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Coopération États -Unis – Arabie Saoudite: L’accord sur le nucléaire qui interroge sur la paix

 

Les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite ont paraphé des accords de coopération sur le développement du nucléaire dans le royaume saoudien  en début de semaine. Rien d’étonnant car, depuis près d’un demi siècle, alors que le régime des mollahs poussait racine en Iran, la monarchie saoudienne renforçait sa coopération militaire avec Washington.

 

 

 La chute de la dynastie pahlavi et de l’État impérial d’Iran sous les coups de boutoir de la Révolution islamique de l’Ayatollah Khomeini en 1979, la poussée hégémonique de l’ex Union soviétique en Afghanistan et le renforcement de sa coopération avec le régime baasiste d’Afez El Azad en Syrie donnaient à réfléchir à tous les monarques du Moyen-Orient sur la stabilité de leurs régimes.

 

Le partenariat privilégié entre les États-Unis et l’Arabie Saoudite qui s’est donc nourri de bouleversements politiques dans le golfe arabo-persique sur fond d’âpres rivalités Est/ Ouest pendant la guerre froide, trouve dans la nouvelle géopolitique en construction, une opportunité de consolidation. C’est connu, c’est pendant que l’Iran et sa révolution islamique croule sous les bombes américaines et que l’État d’Israël est résolument engagé dans une offensive militaire de roll back contre le Hamas dans la bande Gaza et le Hezbollah au Liban, sans oublier la guerre civile au Yémen avec ses implications régionales, que l’Arabie saoudite a paraphé ces accords de coopération sur le développement du nucléaire civil avec son grand partenaire américain.

 

Le hic qui interroge plus d’un observateur sur ces accords, c’est la politique du 2 poids 2 mesures du président Donald Trump, plus que jamais sans gêne, d’user du bâton contre les uns pendant qu’il tend la carotte aux autres sur le même sujet du nucléaire. En effet, au nom de quel principe l’Arabie saoudite peut développer le nucléaire civil et pas l’Iran ? Et comment savoir si du nucléaire civil, l’Arabie saoudite ne glisserait pas  vers son usage militaire ? Comment éviter cette dérive si, comme le prévoit les accords signés, le gendarme chargé de la police de la technologie nucléaire, l’AEA, n’est pas autorisée à inspecter les installations que viendrait à construire l’Arabie saoudite avec l’appui américain ?

 

En vérité, avec ces accords et cette clause spécifique sur l’AEA, gendarme non grata, l’administration Trump est on ne peut plus claire, les affaires, les intérêts d’abord, les principes du diplomatiquement correct et conforme au droit international, après.  La paix et la justice dussent-elles en souffrir. Ainsi se mettent sur orbite le ‘’Make America great again’’ (MAGA) ou le ‘’America first’’ de la galaxie des ultra libéraux du parti Républicain, version Oncle Donald. Honni qui mal pense que la raison du plus fort n’est pas toujours la meilleure ou que le général De Gaulle a tord d’avoir soutenu que les pays n’ont pas d’amis mais des intérêts!

 

De fait, dans ce nouveau partenariat entre les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite, ce sont les entreprises des 2 pays qui se frottent déjà les mains. Les américaines surtout, elles qui ont la technologie nucléaire à vendre. Les saoudiennes aussi, même si elles payeront rubis sur ongle le bouclier énergétique qui sera construit pour leur pays. La guerre contre l’Iran et la riposte des Gardiens de la révolution islamique ont montré que le parapluie anti missile n’était pas bien étanche et solide contre les drones furtifs de Téhéran, c’est d’un. De deux, si du nucléaire civil, le royaume saoudien parvenait à l’enrichissement critique de l’uranium, Israël, déjà puissance nucléaire militaire, serait moins va-t’en guerre contre ses voisins. 

 

Mais l’équilibre de la terreur peut-elle garantir la paix dans le monde durablement ? C’est là aussi une question qui interroge.

 

Zéphirin Kpoda

 

Dernière modification lemercredi, 29 juillet 2026 19:51

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