Menu
Regard sur l'actualité

Regard sur l'actualité (197)

Procès en appel à la CPI : La note sera-t-elle plus salée pour Bemba ?

Retour à la barre pour Jean Pierre Bemba : son procès en appel s’est ouvert hier mardi 9 janvier 2018 devant la chambre d’Appel de la CPI (Cour pénale internationale) aux Pays-Bas. Une audience qui a juste permis aux différentes parties d’exposer les motifs qui les ont conduites à attaquer le verdict de la première instance, qui n’a en réalité satisfait personne. Pour mémoire, l’ancien vice-président de la République démocratique du Congo avait été condamné, c’était en juin 2016, à 18 ans de prison pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre. Les faits qui lui sont reprochés ont eu lieu entre octobre 2002 et mars 2003 quand ce seigneur de guerre s’est piqué de voler au secours de son ami centrafricain Ange Félix Patassé, en proie à une rébellion et contre Bozizé, lui envoyant un corps expéditionnaire de 1500 hommes, lesquels seront par la suite accusés d’avoir tué, violé et pillé.

En savoir plus...

A mister Trump : Bons baisers d’un pays de merde

Comment dit-on  « pays de merde » en américain ?  « Stinking countries », « godforsaken countries », « world dump » ou « shitole countries » qui aurait eu la préférence de Donald Trump  pour parler des Etats africains lors d’une réunion jeudi dernier à la Maison-Blanche ? Quelle que soit l’expression choisie et qu’elle puisse signifier « trou à rats » ou « porcherie », elle était suffisamment offensante pour  susciter dans lesdits pays de  merde un mélange d’indignation  et de colère qui n’est pas près de s’estomper.

Les chefs d’Etat qui condamnent ; des pays qui convoquent l’ambassadeur américain comme ce fut le cas au Sénégal de Tulinabo Mushingi ; l’Union africaine qui publie un communiqué très ferme ; les ambassadeurs africains à l’ONU qui exigent une rétractation de l’auteur de ce vocable fleuri… le concert de désapprobation qui a accueilli cette sortie de piste ne cesse, depuis, d’aller crescendo.

Quelle « dung fly », entendez mouche …à merde,  a donc encore  bien pu piquer cette anomalie statistique qui a emménagé contre toute attente dans le bureau  ovale  qu’il a mis sens dessus dessous à coups de tweets ravageurs, de déclarations intempestives, d’actions  et de propos  inconsidérés qui laissent souvent ses propres collaborateurs totalement abasourdis?

« Le langage que j’ai utilisé lors de la réunion était dur mais ce ne sont pas ces mots-là », s’est défendu maladroitement celui qui tweete plus vite que son ombre sans pour autant dire quels étaient les termes exacts sortis de sa putain de bouche. Que l’Afrique, dont il sait à peine sur quelle planète elle se trouve, ne soit pas la priorité de ce maudit pitre imbu de sa personnalité, on veut bien mais avait-il besoin d’être aussi méprisant vis-à-vis de ce berceau de l’humanité et de 1,3 milliard (17% de la population mondiale) d’hommes et de femmes qui ont juste le malheur de ne pas être milliardaires ?

A-t-on besoin de lui rappeler que ce sont des millions et des millions d’enfants de cette Afrique, arrachés à la terre de leurs ancêtres par ce crime contre l’humanité qu’est  l’esclavage, qui ont en grande partie fait de son « America first » cette puissance économique qu’elle est de nos jours ? A-t-on besoin de lui apprendre que des descendants d’esclaves ont contribué à l’érection de cette fameuse Maison-Blanche, qu’il souille chaque jour que Dieu fait de ses extravagances ? A-t-on besoin de rappeler à ce monsieur qui dit tout ce qui lui passe par la tête que, pas plus tard qu’en septembre 2017 en marge de l’Assemble générale des Nations unies, il louait devant une brochette de présidents africains « le potentiel commercial exceptionnel » de ces pays de merde où l’Oncle Donald vient, comme tant d’autres puissances, se procurer pétrole, mines et de nombreuses autres matières premières indispensables à ses majors ?

Ici ou ailleurs, on a connu de premiers magistrats qui n’ont pas toujours été à la hauteur de la charge suprême qui leur avait échu. La France a ainsi eu ses rois ou présidents chauds lapins, à l’image de Félix Faure, expédié sans escale du septième ciel au ciel tout court le 16 février 1899, frappé par un orgasme mortel au cours d’ébats élyséens avec sa maîtresse Marguerite Steinheil, ce qui valut à la pauvresse le surnom  de « pompes funèbres » ;  somnabulesques tel Paul Deschanel, atteint du syndrome d’Elpenor et qui se prenait tantôt pour Napoléon, tantôt pour la Vierge Marie. L’Afrique a connu les heures sombres de despotes sanguinaires, fantasques ou ubuesques du genre Idi Amin Dada, Bokassa, Menguistu Hailé Mariam, Macias Nguéma, Haïti a eu ses papa et baby Doc, les Philippines les Marcos  mais rarement personnalité aura déshonoré   autant la fonction présidentielle comme c’est le cas de ce dirigeant pour le choix duquel les Américains se seront lourdement … « trumpés ». Qu’on ne nous dise pas qu’il a été élu démocratiquement car après tout, Hitler aussi l’avait été.

Et dire qu’il faudra encore se le taper trois ans, trois longues années pendant lesquelles il va commettre trop de dégâts. Avec de tels propos dévalorisants et bêtement méchants, qui illustrent à souhait la haute estime dans laquelle il  tient ses « homologues » africains qu’il reçoit, l’on est en droit de se demander ce que vont devenir l’AGOA, le MCC, l’initiative Power Africa, le PEPFAR (plan d’urgence pour la lutte contre le SIDA) et tant d’autres projets et programmes mis en œuvre par ses prédécesseurs au bénéfice de ces pays de merde.

Jusque-là on connaissait les génocides physiques, c’est-à-dire l’extermination de populations du fait de leur race, de leur ethnie, de leur croyance, de leur couleur de peau mais avec ces outrances verbales et ses « trumperies » à n’en pas finir, il faudrait que la Cour pénale internationale songe à inventer le crime de génocide moral qui est certes plus insidieux  mais tout aussi dévastateur sinon plus, les insultes (cafards, rats, merde, etc.) et  discours désobligeants préparant bien souvent le terrain aux actes violents. En attendant, mister Trump, bons baisers d’un pays de merde.

 

La Rédaction

  

En savoir plus...

Attaques en RD Congo : Tirs de rappel pour Kabila

Il y a à peine un mois, le M23, contraint et forcé après quelques tentatives de manoeuvres dilatoires, avait dû se rendre à l'évidence: la guerre était perdue. C'est ainsi que le 5 novembre 2013, ils ont dû signer leur capitulation comme s'ils allaient à Canossa. Il n'en fallait pas plus pour Joseph, ragaillardi par cette victoire politique, diplomatique et surtout militaire, pour se taper une cure de jouvence en faisant une tournée dans la partie orientale du pays. "Attention à l'ivresse de l'Est", avions-nous prévenu dans un Regard sur l'actualité.

En savoir plus...

Arbitrage Burkina ≠ Ghana : Il y a quand même une justice immanente !

Il est des moments où on se convainc que quelque part, il y a une justice immanente. Comme ce mercredi 6 février 2013 à Mbombela Stadium en Afrique du Sud. En montant sur le terrain ce jour-là, l’arbitre tunisien Slim Jedidi semblait avoir juré la perte du Burkina. En  effet, pour cette deuxième demi-finale de la 29e Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football, le douzième joueur ghanéen n’était pas dans les gradins mais sur la pelouse.

En savoir plus...

Appel à l’arrestation de Béchir : Le baroud d’honneur d’Ocampo

En 2009, la Cour pénale internationale (CPI) a émis un mandat d’arrêt contre Omar el-Béchir, le président du Soudan, pour génocide au Darfour. Trois ans après, ce mandat d’arrêt est toujours en l’état. Béchir est aux abonnés absents au centre de détention de cette juridiction internationale aux Pays-Bas. Et pour l’heure, tout indique que ce n’est pas demain que l’homme fort de Khartoum ira croupir à la Hayes dans l’attente de son jugement.

En savoir plus...

Ennuis judiciaires éventuels de Sarkozy : Etre nègre a parfois des avantages

Nicolas Sarkozy a présidé son tout dernier Conseil des ministres hier mercredi 9 mai 2012 ; une rencontre particulière. A la sortie du Conseil, les ministres ont traduit leur émotion et leur fierté d’avoir servi la France à ce niveau-là et aux côtés du président Sarkozy. Le Premier ministre, François Fillon, devrait rendre sa démission et celle de son gouvernement ce jeudi même. Quant à Nicolas Sarkozy, c’est le mardi 15 mai 2012 qu’il passera le témoin à son successeur, François Hollande.

En savoir plus...

Famille houphouëtiste : Scène de ménage à Abidjan

On le sait, le président ivoirien, Alassane Dramane Ouattara doit son pouvoir à son aîné Henri Konan Bédié, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). En effet, conformément à l’Alliance du Rassemblement des Houphouëtistes (RHDP), le sphinx de Daoukro a appelé à voter pour son jeune frère pour mettre fin au pouvoir des refondateurs avec à leur tête Laurent Gbagbo. Bien d’observateurs politiques avaient en son temps douté de la sincérité de l’homme et du report des voix du peuple baoulé en faveur du candidat du Rassemblement des républicains. Mais la suite des événements leur donnera tort. Bédié a tenu ses engagements au point d’accepter avec son staff de manger de la vache enragée à l’hôtel du Golf, où il est resté en compagnie de son frère jusqu’au dénouement de la crise postélectorale, qui a fait plus de 3 000 morts.

En savoir plus...
S'abonner à ce flux RSS