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Mort 13 soldats français : Quand un général se fâche

 

Retour de nouveau aux Invalides pour le Tout-Etat et l’armée française. C’est en effet cet après-midi qu’aura lieu dans la cour d’honneur de l’hôtel parisien qui accueillait à l’origine les blessés de guerre la cérémonie d’hommage aux 13 soldats décédés au Mali le 25 novembre dernier.

 

Les Invalides sont plus que jamais le symbole des larmes, de la sueur et du sang des militaires français tombés au champ d’honneur, particulièrement dans cette bande sahélo-saharienne où, de Serval à Barkhane, 44 d’entre eux ont payé de leur vie le dur combat pour la paix, la liberté et la stabilité.

 

Ces 13 héros français, qui sont aussi les nôtres, faut-il le rappeler, ont péri dans la collision de deux hélicoptères Cougar et Tigre qui appuyaient des unités au sol engagées contre des terroristes. 13 nouveaux morts, 13 autres de trop, dont le sacrifice suprême a entraîné aussitôt un vif débat sociétal et politique en Hexagone sur la présence des 4500 éléments de la force Barkhane déployés dans ces sables mouvants et impitoyables du « Sahélistan » ;  une polémique qui vient d’ailleurs comme en écho à ce « French bashing » qui monte de plus en plus dans bon nombre de capitales africaines, notamment du Sahel, où une certaine opinion et même des personnalités politiques ou artistiques de premier plan n’hésitent plus à demander purement et simplement le départ des forces tricolores. La France étant suspectée, au mieux de ne jouer que la carte de ses propres intérêts, au pire de pactiser avec ceux qu’elle prétend combattre.

 

Un procès en sorcellerie qui manifestement irrite le général François Lecointre, chef d’état-major général des armées françaises, qui dans une interview accordée à RFI s’est vraiment fâché. « Je ne supporte plus ces rumeurs… Les armées françaises sont au Mali pour rétablir la stabilité. Imaginez que nous sommes là pour des richesses est injurieux ». Pour qu’un officier, général de surcroît, formé à contenir ses émotions, soit sorti ainsi de sa légendaire réserve, il fallait qu’il en ait vraiment gros sur le cœur. 

 

Au demeurant, c’est presque une posture politique qu’a affichée le général 5 étoiles, qui estime sans doute que la France est injustement payée pour ses sacrifices consentis dans cette partie du monde, laquelle serait certainement  tombée sous la férule djihadiste si les « boys » de François Hollande n’avaient pas débarqué un certain janvier 2013.

 

Ce coup de gueule du militaire est  sans doute d’ailleurs symptomatique de l’état d’esprit général de la troupe et de la grogne qui commence peut-être à monter dans les rangs. Une grogne des bérets qui se grefferait sur les polémiques politiciennes et le désarroi des familles des disparus, des veuves et des orphelins qui commencent à se compter par dizaines.

 

Le moins que l’on puisse dire est que la colère de Lecointre est partagée, que ce soit à Abidjan, Ouaga ou Bamako où le président IBK, qui sera d’ailleurs aujourd’hui aux Invalides, a estimé qu’on ne doit pas mordre la main qui vous aide, pour ne pas dire qui vous défend. On ne le dira jamais assez, quand bien même si dans le principe les antifrançais ont raison dans la mesure où un Etat digne de ce nom ne devrait pas sous-traiter la défense de son territoire  et de ses populations, fût-ce à « un ami qui vous veut du bien », rien ne sert de faire preuve pour l’instant d’un nationalisme sourcilleux à deux balles quand on n’a pas les moyens de sa politique.

 

La Rédaction

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A l’évidence, José Maria Vaz n’aurait pas pu aller à l’école d’Omar Bongo Ondimba. Le défunt président du Gabon ne disait-il pas à ceux de ses homologues qui voulaient bien l’entendre qu’ici en Afrique «on n’organise pas des élections pour les perdre» ? On ne sait pas à qui il pensait en disant cela, mais ce qui est sûr, c’est que le président bissau-guinéen n’aurait certainement pas reçu ses félicitations, lui qui a réussi le tour de force de mordre la poussière dès le premier tour de la présidentielle du 24 novembre où il est arrivé quatrième sur douze candidats avec 12,41% des suffrages. Il faut dire qu’il était parvenu à se mettre presque tout le monde à dos, non seulement une bonne partie de ses compatriotes, mais aussi la CEDEAO et la communauté internationale quand il a limogé son Premier ministre Aristides Gomes, allant ainsi à l’encontre de l’accord politique qui avait été conclu sous l’égide de l’organisation régionale.

Finalement, ce  sont deux anciens Premiers ministres qui s’affronteront à la finale du 29 décembre prochain : selon les résultats provisoires rendus publics hier par la commission électorale, Domingos S. Pereira, candidat du PAIGC, a en effet obtenu 40,13% des voix contre 27,65% à Umaro Sissoco Embalo du MADEM, le premier parti d’opposition parlementaire né d’une dissidence du PAIGC.

DSP, comme on le surnomme, est donc en pole position à cette présidentielle, même s’il aurait tort de penser que l’affaire est dans le sac. C’est en effet une autre compétition qui commence avec, dans le rôle de faiseur de roi, Nuno Nabiam, candidat du PRS/APU, arrivé troisième avec 13,16% des suffrages exprimés, suffisamment pour faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Et depuis hier, il doit être l’homme politique le plus courtisé de Guinée-Bissau. Les résultats provisoires à peine sortis, les tractations ont en effet commencé pour un mercato électoral qui prendra un bon mois. Difficile alors de dire qui aura la faveur finale des électeurs, lesquels, au premier tour, n’ont pas marchandé leur mobilisation (73% de participation). Un taux à la hauteur des espérances des Bissau-Guinéens, qui veulent en finir avec l’instabilité chronique de leur pays balloté depuis des décennies entre coups d’Etat ou tentatives plus ou moins avérées, mutineries, assassinats politiques sur fond de narcotrafic.

Il faut souhaiter que dans ce pays où la Grande Muette a toujours dicté le tempo, les différends, s’il y en a, soient résolus dans le cadre de la loi pour qu’enfin après le 29 décembre, et pour la première fois dans l’histoire de la Guinée- Bissau indépendante, un président démocratiquement élu puisse passer le témoin à son successeur dans la plus pure tradition républicaine.

 

H. Marie Ouédraogo

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