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Maladies mentales dans la région du Nord : Le sacerdoce fou de «vagabonds de la charité»

Traînant dans les villes et villages ou entravés dans des taudis et bosquets loin de toute vie, les personnes atteintes de maladie psychosociale essaiment dans la région du Nord. Comme partout ailleurs, elles sont en proie à toutes sortes de discriminations et de maltraitances. Une condition misérable qui a poussé des natifs de cette partie du Burkina à se lancer depuis 2010 dans une croisade pour redonner de la dignité et des chances de réintégration à ceux qu’on traite sans égard. Nous les avons suivis durant deux jours. Toute une aventure !

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Des chefs d’Etat à l’investiture de Macky Sall : Des soutiens politiquement incorrects

10 000 militants et sympathisants, 4 chefs d’Etat, un décor de luxe, le palais des Congrès de Dakar a refusé du monde samedi dernier lors de l’investiture de Macky Sall, candidat de la coalition Benno Bokk Yakaar à l’élection présidentielle du 24 février prochain.

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Second tour présidentielle malgache: Le duel des ex

C’est désormais officiel. Les résultats du premier tour de l’élection présidentielle malgache portent  depuis hier le sceau définitif de la Haute Cour constitutionnelle. Et la juridiction suprême a confirmé à la virgule près les chiffres provisoires proclamés le 17 novembre dernier par la commission électorale indépendante (Ceni). Le second tour opposera donc Andry Rajoelina (39,2% des voix) et Marc Ravalomanana (35,3% des suffrages exprimés).

Ces résultats définitifs ont quelque part valeur de réhabilitation pour la Ceni, attaquée de toutes parts après la proclamation provisoire et cible de manifestations quotidiennes. Plusieurs requêtes avaient d’ailleurs été déposées auprès de la Haute Cour pour contester les résultats, notamment par le président sortant, Ery Rajaonarimampianina, et un collectif de candidats qui demandaient l’annulation pure et simple du premier tour en raison de nombreuses irrégularités et fraudes qui l’auraient émaillé. Même TGV qui, si l’on peut dire, était arrivé naturellement en tête, avait lui aussi contesté les données provisoires, estimant qu’on lui avait volé plusieurs milliers de voix, avant de se raviser « par souci d’apaisement ». Drôle de scrutin où même le favori des urnes se plaint !

Avec ce verdict sans appel des grands juges qui ont, soit dit en passant, rejeté toutes les requêtes déposées, il faut espérer que les différents candidats et leurs troupes s’inclineront devant l’autorité de la chose jugée et que le second tour, prévu pour le 19 décembre prochain, se déroulera sans encombre. A charge pour la Ceni qui a tout de même eu l’humilité de faire sa propre critique, de corriger les failles et insuffisances constatées lors du premier tour : retard dans l’acheminement du matériel électoral, démission de certains membres de bureau de vote la veille du scrutin,  confusion entre bulletins blanc et nul lors du dépouillement… Ce sont là, en effet, quelques problèmes que les organisateurs ont eux-mêmes reconnus, même si, pour reprendre l’expression consacrée, «elles n’étaient pas susceptibles d’entacher la sincérité du scrutin».

Place donc à une finale aux allures de revanche entre les deux ex et ennemis jurés dont la rivalité avait mené la Grande Ile à la dérive, la laissant glisser dans les affres d’une crise politico-institutionnelle dont elle n’est  pas encore sortie. Pourvu seulement que cette haine recuite et les désirs de revanche plus ou moins légitimes ne polluent pas davantage le climat déjà bien délétère et que les deux hommes aient suffisamment mûri pour mettre l’intérêt supérieur de la nation malgache au-dessus de toute autre considération, notamment de leurs ambitions personnelles ; car si le feu qui couve sous la cendre devait se raviver, ce serait cette fois-ci pour que s’ouvrent les portes de l’enfer pour ce pays pourtant paradisiaque.

 

H. Marie Ouédraogo

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Ministère de la Défense : « Le terrorisme monte, le budget baisse »

Au cours d’un panel sur le terrorisme, organisé le 23 novembre 2018  par l’institut Free Afrik à Ouagadougou,  le Dr Ra-Sablga Seydou Ouédraogo, a pointé du doigt les incohérences du budget alloué à la Défense dont la part par rapport à la dépense publique est en baisse depuis 2015  alors que la menace sécuritaire est au plus haut.

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L’après-Mugabe: Le désenchantement

Après avoir fait de la résistance, papy avait fini par lâcher prise le 21 novembre 2017 suite au coup de Grace que lui avait assené son parti, la ZANU-PF, avec l’aide de l’armée. La goutte d’eau qui avait fait déborder le vase zimbabwéen avait en effet été le limogeage par Robert Mugabe, sur instigation de son épouse, Grace, du vice-président Emmerson Mnangagwa. Celui-là même qui, par la volonté de la Grande Muette, sera quelque temps après, fait calife à la place du calife. A l’issue d’un scénario inédit de ces putschistes qui ne voulaient pas s’avouer tels, le vieux combattant poussé vers la sortie, le nouvel homme fort se contentera de passer une fine couche de vernis démocratique sur les vestiges de la dictature. Il sera élu en juillet, à l’issue d’une présidentielle dont l’issue était connue d’avance.

Un an après, les fruits du changement n’ont pas tenu la promesse des fleurs. Comment pouvait-il en être autrement quand on sait qu’il s’agissait là des pousses du même arbre, celui du système Mugabe ? Le Crocodile, comme on l’avait surnommé, qui venait de remplacer le vieux dinosaure du marigot politique zimbabwéen, n’avait-il pas été, entre autres, ministre de la Sécurité d’Etat, de la Justice, des Finances, président du Parlement ? Autant dire qu’avec de tels états de service il était tout aussi comptable du désastre politique et économique où le mugabisme avait conduit l’ancienne Rhodésie du Sud. Et 12 mois après, les habits neufs que les apparatchiks ont tenté de confectionner avec du vieux linge mettent à nu les laideurs du nouveau régime. Question d’ADN politique. Rien n’a changé au Zimbabwe et ça va de mal en pis.

La relance de l’économie et la lutte contre la corruption tardent à se concrétiser. L’inflation a de nouveau pris l’ascenseur tandis que les pénuries font leur retour, engendrant des queues interminables devant des magasins vides. A cela s’ajoute le manque chronique de liquidité qui oblige les ménages à importer aussi bien des denrées de première nécessité que de l’argent frais.

Seule faible lueur dans ce sombre tableau, la liberté d’expression qui fait son retour, même si elle n’est que toute relative, puisque opposants et syndicalistes continuent de subir les foudres d’un régime autoritaire par essence.

Face à un tel constat, on en connaît un qui du fond de sa retraite dorée doit boire du petit-lait. C’était bien la peine de défenestrer Comrad Bob juste pour rejouer le même scénario avec un casting pas si différent. Et à ce rythme, on ne serait pas étonné que certains finissent par regretter celui qui dans une autre vie était le père de l’indépendance du Zimbabwe.

 

H. Marie Ouédraogo

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Divisions opposition congolaise: Lamuka, l’accord qui réveille les vieux démons

On savait déjà que les promesses des politiciens n’engagent que ceux qui y croient. Mais là, les opposants congolais ont fait vraiment fort et vite : à peine 24 heures après la désignation à Genève de Martin Fayulu comme candidat unique de l’opposition à la présidentielle de décembre prochain, Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe ont, comme on le sait, déchiré l’accord qui les liait. « lamuka », tel était le nom de baptême de cet arrangement politique qui, en lingala, signifie « réveille-toi ». Une exhortation aux électeurs à se mettre debout et à prendre leur destin en main pour changer le cours des choses en RDC. De réveil en effet, il y en a eu. Mais c’est plutôt celui des vieux démons de la désunion de l’opposition et des rivalités intestines.

La faute à deux personnalités à l’ego surdimensionné et aux ambitions démesurées. Deux leaders qui ont tourné casaque au prétexte que leurs bases respectives ne sont pas d’accord avec le deal des chefs. Tout porte à croire qu’ils n’ont fait qu’instrumentaliser leurs militants. Ils savaient sans doute, au moment où ils paraphaient le document, qu’ils ne tiendraient pas parole. Et rien ! Pas même la lettre d’engagement individuel ne sera parvenue à dissuader les traîtres à la cause de l’opposition.

« Je, soussigné…, m’engage sur l’honneur à respecter scrupuleusement toutes les dispositions de l’accord de lamuka, y compris son préambule ainsi que tous les textes y afférents. Je m’engage en outre à ne pas trahir le peuple congolais en violant les dispositions précitées. Si je ne respecte pas mes engagements, je mettrai fin à ma carrière politique et je serai soumis à l’opprobre de la nation et à la sanction de mes pairs. Enfin, je prends la ferme résolution de rester fidèle au présent acte et à l’accord de lamuka. »

Tant de barrières contre les velléités de parjure érigées par les négociateurs, en vain. Au moins on sait que la parole de certains ne vaut pas un clou. Et si, alors qu’ils ne sont pas encore au pouvoir, ces acteurs politiques nient l’après-midi ce qu’ils ont affirmé avec véhémence le matin, quel crédit pourra-t-on apporter à leurs propos une fois qu’ils seront aux affaires ?

On espère au moins qu’ils auront la décence, à défaut d’arrêter prématurément leur carrière politique comme le préconise leur engagement individuel, de ne pas se présenter contre l’éphémère candidat unique de l’opposition. En tout état de cause, les électeurs congolais, au vu de ce spectacle désolant, sauront faire la part des choses le moment venu, en préférant le diable qu’ils connaissent déjà à ceux qui sortent de la bouteille et montrent déjà de quoi ils sont capables.

 

H. Marie Ouédraogo

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Procès Diane Rwigara à Kigali: Un réquisitoire qui en dit long sur un acharnement politique

 

Quinze ans pour «incitation à l'insurrection» et sept ans pour «contrefaçon de documents» ;

 

soit une peine cumulée de vingt-deux ans  requise hier mercredi 7 novembre 2018 par le procureur contre Diane Shima Rwigara. Quand on sait que c’est le maximum prévu par la loi, on mesure aisément  la détermination du ministère public à en découdre avec cette opposante à Paul Kagame.

 

Idem à l’égard de sa mère qui encourt la même peine pour « incitation à l’insurrection » et « incitation à des divisions ».

 

Ce n’est là, bien sûr, qu’un réquisitoire et non un verdict.

 

Si l’on était ici dans un véritable Etat de droit, on pouvait se remettre à l’ultime conviction du président du tribunal pour  le prononcé de la sentence, attendue le 6 décembre prochain.

 

Mais le procès de cette militante féministe, dont la candidature à la présidentielle d’août 2017 a été invalidée par la Commission électorale nationale, ainsi que celui de sa mère se déroulent au Rwanda. Et dans le pays de Paul Kagame, allez-y faire la différence entre un réquisitoire et un verdict. L’un ayant valeur de l’autre. Alea jacta est.

 

A moins que l’homme fort de Kigali, dispensateur de grâces et de disgrâces, pour ne pas dire détenteur du droit de vie ou de mort, dans un hypothétique sursaut de magnanimité,  ne lève le pouce, comme le faisaient, rarement,  les empereurs romains pour épargner la vie d’un gladiateur vaincu.

 

Mais rien n’indique que « Big Paul » est prêt à faire preuve de mansuétude envers  « l’insolente  Diane » qui a le toupet de vouloir candidater à la présidentielle. Elle qui déjà ne ménageait aucun mot pour dénoncer le régime policier rwandais.

 

On se souvient que soixante-douze heures après l’annonce de sa candidature, une photo dénudée de la jeune femme était divulguée sur la place publique.

 

Après ce sordide stratagème dont les barbouzes de Kigali ont le secret, ce fut au tour des juges d’entrer en action contre la fille de celui qui fut un temps donné le bras financier du Front patriotique rwandais (FPR), l’ex-rébellion, aujourd’hui parti au pouvoir.

 

En effet, sur les 600 signatures contenues dans le dossier de la candidate, la Commission électorale a estimé que certaines n’étaient pas authentiques. D’où le chef d’inculpation de « falsification de documents ».

 

Arrêtée par la police pour « atteinte à la sûreté de l’Etat », elle sera inculpée début octobre 2017 ainsi que sa mère pour « incitation à l’insurrection ».

 

Sa libération provisoire le 5 octobre dernier, après près d’un an de prison, s’avérera n’être qu’une simple opération de charme diplomatique à l’égard d’une communauté internationale déjà très accommodante avec la « Corée du Nord de l’Afrique orientale ».

 

C’est que cet élargissement sous caution est intervenu à quelques jours de la tenue du 17e Sommet de la Francophonie à Erevan qui a consacré la nomination du ministre rwandais des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, au poste de secrétaire générale de l’organisation après une vaste campagne de lobbying menée par Paul Kagame et Emmanuel Macron.

 

La libération, quelques semaines plus tôt,  de l’opposante Victoire Ingabire et du chanteur Kizito Mihigo procédait elle aussi de la même opération de charme diplomatique.

 

Tous ceux qui avaient accueilli ces deux événements comme autant de signes de décrispation politique en sont aujourd’hui pour leurs illusions.

 

Alain Saint Robespierre

 

  

 

 

 

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