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Rapport onusien sur le Mali: Maire le jour, terroriste la nuit

On comprend mieux maintenant pourquoi l’Accord intermalien signé en grande pompe le 20 juin 2015 sous l’égide de l’Algérie et censé mettre un terme à la grave crise qui secoue le pays depuis 2012 n’a jamais pu vraiment être appliqué.  Passe encore que ceux qui n’y ont pas été parties prenantes, qui ne l’ont donc pas paraphé, ne se sentent pas concernés par les belles résolutions sur papier prises au son de l’hymne national.  Mais quand ce sont les signataires eux-mêmes qui s’acharnent depuis trois bonnes années à déchirer l’arrangement politique péniblement conclu, comment peut-il produire les résultats escomptés ?

 

C’est hélas ce que vient de révéler un  rapport on ne peut plus accablant de l’Organisation des Nations unies : dans le document, de 71 pages  , daté du 8 août et  publié ce mercredi 29 août 2018, il est écrit en effet noir sur blanc que des membres de groupes armés ayant signé l’accord  pour la paix et la réconciliation sont impliqués jusqu’au cou dans les attaques terroristes qui ont ciblé les Forces de défense et de sécurité maliennes : ainsi de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), du Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), de la CPA  ou encore du Groupe d’auto-défense imghad et alliés (GATIA) du sulfureux général Gamou. 

 Le drame est que certains de ces groupuscules sont même réputés progouvernementaux et leurs combattants  , qui portent manifestement plusieurs casquettes,  réputés être les supplétifs des FAMA .  Si ce qu’affirment « plusieurs sources indépendantes » est vrai  , il ressort du pavé onusien dans la mare malienne déjà bien glauque  que le maire de Talataye vers Gao, un certain Salah Ag Ahmed , présenté comme un grand dignitaire du HCUA serait en même temps  « un officier de liaison avec Ansar Dine et le groupe Etat islamique dans le grand Sahara » ; Alkassoum Ag Abdoulaye, chef d’état-major de la CPA, pourtant  encartée dans les mouvements dits « coopératifs » , aurait, lui, participé à la double attaque du camp militaire de Sompi (Tombouctou) les 24 octobre 2017 et 27 janvier 2018 au cours desquelles 19 soldats ont été tués.   De nombreuses tueries  dans ce grand nord malien portent la signature de ces  organisations criminelles.

Car il s’agit bien de vulgaires criminels qui se réfugient derrière le fallacieux prétexte religieux, des bandits de tout acabit dont le fonds de commerce est alimenté par les  trafics de drogue, de cigarettes, de migrants  qui prospèrent dans ce vaste no man’s land sahélo-saharien ; sans oublier le recrutement d’enfants soldats ou l’exploitation  sexuelle des femmes libérées seulement après le paiement d’une somme oscillant entre 150 et 175 mille francs CFA.  Mahamadou Ag Rhissa du HCUA  contrôlerait ainsi le passage des migrants à Talhandak tandis que Baye Coulibaly, qui fricote avec le GATIA, serait l’un des principaux passeurs de Gao.  Où sont Allah et son Prophète  dans tout ça ?

Le travail des experts indépendants , qui pointent également du doigt des élément des FDS complices des trafiquants ,  vient montrer une fois de plus comment beaucoup d’acteurs de  cette tragédie malienne devenue en réalité sous-régionale, font preuve d’une certaine  duplicité   , ce qui rend encore plus difficile la lutte dans  cette guerre asymétrique menée par des hommes sans visage puisque derrière le turban peut se trouver  un bourgmestre le jour et un terroriste la nuit venue.

 C’est sans doute l’une des raisons  pour laquelle l’Accord d’Alger est mort-né, car on ne voit pas comment il aurait pu être efficient quand ceux qui sont chargés de sa mise en œuvre jouent un double jeu mortel. Il faut maintenant espérer qu’après ce rapport qui doit bientôt être soumis au Conseil de sécurité, les sanctions qui s’imposent frapperont tous les fauteurs de guerre  qui ont été épinglés et qui ne sont peut-être que la partie émergée de l’iceberg du narco-djihadisme  qui a pris possession du Mali et de ses voisins, particulièrement du Burkina et du Niger.

OUSSENI ILBOUDO     

 

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Message de Tabaski: Karim Wade n’entend pas être le mouton du sacrifice

On ne sait quelle autre action il compte entreprendre après cela, mais c’est censé être son ultime message. Depuis son exil qatari, Karim Wade a en effet écrit au peuple sénégalais à l’occasion de la tabaski, fêtée les 21 et 22 août au Sénégal. Et le moins qu’on puisse dire est qu’il n’entend pas être le mouton du sacrifice sur la scène politique sénégalaise. Le fils de l’ancien président Abdoulaye Wade a en effet cette fois choisi de tremper sa plume dans le vitriol. Et le ton qu’il emploie est dur et même parfois violent à l’encontre du président Macky Sall et de son gouvernement. Pour l’auteur de ce pamphlet, « le Sénégal s’est trompé en mettant à sa tête un «beau parleur ignorant et incompétent» qui a renié tous ses engagements et n’a nullement l’intention d’honorer les nouvelles promesses qu’il s’apprête à faire avec son cynisme habituel ».

Et pour celui qui se présente dorénavant comme le « candidat du peuple », la commémoration du sacrifice d’Ibrahim intervient « dans un contexte de crise sans précédent marqué par les pénuries d’eau, le retour des délestages, la fuite vers l’étranger de nos valeureux frères et sœurs dont beaucoup disparaissent en mer Méditerranée, la famine qui frappe durement certaines régions, la baisse du pouvoir d’achat, les scandales économiques et financiers, une crise politique qui augure des lendemains électoraux difficiles, susceptibles de mettre en danger la stabilité du pays ». Pour un peu on croirait que les portes de l’enfer sont en train de s’ouvrir devant le pays de la Teranga.

Cette nouvelle sortie de celui qui fut le ministre du ciel et de la terre de son président de père est en fait un mélange non seulement d’amertume et de colère, mais aussi d’impuissance devant le sort qui est aujourd’hui le sien. Condamné en mars 2015 par la Cour de répression de l’enrichissement illicite à 6 ans de prison et 200 millions d’euros d’amende, il avait, on se rappelle, été gracié en juin 2016 par le premier magistrat sénégalais avant d’être expédié nuitamment dans l’émirat du golfe Persique sur fond de tractations souterraines.

Et à quelques mois de la présidentielle de février 2019, on a bien peur que l’exilé de Doha ne puisse pas s’y présenter même s’il a déjà été désigné pour porter les couleurs du Parti démocratique sénégalais. Obstacle rédhibitoire s’il en est, sa demande d’inscription sur les listes électorales a été rejetée, ce qui ne l’autorise pas à faire acte de candidature. Le Moïse Katumbi du Sénégal n’a peut-être donc plus d’autre choix que de tenter de rentrer au bercail. Mais à supposer que l’avion qui le transporte soit autorisé à atterrir à Dakar, il y a de fortes chances qu’il passe sans escale de l’aérogare à la prison de Rebeuss dont il était un pensionnaire jusqu’à son départ pour Doha.

Une chose est sûre, les imprécations de Karim ne vont pas arranger ses affaires, car on ne voit pas comment, après une telle charge, le « beau parleur ignorant et incompétent « pourrait encore lui dérouler le tapis rouge. »

Au prochain acte, donc.

 

H. Marie Ouédraogo

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Présidentielle malienne: A-t-on encore besoin des résultats ?

La Commission nationale de centralisation avait promis les résultats pour hier mercredi 15 août 2018. Mais sauf miracle marial de L’Assomption, on se demandait encore au moment où nous tracions ces lignes si cette promesse serait tenue. Tant c’est un véritable travail de bénédictin que de compiler ces données qui arrivent d’abord de communes réparties sur le million de kilomètres carrés du territoire, remontent ensuite aux cercles où elles sont saisies avant d’être transmises à Bamako par Internet, quand la connexion est bonne, sans oublier les chiffres émanant des consulats et ambassades. A tous ces préalables, ajoutons la saison des pluies et le contexte sécuritaire  qui n’arrangent pas les choses.

Mais les deux finalistes du second tour du dimanche 2 août dernier ont-ils besoin des résultats, vu que les deux camps, ceux du président sortant, Ibrahim Boubacar Kéita, et de son challenger, Soumaïla Cissé, s’accusent mutuellement de fraudes ? En vérité, les vraies inconnues dans cette affaire sont le taux de participation et le score du locataire actuel du palais de Koulouba, tant la victoire de celui qui avait obtenu 41% au premier tour contre 17% à son challenger ne semble souffrir aucun doute. Simple prime comme c’est souvent le cas dans nos démocraties à un sortant  qui de surcroît a eu un mandat pour amasser un trésor de guerre électoral ?

Qu’importe finalement, puisque celui qui est déjà dans la posture du perdant rejette à l’avance les résultats avant même qu’ils ne soient proclamés et sonne le tocsin pour mobiliser ses troupes en vue de contester ce qu’il estime être un hold-up électoral. Et comme pour bien montrer que ce qui sort des urnes depuis dimanche n’est vraiment pas ce qui y était entré le représentant de Cissé à la Commission de centralisation a claqué la porte «pour dénoncer le bourrage d’urnes que nous constatons dans les résultats qui nous arrivent du terrain. Certes, il n’est pas allé jusqu’au bout de sa colère en déchirant en mondovision les P-V, comme un certain Damana Pickas en 2010 lors de la proclamation des résultats du second tour de la présidentielle en Côte d’Ivoire, mais le résultat est le même.

Aujourd’hui le Mali et le Zimbabwe, où les résultats de l’élection post-Mugabe ont été contestés par le jeune avocat Nelson Chamisa, hier le Gabon et la Guinée. Pourquoi faut-il donc que, presque invariablement, les élections sur le continent débouchent sur des contentieux électoraux, parfois violents ? Dans les années 90, on se disait que c’était la maladie infantile des démocraties africaines naissantes ou renaissantes. Aujourd’hui, ces contestations tous azimuts montrent à souhait  que nos démocraties ne sont pas encore vraiment mûres.

Il est vrai que les tenants du pouvoir s’arrangent souvent pour ne pas perdre des élections qu’ils organisent, mais c’est à se demander si les opposants, qui ne sont souvent connus que dans les grands centres urbains et au sein de la diaspora, ont ou se donnent les moyens de déboulonner les statues de commandeurs qui se dressent devant eux. Donc, fraude ou pas, n’est-ce pas un peu illusoire par exemple pour le petit Chamiza de croire qu’il viendrait à bout et du premier coup d’Emmerson Mnangagwa de la ZANU-PF et de l’armée juste parce que Robert Mugabe n’est plus là ?

Ici et là, on aura encore et pendant longtemps à se chamailler pour des résultats. Fort heureusement, il existe des contre-exemples vertueux pour contrebalancer cette logique de la castagne post-électorale. C’est, entre autres, les cas du Ghana, du Bénin, du Sénégal, de la Zambie et même du Burkina Faso post-Blaise Compaoré, où le perdant a eu l’élégance d’aller féliciter le gagnant avant même la proclamation des résultats.

 

Issa K. Barry

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RDC: Et Kabila créa la surprise !

« Et si Kabila nous réservait la surprise du chef !» Tel était le titre de notre éditorial d’hier, consacré à la présidentielle congolaise et qui chutait par ces mots : « …à moins qu’à l’heure ultime du choix, seul avec sa conscience, il soit visité par la sagesse et habité par la tentation de Venise en nous réservant la surprise du chef. Ce serait le meilleur service qu’il rendrait à la RDC ». C’est désormais chose faite, et le moins qu’on puisse dire, c’est que nous avons  eu le nez creux, autant qu’au lendemain de son traditionnel discours sur l’état de la nation le 19 juillet dernier, quand nous écrivions ceci : « …mais n’allons pas trop vite en besogne, car qui nous dit qu’il ne nous réserve pas cette surprise du chef qui le ferait sortir par la grande porte, lui qui est entré par effraction dans l’histoire de la RDC et qui risque fort d’être défenestré un jour comme tant d’autres avant lui, s’il s’amuse à jouer le match de trop ».

Le suspense et le flou artistique longtemps entretenus par le chef de l’Etat congolais ont en effet pris fin hier mercredi 8 août 2018, date limite du dépôt des candidatures. Et ce ne sera pas Joseph Kabila Kabenge qui portera les couleurs du Front commun pour le Congo (FCC), mais Emmanuel Ramazani Shadari, ancien gouverneur, ancien vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur et actuel secrétaire permanent du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie, le PPRD, principale formation politique de la coalition au pouvoir.

Il a donc tenu parole. Il avait beau marteler depuis de longs mois qu’il respecterait la Constitution, nombreux étaient ceux qui doutaient de cette parole présidentielle. Il est vrai que le locataire du palais de la Nation ne faisait rien non plus pour balayer les soupçons des 80 millions de Congolais, même si en vérité il n’était pas tenu de proclamer urbi et orbi son départ prochain. Le doute était donc toujours permis et cela d’autant plus que, ces derniers temps, certains de ses fidèles lieutenants laissaient entendre que la révision du code électoral équivalait à un changement de Constitution qui remettrait le compteur de leur champion à zéro. Et si envers et contre tous Joseph Kabila avait fait acte de candidature, on ne voit pas quel juge constitutionnel se serait permis d’invalider ses prétentions.

On ne peut donc qui lui dire bravo et se féliciter qu’il ait résisté au chant des sirènes de son camp, cela d’autant plus qu’à tout juste 47 ans, celui qui a hérité du Congo après l’assassinat de son père, Laurent Désiré, n’a rien d’un Cincinnatus prompt à retourner à sa charrue sitôt sa mission de dictateur accomplie. Il faut seulement espérer que sa volonté de se retirer soit sincère puisqu’il conserve la présidence du PPRD taillée à sa mesure lors du dernier congrès.

Pour peu on penserait que Kabila, qui a effectué le 2 août dernier une visite chez son voisin lusophone, s’est inspiré de l’expérience angolaise qui a permis au président Eduardo Dos Santos de passer la main à João Lourenço… à ses risques et périls, car désormais l’ancien cacique ne cesse de remettre en cause les énormes intérêts et passe-droits du clan Dos Santos. A moins que l’inspiration soit venue de Russie où Vladimir Poutine, empêché par la Constitution de briguer un troisième mandat, était devenu le Premier ministre de Medvedev le temps de revenir aux affaires. Mais quelle que soit l’hypothèse la plus plausible, le choix d’Emmanuel Ramazani Shadari ne s’est pas fait au hasard, car  « Monsieur coup sur coup », comme on le surnomme, est réputé être un des faucons du régime et à ce titre, il fait partie des personnalités congolaises frappées en 2017 par des sanctions de l’Union européenne pour « entraves au processus électoral et violation des droits de l’homme ».

 

H. Marie Ouédraogo

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Côte d’Ivoire : Le «N’ayons pas peur» d’ADO

 

Rarement discours présidentiel aura été aussi attendu sur les bords de la lagune Ebrié que celui prononcé hier par le chef de l’Etat, Alassane Dramane Ouattara. Il faut dire que c’est l’intéressé lui-même qui avait pris ce rendez-vous cathodique avec ses compatriotes avec la promesse de lever  le voile sombre  qui couvre ses intentions pour 2020.«J'aurai des indications plus précises sur mes ambitions futures pour rassembler la Nation entière, à l'occasion de mon adresse à la nation, le 6 août prochain, au soir», avait en effet annoncé ADO le 11 juillet 2018, lors du premier Conseil des ministres du nouveau gouvernement.

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Jean-Pierre Bemba : Le SDF qui veut emménager à la Présidence

 

Comme à une course d’obstacles, les opposants congolais qui avaient quitté le pays pour cause d’ennuis judiciaires doivent braver moult handicaps pour leur retour. Jean- Pierre Bemba et Moïse Katumbi, puisque c’est d’eux qu’il s’agit, entre entraves administratives, méfiance policière et affaires judiciaires, sont ballottés par un pouvoir frileux et grincheux face à leur volonté de se porter candidats à la présidentielle du 23 décembre prochain.

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Zimbabwe: Les premières victimes du Crocodile

L’affaire était pourtant bien engagée. Pour des élections historiques, les premières depuis 1980 sans Robert Mugabe, l’opposition avait pu battre campagne normalement. Et si on excepte l’attentat dont le candidat du parti au pouvoir, Emerson Mnangagwa, a été victime, on peut dire que les joutes ont été pour le moins civilisées, contrairement aux précédentes de 2008 et 2013. On revoit le candidat Morgan Tsvangirai, alors leader de l’opposition, le portrait refait, la tête contusionnée, l’œil au beurre noir, des stigmates faits par les sicaires du régime, qui n’entendaient pas qu’on défie leur héros.

Cette année, rien de tel. Et la journée électorale, pour reprendre l’expression consacrée, s’est déroulée dans le calme et la sérénité, malgré les inévitables irrégularités dont nos pays sont si coutumiers. Pourtant, c’était le calme avant la tempête. Un volcan couvert de neige est brutalement entré en éruption hier mercredi. Depuis la veille, en réalité, il y avait un signe perceptible que les esprits s’échauffaient, car chaque camp avait commencé à revendiquer la victoire dès mardi. Jusqu’à ce que ça dégénère le lendemain quand la commission électorale a commencé à annoncer les premiers résultats partiels ; lesquels donnaient la ZANU-PF d’ores et déjà majoritaire à l’Assemblée nationale.

Les militants de l’opposition ont, de ce fait, crié tout de suite à la fraude et se sont massés devant le bureau de dépouillement  où la police d’abord, l’armée ensuite, ont chargé. Bilan : trois manifestants tués et de nombreux blessés. Et la tension qui n’était pas près de retomber. Retour donc des vieux démons zimbabwéens, qui en réalité n’étaient jamais vraiment partis, puisque c’est la même armée, c’est la même ZANU-PF et ce sont les mêmes dirigeants, à commencer par celui qui était, ne l’oublions pas, vice-président de Papy Bob, après avoir été tour à tour ministre de la Justice, de la Sécurité d’Etat, des Finances, du Développement rural et même président de l’Assemblée nationale.

Et ce n’est pas à 76 ans que celui qui était surnommé le Crocodile va se refaire et redevenir subitement l’agneau qu’il n’a jamais été. Cette répression montre donc à souhait qu’au fond, rien n’a changé dans les mœurs politiques zimbabwéennes et que celui qui prétendait, pendant sa campagne électorale, incarner la rupture et le changement n’était en réalité qu’un digne héritier de son ancien mentor.

Alors qu’en pareilles circonstances on se serait attendu à ce que celui qui est le premier magistrat du pays ait des mots de compassion à l’endroit des familles des victimes et des blessés, il n’a pas trouvé mieux à faire que d’imputer la responsabilité des troubles, des décès, des blessés et de la destruction de biens au MDC. Il ne faut donc pas qu’on s’attende à ce qu’il appelle ses éléments à la retenue. Dans ces conditions, il n’est pas sûr qu’il entende les appels à la retenue lancés de partout, notamment de l’ambassade des Etats-Unis à Harare.

Oui, c’est sûr : la nature du régime n’a pas fondamentalement changé. Car, sauf cas exceptionnel, on ne voit pas ce que des militaires lourdement armés ont à faire dans une opération de maintien de l’ordre.  Ce qu’il faut craindre est qu’après cette répression, on entre dans un cycle de violences post-électorales alors qu’on pensait que tout cela n’appartenait plus qu’au passé.

Issa K. Barry

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