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Prévention contre la fièvre de Lassa : Eviter tout contact avec le rat

La présence de la fièvre hémorragique de Lassa dans certains pays d’Afrique de l’Ouest comme le Nigeria et le Bénin constitue une menace pour le Burkina, qui reste sur le qui-vive. Face à cette situation, inquiétante, il convient de fournir les informations nécessaires aux populations en vue de s’en prémunir. Dans ce numéro de Carnet de santé, le directeur de la lutte contre la maladie, le Dr Brice Wilfried Bicaba, s’étale sur cette fièvre hémorragique transmise par un rat, ses symptômes et manifestations, son mode de contamination et surtout les mesures de prévention déjà prises par le gouvernement pour parer à toute éventualité.   

 

Déclarée endémique dans un certain nombre de pays de l’Afrique de l’Ouest comme le Bénin, le Nigeria, le Togo, la Sierra Leone et le Liberia, la fièvre hémorragique de Lassa fait encore fureur cette année : à la date du 25 janvier 2018, on recensait dans dix Etats du Nigeria 107 cas suspects, dont 67 confirmés, et 16 morts ;  le Bénin, quant à lui, enregistrait en fin janvier une dizaine de cas dont 7 morts.

 

Comme Ebola…

 

Selon le Directeur de la lutte contre la maladie (DLM), le Dr Brice Wilfried Bicaba, dans un entretien qu’il nous a accordé le lundi 12 février 2018,  la maladie, tant redoutée, est une fièvre hémorragique causée par un virus nommé « virus de Lassa ». Elle est relativement proche de la fièvre Ebola. Elle a été détectée pour la première fois en 1969 dans la ville de Lassa dans l’Etat de Borno au Nigeria (d’où d’ailleurs son nom : ndlr).

Sa symptomatologie est similaire à celle de certaines maladies infectieuses comme le paludisme, la shigellose (maladie diarrhéique qui  sévit surtout dans les régions tropicales : ndlr), la fièvre typhoïde et la fièvre jaune. Sa durée d’incubation est de 6 à 21 jours au cours desquels la maladie est asymptomatique. Après cette période, peut intervenir la phase aigüe avec l’apparition de symptômes, en l’occurrence des malaises, de la fièvre, des céphalées, des maux de gorge, des douleurs articulaires, des douleurs thoraciques, des nausées, des vomissements, des douleurs abdominales, la diarrhée et la perte de l’audition.

Des hémorragies peuvent survenir dans les cas graves.

 

Le rat, l’hôte du virus

 

La fièvre de Lassa se transmet par le contact avec les urines ou les excréments d’un rat du type Mastomys infecté. Ce rongeur, à en croire le Dr Bicaba, existe au Burkina : en 2016 où il y a eu une alerte dans une région frontalière, des prélèvements sur ce rat ont été opérés ;

il y a aussi la transmission interhumaine, c’est-à-dire par contact direct avec les liquides biologiques d’une personne infectée.  Ce mode de contamination est le plus fréquent en communauté, foi  du Dr Bicaba.

La contamination peut se faire également en milieu hospitalier suite à un défaut de contrôle des mécanismes de prévention.

Foi toujours du DLM, des cas de transmission sexuelle ont également été décrits dans la littérature.

 

Diagnostic

 

Des tests de laboratoire sont nécessaires pour détecter la maladie. Selon le Dr Bicaba, depuis 2016, le Burkina a renforcé en équipements le Laboratoire de diagnostic des maladies virales du Centre Muraz à Bobo, pour poser le diagnostic. «Etant donné que c’est un virus assez contagieux, sa manipulation nécessite un certain nombre de précautions, raison pour laquelle n’importe quel laboratoire ne peut pas manipuler ce genre de virus », a relevé le docteur.

 

Ne pas consommer la viande de rat 

 

En matière de traitement, il a indiqué que la Ribavirine, administrée dans les premiers jours, donne de bons résultats. Sinon il  n’y a aucun vaccin efficace contre la fièvre de Lassa. Il est donc recommandé d’observer des mesures de réanimation, c’est-à dire suivre un traitement symptomatique.

Il est très important d’observer des mesures de prévention. Le rat étant l’hôte de la maladie, il faut une bonne hygiène dans nos concessions pour tenir ce rongeur éloigné. Un chat peut être relativement utile dans cette tâche. 

Il faut surtout veiller à la propreté des maisons et à bien ranger les affaires, à se laver les mains régulièrement pour éviter la contagion. En plus, il faut éviter que les rats entrent en contact avec les aliments que nous consommons (farine, riz, maïs…). Pour cela, la nourriture doit être conservée dans des récipients fermés.

Dans les contextes des fièvres hémorragiques virales, comme ce fut le cas lors de l’épidémie à virus Ebola, il est aussi recommandé de faire attention à la manipulation et à la consommation de certains types d’animaux sauvages comme le rat. Cela, parce que l’animal porte le virus, et quand l’homme le contracte, ça peut lui être fatal.

 

Prêt pour la riposte

 

A en croire le directeur de la Lutte contre la maladie, jusqu’à présent, aucun cas n’a été noté au Burkina. Toutefois des mesures préventives sont prises : « Nous avons demandé que, dans les zones frontalières avec les pays infectés, la vigilance soit renforcée. Un rappel des différentes directives est fait aux prestataires, et nous veillons au contrôle pour que, même s’il y a un seul cas, on puisse éviter les infections nosocomiales. Nous avons commandé de la Ribavirine qui doit arriver incessamment. Et toutes les structures de santé sont mises en alerte», a-t-il indiqué avant de conclure ainsi : « Nous restons vigilants pour pouvoir intervenir à temps et pouvoir circoncire tout cas qui surviendrait au Burkina. »   

 

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