le lieu de faire la
promotion de telle ou telle activité mais, peut-être ceux qui ont suivi le JT de la RTB, m'ont vu car j'étais à Azalaï hôtel lors de la
première diffusion de « Femmes au foyer ». Le samedi 7 février, j'étais très actif sur le terrain pour des raisons sociales. Il y avait
des messes de requiem par-ci, par-là et j'y étais. A ce niveau également, beaucoup de gens m'ont vu en public. Et hier (NDLR :
8 février 2026), j'étais avec ma promotion de l'université parce qu'on avait des retrouvailles. Donc, je ne sais pas à quel moment
j'ai pu être enlevé ou à quel moment on a pu me contraindre pour dire des choses alors que j'étais un peu partout. Par
conséquent, soyez sereins. Ce n’est pas la première fois qu’on parle de mon enlèvement sur les réseaux sociaux. Cela été dit
de par le passé et je pense que la population sait où se trouve la vérité. Et quand de telles choses sont faites de façon répétée,
l'objectif ne pourra plus être atteint parce que c'est nous détourner de notre objectif ; nous détourner de notre objectif en faisant
de fausses choses parce qu'on serait amené à faire une petite pause pour répondre. Même si ça n’en valait pas la peine de
répondre, nous tenons toujours à rassurer notre population, à rassurer les justiciables que le procureur est bel et bien là et qu'il
s'attaque aux choses sérieuses et il ne fait l'objet d'aucune pression d'éthique.
Quel message vous envoyez-vous aux auteurs de cette pratique ?
Je dirai que s’ils sont pris, ils seront poursuivis. Il reviendra au juge d'appliquer la sanction la plus sévère possible. Cela dit, c’est
aussi et surtout attirer l'attention de ceux qui, naïvement ou de façon consciente, procèdent à des partages sans en être les
auteurs. Et comme je l’ai dit plus haut, nous avons conscience que ceux qui fabriquent de telles choses, la plupart d’entre eux,
ne sont pas sur notre territoire et c'est pourquoi ils le font ; ils cherchent à saper les efforts qui sont faits ; ils cherchent à montrer
aux yeux du monde que les choses sont faites autrement alors que nous faisons les choses dans les règles de l'art : le
président du Faso, le camarade Ibrahim Traoré, fait des efforts dans la lutte contre la corruption et une telle publication, c'était
pour démontrer le contraire. L'un dans l'autre, soyons vigilants, ayez confiance à la justice, ayez confiance à vos institutions.
Propos recueillis par Roukiétou Soma
