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Axe Ouaga – Lomé : Les rackets comme un camion fou

« Lorsque l’agent de contrôle se réveille, il commence sa journée en prélevant sur la route », confie Bourahima Rabo (à d.) « Lorsque l’agent de contrôle se réveille, il commence sa journée en prélevant sur la route », confie Bourahima Rabo (à d.)

Tel un camion fou, que personne n’arrive à arrêter, les rackets policiers ont la peau dure malgré les accords signés entre le gouvernement, les chauffeurs routiers et les forces de contrôle. Compte tenu de la récurrence du phénomène, l’Union des chauffeurs routiers du Burkina (UCRB) et la Confédération syndicale burkinabè (CSB) étaient face à la presse le mardi 13 février 2018. Ils entendaient dénoncer ces actes de « harcèlements moraux » dont ils font l’objet, surtout sur l’axe Ouaga-Lomé.

 

« Lorsque tu arrives, les agents de contrôles sont sous un arbre. Tu descends avec les documents du véhicule. Après vérification, ils te regardent et te disent qu’ils doivent  boire du café. Si tu joues au dur, ils mettent tes papiers à côté et récupèrent ceux d’un autre. Pour ne pas y perdre du temps, tu lui glisses un billet quand bien même tes papiers sont en règle » : confidence d’un chauffeur routier. Et un autre de renchérir : «quand tes documents sont en règle, ils ne sont pas contents».

Ces témoignages de chauffeurs routiers résonnent comme un cri du cœur lancé au gouvernement et au chef de l’Etat qui s’était lui-même impliqué dans la résolution de la crise précédente qui a abouti à la signature d’un protocole d’accord entre les différentes parties. Selon cet accord signé le 5 août 2017, le nombre de postes de contrôles documentaires sur le corridor Ouaga-Lomé est limité à deux (2) soit un à la sortie de Cinkansé et l’autre à l’entrée de Ouagadougou ; le nombre de postes de contrôles sécuritaires (effectués au pied du véhicule) sur ce corridor est lui, limité à trois (respectivement à Bittou, à Tenkodogo et à Koupéla).

Les premiers responsables de la gendarmerie et de la police s’organiseront de manière concertée aux fins de respecter le nombre de postes ci-dessus indiqué.

Cependant, à en croire les conducteurs, cet accord n’est  nullement respecté par les forces de sécurité : « Lomé – Cinkansé » fait 632 km mais vous n’y trouverez aucun poste de contrôle. Si vous faites Cinkansé – Ouaga, 290 km, vous avez jusqu’à huit postes de contrôles à franchir », affirme Brahima Rabo, le président de l’UCRB en précisant que les contrôles continuent de se faire sous les arbres au lieu de se faire au pied des véhicules comme stipulé dans le protocole.

Au regard de la persistance des tracasseries routières et des rackets, l’UCRB recommande la tenue d’une rencontre urgente entre les parties ; la clarification du poste de contrôle documentaire à Cinkansé, la mise en place d’un comité ad hoc de veille et de suivi des accords et la réduction du nombre de contrôles sur l’axe.

Pour Guy Olivier Ouédraogo, secrétaire général de la CSB, les chauffeurs s’en remettent à leur slogan : « Négocier quand c’est possible, se battre quand c’est nécessaire ».  

 

Ebou Mireille Bayala

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