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Evacuation d’Amadou Gon Coulibaly: Un « Lion » au cœur fragile

Il était arrivé à Paris dimanche dernier pour ce qui était censé être un simple contrôle de routine ne devant lui prendre que quelques jours tout au plus. Finalement, Amadou Gon Coulibaly va devoir passer plusieurs semaines en France.

Le Premier ministre ivoirien avait, rappelons-le, subi il y a 8 ans une intervention lourde au cœur, et devait honorer à l’hôpital de la Pitié Salpetrière un rendez-vous médical courant avril, qui avait finalement été repoussé pour cause de pandémie à coronavirus.

Il ne fallait pas plus que le prolongement de son séjour parisien  pour qu’Abidjan et toute le Côte d’Ivoire bruissent d’informations invérifiables et de  rumeurs des plus folles.

La présidence ivoirienne a eu beau indiquer dans un communiqué  que son médecin traitant lui a prescrit un suivi médical et une période de repos qui justifieraient cette absence prolongée, rien n’y fait.

Pour beaucoup en effet, l’état de santé de l’illustre patient doit être suffisamment préoccupant. Il est vrai que la désignation du ministre de la Défense, Hamed Bakayoko, comme Premier ministre intérimaire n’est pas faite  pour rassurer, dans la mesure où c’est bien la première fois, sauf erreur ou omission, qu’une telle situation arrive au pays d’Houphouët Boigny.

De là à penser qu’il n’est pas près de reprendre ses fonctions… il y a certainement un pas qu’il faut se garder de franchir, car le candidat désigné par le Rassemblement des Houphouétistes   pour la démocratie et la paix (RHDP) à la présidentielle d’octobre prochain peut tout aussi bien avoir voulu  recharger  ses accus à temps pour affronter cette échéance ô combien  éreintante.

Il faut donc se garder de vendre la peau du « Lion de Korogho » avant de l’avoir terrassé.

En attendant, c’est Hambak qui prend encore un peu de galon, ne fût-ce que momentanément. Une promo qui lui vaut pourtant de méchantes critiques de ses contempteurs, lesquels persifflent à qui mieux mieux sur son niveau d’études, car il n’aurait pas le pedigree qui est habituellement celui des personnalités qui occupent cette fonction. Comme si l’on avait besoin d’avoir de « gros papiers » pour réussir à un poste qui reste éminemment politique.

 

H. Marie Ouédraogo

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Déconfinement : Le pari risqué des Africains

Petit à petit, les nombreuses mesures prises en Afrique pour endiguer la propagation du Covid-19 sont en train d’être levées dans certains pays. C’est le cas notamment au Nigeria où le déconfinement progressif et partiel est en cours à Lagos et à Abuja après un mois de confinement quasi hermétique qui a souvent entraîné des manifestations violentes de la population.

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Lutte contre le coronavirus au Burkina : Un suicidaire désarmement sanitaire

Puisque nous sommes en guerre, nous dit-on, contre un ennemi invisible à l’œil nu, c’est à un véritable désarmement sanitaire que nous assistons depuis la semaine dernière. Un véritable détricotage de la batterie de mesures prises dès l’officialisation, le 9 mars 2020, des premiers cas de coronavirus au Burkina.

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Manifestation pour la réouverture des marchés : La tension monte dans la Cocotte-Minute

Ce que beaucoup de gens craignaient commence à se préciser. Jusque-là c’étaient des intimidations, voire des menaces à peines voilées, et bien d’autres signes de nervosité qui étaient palpables. Hier la pression est montée de quelques degrés dans la Cocotte-Minute qui mijotait dans un feu doux depuis quelque temps.

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Arrêt Cour africaine des droits de l’homme: Maigre consolation pour Guillaume Soro

C’est une petite victoire politique et judiciaire que vient de remporter Guillaume Soro. Hier, la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples a ordonné la suspension du mandat d’arrêt émis par la justice ivoirienne contre l’ancien président de l’Assemblée nationale, ainsi que la libération des députés proches de lui, qui seraient détenus arbitrairement.

Pour mémoire, ledit mandat avait été émis le 23 décembre 2019 par le procureur de la république, Richard Adou, pour tentative d’atteinte à l’autorité de l’Etat et à l’intégrité du territoire national. GKS est également visé par une information judiciaire pour détournement de deniers publics, recel et blanchiment de capitaux portant sur la somme de 1,5 milliard de francs CFA. Des charges lourdes que l’intéressé et ses partisans, mais aussi de nombreux observateurs de la scène politique ivoirienne, ont tout de suite perçu comme un règlement de compte politique. Il faut dire que ce mandat d’arrêt intervenait après que l’ancien chef rebelle en rupture de ban avec son ex-mentor, Alassane Ouattara, eut déclaré sa candidature à la prochaine présidentielle ivoirienne contre l’avis du locataire du palais de Cocody qui a, du reste, fini par imposer son Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly.

Après de longs mois d’absence, GKS avait d’ailleurs tenté le 23 décembre 2019 de rentrer au bercail mais son jet privé avait été empêché d’atterrir à Abidjan. Depuis, il erre comme une âme en peine pendant que ses fidèles, notamment les députés de son parti, sont eux aussi traqués.

Ses avocats avaient fini par saisir des juridictions internationales comme le Groupe de travail sur la détention arbitraire de Genève, le Comité des droits de l’homme de l’Union interparlementaire et la CADHP, qui vient d’estimer que toutes les procédures engagées n’étaient pas conformes au droit. Une décision rendue en l’absence de son président, l’Ivoirien Sylvain Oré qui, en vertu des textes de l’institution basée à Arusha, ne pouvait siéger dans la mesure où son pays était concerné par ce dossier.

Voilà donc de quoi regonfler le moral du fugitif, même si l’on a bien peur que ce ne soit qu’une maigre consolation, un simple coup d’épée dans la lagune Ebrié d’autant plus que son sort aussi bien politique que judiciaire, qui a été visiblement scellé à Abidjan, ne change pas vraiment. On ne le sait que trop, les Etats africains ne se sentent pas liés par les décisions de ces instances, qu’il s’agisse de la CADHP ou de la Cour de justice de la CEDEAO, puisqu’elles n’ont pas de force contraignante. Les Etats ne se sentent donc pas tenus de s’exécuter comme on a pu le constater au Burkina et au Sénégal dans les affaires Norbert Zongo et Karim Wade.

Il faudra donc bien plus qu’un arrêt de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples pour sauver le rebelle Soro.

H. Marie Ouédraogo

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Suspension de l’aide américaine à l’OMS: Calamity-Trump a encore frappé

Ce n’était vraiment pas le moment. Il y a une semaine, le président Donald Trump avait menacé de couper les vivres à l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Il semblait s’être ravisé entre-temps, mais il a fini par franchir, pour ainsi, dire le Potomac en mettant sa menace à exécution.

Le locataire de la Maison-Blanche a en effet décidé de suspendre l’apport américain à l’OMS, qu’il critique pour sa mauvaise gestion de la pandémie de coronavirus. Il l’accuse de dissimulation de données et juge ses prises de position favorables à la Chine. Un procès instruit donc à charge et dont le coupable tout désigné aurait eu, de toute façon, très peu de chances de s’en sortir. Avec cette mesure scélérate, ce sont 400 millions de dollars par an qui vont manquer dans les caisses de l’OMS au moment où elle en a le plus besoin. Comme il fallait s’y attendre, c’est un concert de désapprobation et d’indignation qui a accueilli cet oukase « égoïste » pour Moscou et « profondément regrettable », selon l’Union africaine. Ce n’est vraiment pas le moment, alors que le Covid-19 a infecté à ce jour quelque  2 millions de personnes à travers le monde, dont 600 000 aux Etats-Unis, et fait 126 000 morts, dont 25 000 aux Etats-Unis.

En réalité, l’organisation que préside Tedros Adhanom Ghebreyesus est le bouc émissaire idéal pour expier les péchés de tous. En février dernier, le chef de l’exécutif américain ne disait-il pas lui-même que le risque de contamination aux Etats-Unis était « très faible » et qu’il n’y avait « pas de raisons de paniquer » ? Et quand bien même l’OMS, à l’image de beaucoup de spécialistes, aurait pataugé au tout début de la crise sanitaire pour la simple et bonne raison que ce virus- là était encore inconnu,  bien des gouvernants ont eux aussi largement sous-estimé le danger que pouvait représenter ce virus à couronne. En l’espèce, si l’OMS peut être suspectée de dissimulation de données, celui qui tweet plus vite que son ombre peut, quant à lui, être accusé d’avoir colporté des fake news.

Il faut dire que le milliardaire de la Maison-Blanche n’a jamais caché son mépris des organisations internationales, notamment onusiennes. Et c’est un joli prétexte qu’il vient de trouver pour tourner le dos à l’une d’entre elles. On se rappelle qu’à peine installé, il avait prévu de réduire de 40% l’apport américain à l’ONU, une organisation qui selon lui « brasse du vent ».

Fort heureusement, tous les dirigeants du monde, qui n’a jamais été autant ce village planétaire que professait Marshall Mc Luhan, ne font pas dans l’unilatéralisme et l’isolationnisme, devenus décidément l’apanage de l’Oncle Sam. En effet, alors que Donald Trump se désolidarise du reste de l’humanité, le G20 et le Club de Paris se sont dit favorables à la suspension pendant un an du service de la dette de 76 pays les plus vulnérables, dont une quarantaine en Afrique subsaharienne. Bien sûr, ce n’est qu’un moratoire en lieu et place de l’annulation espérée par Emmanuel Macron, le pape et nombre de chefs d’Etat du continent. Mais vu la situation socio-économique exsangue dans laquelle  les pays bénéficiaires sont plongés du fait du Covid-19, c’est une bouffée d’oxygène qui tombe à pic.

 

 H. Marie Ouédraogo

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Lutte contre Boko Haram : Super Déby et les poltrons du Lac Tchad

Suite au massacre de 98 militaires tchadiens perpétré par Boko Haram, le président Idriss Déby, avait, en guise de représailles, conduit à partir du 23 mars dernier une opération dénommée «La colère de Boma », du nom de la province du Lac Tchad attaquée par la secte. En bon militaire, il a donc revêtu sa tenue de général pour croquer du djihadiste.

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