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Grille de lecture

Grille de lecture (38)

Dialogue intertogolais : Un pamphlet épiscopal en guise de préambule

 

On aurait cru revoir Nikita Khrouchtchev le 12 octobre 1960 lors de la 15e session de l’assemblée générale de l’ONU, durant laquelle le dirigeant soviétique avait créé la surprise en pleine session en ôtant sa chaussure pour taper rageusement le talon sur la table. C’est en effet un Monseigneur Philippe Fanoko Kpodzro, archevêque émérite de Lomé, visiblement survolté qui s’est acharné sur sa table au cours de son intervention le mercredi 14 février 2018. Sauf qu’à la différence de celui qui fut jadis le locataire du Kremlin, lui s’est contenté de ses mains.

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Mines antipersonnel au Mali : Des armes sales pour une guerre sale

 

Comment auraient-ils pu imaginer que là, sous leurs pieds, enfouis à seulement quelques centimètres sur ce sentier qu’ils empruntent si souvent et dont ils ont fini par connaître tous les mètres carrés, se trouvaient de vilains joujoux de guerre qui allaient leur faucher la vie ? Ce fut pourtant le tragique destin de ces commerçants burkinabè et maliens qui avaient quitté Djibo hier, jeudi 25 janvier 2018, au matin pour le marché hebdomadaire de Boni de l’autre côté de la frontière. Hélas, ils n’arriveront pas à destination, le camion qui les transportait ayant sauté sur une mine. Le bilan, qui était initialement de treize morts,  a été révisé à la hausse en fin de journée, passant à vingt-quatre victimes, dont sept Burkinabè.

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La France et le génocide rwandais : La France muette ne sera pas…entendue

Voilà qui ne va pas arranger les relations entre la France et le Rwanda. L’ex-amiral Jacques Lansade, chef d’état-major général de l’armée française au moment des faits, et l’ancien général Raymond Germanos, son adjoint, ne seront pas en effet entendus par la justice française sur la responsabilité de l’armée tricolore lors du génocide de 1994. La raison ? La cour d’appel de Paris n’a pas jugé utile de retoquer la décision prise en août par le juge d’instruction.

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Boko Haram : Aurore sanglante à Mubi

Et Boko Haram se rappela à notre mauvais souvenir !  A la fois de la plus cruelle des manières et avec le plus perfide des stratagèmes.

En effet, hier mardi 21 novembre 2017 aux prémices de la journée, Mubi, localité située au nord-est du Nigeria, a été le théâtre d’un attentat-suicide dont le bilan provisoire s’élevait à une cinquantaine de morts.

Et savez-vous, bonnes gens, où ce carnage matinal a eu lieu ?  

Je devine les uns parier sur une gare routière, les autres sur un marché et d’autres encore sur un établissement d’enseignement. Eh bien, vous n’y êtes pas puisque c’est une mosquée qui a été prise pour cible alors que des fidèles musulmans s’y étaient réunis pour la première prière du jour, le Fadjiri, aurore en arabe.  

L’auteur de cette bêtise crasse, venu dans cette maison d’Allah pour tout, sauf l’adorer, s’est traîtreusement mêlé à la Oummah avant de déclencher son engin explosif en pleine récitation de versets coraniques.

Certes, au moment où nous tracions les dernières lignes de cet article la boucherie de Mubi n’avait pas encore été revendiquée, mais son mode opératoire en dit suffisamment long sur son commanditaire.

En effet, comment ne pas y voir la griffe funeste du « Chacal », ainsi que l’on qualifie le chef actuel de Boko Haram, Abubakar Shekau, et du reste de la meute salafiste, qui endeuillent le Nigeria depuis maintenant huit bonnes années, faisant 20 000 morts et 2,6 millions de déplacés ? Un bilan humain dont le versant économique est aussi dramatique pour les populations locales du Nord-Est.

C’est vrai, depuis 2009 qu’il est en proie aux assauts répétés de Boko Haram, devenu Etat islamique en Afrique de l’Ouest, le « Géant de l’Afrique » a subi des attaques les unes aussi meurtrières que les autres.

Ainsi à Damaturu (Nord-Est), où 150 personnes ont été tuées le 4 novembre 2011 lors d’une série d’attaques de postes de police et d’églises ; à Kano le 20 novembre 2012 où des actions coordonnées contre des symboles de l’Etat ont fait 150 morts ; à Bama (Nord-Est) le 7 mai 2013 où des raids terroristes ont provoqué la mort de 55 villageois ou à Nyanya dont la gare de bus a été visée par un attentat le 14 avril 2014 dont le nombre de victimes s’est établi à 72 morts.

Comme on peut le constater, avant cette aurore sanglante à Mubi, il y a longtemps que le pays avait connu pareil carnage.

Cette nouvelle tragédie est la preuve sanglante que bien qu’affaibli par les actions militaires conjointes des Etats membres de la Commission du bassin du lac Tchad, le « Chacal » dispose d’assez de force et de capacité de dissimulation pour frapper. Il reste d’autant  redoutable qu’il s’agit ici d’une guerre asymétrique dans laquelle ses nervis,  dont la perfidie n’a d’égal que l’absurdité du projet de califat dont ils sont les doux rêveurs, se fondent dans la population sous la forme de talibés, sébile en main, de mères de famille  en tchador ou, comme ce fut le cas ici, de disciples de Mahomet pour semer la mort par tous les moyens.

Comment peut-on prendre pour cible un lieu de culte, de surcroît musulman, alors qu’on prétend livrer un djihad, c’est-à-dire la guerre sainte, contre une société corrompue dans tous les sens du terme et cela au nom d’Allah et de son prophète Mahomet ?

Si on voulait de nouveau la preuve que Boko Haram, Al-Mourabitoun, Ansar-Dine, Al-Qaïda, Daech, le Front-al-Nostra et toutes les succursales de l’internationale djihadiste ne sont que de vulgaires bandes d’imposteurs, des réseaux d’obscurs prédicateurs, des entreprises criminelles et, in fine, des ennemis de l’islam, oui, si on voulait encore la preuve de tout cela, alors on l’a.  

Comment comprendre dans ces conditions que certains pays arabo-musulmans, au lieu d’utiliser leurs pétrodollars à bon escient, préfèrent financer, sous couvert d’œuvres caritatives, des tueurs en puissance dont les premières victimes sont leurs coreligionnaires ?

Alain Saint Robespierre   

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Incendie du grand marché de Bamako : La rançon de l’incivisme et de l’anarchie

Réveil brutal et douloureux pour certains commerçants du grand marché de Bamako ce lundi matin : en effet, un gigantesque incendie s’est déclaré dans leurs boutiques, dans la nuit de dimanche à hier lundi vers 2 heures du matin. Les pompiers, vite accourus, n’ont pu empêcher qu’une grande partie des installations soit réduite en cendre. Les dégâts matériels sont énormes, évalués à  plusieurs centaines de millions de FCFA. Seule consolation pour les Bamakois et les autorités maliennes, pas de pertes en vie humaine et certaines boutiques  épargnées.

N’empêche que la frayeur  a  été grande, car ce site, appelé marché Rose, est au centre de la capitale malienne et le feu menaçait  les concessions aux alentours, vu les difficultés des sapeurs-pompiers à le circonscrire. Les causes de l’incendie restent inconnues, mais selon le premier constat  des soldats du feu, il serait parti du centre du marché et pourrait avoir été causé par un court-circuit. Quoi qu’il en soit, les commerçants arrivés sur les lieux pour aider à circonscrire le sinistre ne cachaient pas leur colère, exigeant des investigations plus poussées parce que c’est la troisième fois que ce marché est victime d’incendie en 14 ans : le premier incendie était survenu en 1993 et avait complètement détruit le marché, qui fut fermé alors pendant trois ans avant de rouvrir en 1996 après  qu’on a investi environ 1,5 milliard de FCFA dans sa reconstruction ; il sera toutefois victime d’un nouveau sinistre en 2014 dont les nombreuses victimes se remettaient  à peine. L’incendie de ce lundi matin est donc la catastrophe de trop pour les commerçants du marché Rose qui en veulent aux autorités communales pour leur incapacité à mettre de l’ordre dans la gestion de cet espace.

On les comprend, les victimes de cet énième incendie du marché central de Bamako non sans s’interroger sur leur propre responsabilité dans ces drames à répétition ! Qu’elles s’insurgent contre les moyens limités des pompiers, les bouches d’incendie sans eau, les ordures non évacuées, passe encore, mais quid des installations anarchiques avec des allées bouchées par  des étals incongrus, des ballots à l’emporte-pièce et des hangars  en matériaux rapidement inflammables ? On le voit bien, les torts de ces incendies à répétition sont partagés entre autorités gouvernementales, communales et  occupants du marché. Les premiers parce qu’ils ne donnent pas suffisamment de moyens aux soldats du feu, les deuxièmes pour le laxisme dans la gestion du désordre ambiant en ces lieux et  les derniers  pour leur incivisme notoire avec la forte propension à faire du marché une zone de non-droit où l’anarchie est la chose la mieux partagée.

Au demeurant, Bamako n’a pas l’exclusivité de ces marchés africains véritables foutoirs aux allures de dépotoirs où se disputent les immondices et les branchements électriques sauvages parce que bricolés à la va-vite. D’Abidjan à Douala en passant par Ouagadougou et Dakar, les marchés de nos villes sont de grands capharnaüms d’où l’ordre et la discipline ont foutu le camp, si jamais ils y ont existé. Les commerçants du Burkina, notamment ceux de Ouagadougou, ne disent-ils pas, quand on veut les sensibiliser au civisme en ces lieux, que « yaar » (marché en mooré) rime avec « yaaré », c'est-à-dire le désordre. C’est  pourquoi  les marchés qui brûlent en Afrique, on en trouve à la pelle : 2003 Rood Wooko à Ouagadougou, 2009 marché central de Douala, 2013 le grand marché de Bujumbura, 2015 le marché d’Antokpa à Cotonou, 2016 le marché Mont-Bouët à Libreville, septembre 2017 le marché d’Abobo à Abidjan, et on en oublie.

Tous ces incendies sont la rançon de l’incivisme et de l’anarchie qui y règnent.

 

Zéphirin Kpoda

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Financement G5 Sahel: L’artillerie lourde de l’Arabie saoudite

Convoquée par le chef de l’Etat français, Emmanuel Macron, la réunion du G5 Sahel s’est tenue à Paris et s’est achevée sur une note de satisfaction générale. En effet, les cinq chefs d’Etat de cette task force que sont Ibrahima Boubacar Kéita (Mali), Mahamadou Issoufou (Niger), Roch Marc Christian Kaboré (Burkina Faso), Idrisss Déby (Tchad) et Mohamed Ould Abdel Aziz (Mauritanie) regagnent leurs pays respectifs, plus que jamais chargés de belles promesses de financement. C’était au-delà de leurs espérances. Sur un besoin de financement estimé à 250 millions d’euros, le moins que l’on puisse dire est qu’à l’issue de ce mini-sommet dans la capitale française, c’est le nerf de la guerre qui manquera le moins.

Dès le départ, l’Union européenne avait promis 50 millions d’euros, la France 8 millions (surtout du matériel), chacun des cinq pays de la ligne de front a accepté de casquer 10 millions, les Etats-Unis 60 millions de dollars et l’Arabie saoudite avait annoncé un soutien de 100 millions de dollars. Soit dit en passant, le dernier pays cité se rachète une bonne conscience, lui qui est suspecté de financer le djihadisme à travers des organisations dites caritatives. Aujourd’hui, ce sont les Emirats arabes unis qui entrent en scène avec une promesse de 30 millions de dollars. A cela ajoutons la rallonge de l’UE dont l’écôte passe de 50 à 80 millions d’euros. Si l’on fait une petite opération arithmétique, l’on peut estimer que le combat sur le front financier est déjà en théorie gagné. En tous les cas, la rencontre de France a donné un véritable coup d’accélérateur à ce qui passait pour bien des observateurs, à commencer par le président américain Trump, pour une machine poussive qui peinerait à démarrer.

Néanmoins, si on peut se réjouir de tous ces engagements de financements, il faut surtout espérer que le mécanisme de décaissement, généralement lourd et lent, ne viendra pas briser ce formidable élan. Car il y a vraiment urgence sur cette étendue sablonneuse où les groupes terroristes continuent de dicter leur loi, multipliant les attaques chaque jour qu’Allah fait. Mais si l’on s’en tient au calendrier des prochaines rencontres, tout semble indiquer que les engagements seront tenus - pour emprunter au jargon militaire - wassa-wassa-, puisqu’en mi-janvier, les ministres de la Défense des cinq pays concernés devraient se retrouver pour aborder le sujet et, fin février, les partenaires financiers se rencontreront pour faire le point des décaissements.

Et comme pour mieux huiler la machine, au besoin de financement qui vient d’être comblé viendront s’ajouter des appuis stratégiques comme l’aide tactique sur le plan opérationnel et le renseignement de la part de la force Barkhane et des Etats-Unis, sans oublier le ravitaillement, pour ce qui concerne les interventions en territoire malien, par la MINUSMA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali) dans des domaines aussi vitaux  pour une armée que le ravitaillement en carburant, en eau, en ration alimentaire, ainsi qu’en matière d’évacuations médicales. Si tout se passait comme prévu donc, 2018 devrait être le début d’une période éminemment critique pour les forces djihadistes qui écument le Sahel, y semant la mort et la désolation.

Malgré tout, un proverbe bien de chez nous conseille que si quelqu’un te lave le dos, tu te dois de te laver tout au moins le visage. Il appartiendra alors aux Etats du G5 Sahel de jouer leur partition, en commençant par respecter leur engagement de participer à hauteur de 10 millions d’euros pour chacun, et surtout de jouer à fond la carte de la nécessaire collaboration dans le renseignement et dans la mutualisation des forces.  Des ingrédients sans lesquels cette force conjointe ne pourra produire ses premiers résultats, attendus pour le premier semestre 2018, selon Emmanuel Macron, le véritable général en chef qui a poussé à la roue cette force sahélienne sur laquelle peu de gens pariaient le moindre euro.

 

Issa K. Barry

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Anniversaire de la Révolution tunisienne : Le cœur n’est pas à la fête

On avait craint une journée chaude ce dimanche 14 janvier, jour anniversaire de la Révolution du jasmin en Tunisie : en effet, la semaine écoulée, le mercure social a pris l’ascenseur  avec des manifestations émaillées de vandalisme, traduisant un mécontentement grandissant de la population. « Le peuple veut faire tomber la loi des finances », a-t-on entendu, entre autres slogans, en échos  au « peuple veut faire tomber le régime » scandé par les insurgés  de janvier 2011. 7 ans après, la rue a de nouveau parlé à Tunis, Sfax, Carthage et dans d’autres villes du pays, posant cette lancinante question aux Tunisiens : qu’est-il advenu de la Révolution ?

Un demi-échec que cette révolution, écrivions-nous dans notre parution du vendredi dernier, car, si la démocratie a pris ses quartiers dans le pays, les transformations économiques susceptibles d’apporter les solutions aux nombreuses  demandes sociales se font attendre. Pire, pour beaucoup de Tunisiens, leurs conditions de vie se sont détériorées, et  la loi de finances 2018, parce qu’elle en ajoute à l’austérité et à la vie chère, est la goutte d’eau qui fait déborder le vase de mécontentement. En une semaine, le Mouvement  Fech Nestannew, traduisez «qu’est-ce qu’on attend », sous-entendu « pour protester », a donné des sueurs froides au gouvernement de Youssef Chahed. On a senti flotter comme une odeur de jasmin, c’est-à-dire les prémices d’une seconde révolution, obligeant les autorités à user du bâton et de la carotte pour endiguer la contestation sociale.

Pour ce qui est du bâton, entre 500 et 800 manifestants, selon les sources, ont été arrêtés et seront traduits en justice d’après les autorités. Diabolisés en « casseurs, pilleurs », ces manifestants risquent des peines de prison et de lourdes amendes. Concernant la carotte, le gouvernement multiplie les effets d’annonce en mettant en avant des mesures en faveur des Tunisiens les plus pauvres, notamment une augmentation des allocations sociales, la mise en œuvre d’un plan logement, d’une couverture maladie universelle et  la fixation d’une pension minimale de retraite. Côté politique, on envisage sérieusement la formation d’un gouvernement ouvert à l’opposition qui verrait l’entrée en son sein du Front populaire, lequel ne fait pas mystère de son soutien aux manifestations de ces derniers jours.

On le voit bien, le gouvernement s’échine à parer au plus pressé, mesurant sur le tard l’impact négatif de la dernière loi de finances sur l’opinion tunisienne. Pourquoi n’a-t-il fait sienne la vérité assénée par l’adage : « gouverner c’est prévoir » ? Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir été prévenu des risques de troubles sociaux dont  le projet de budget 2018 était porteur. En cela le gouvernement Youssef Chahed n’a pas le monopole de la bêtise d’attendre que le front social bouillonne pour penser aux couches les plus vulnérables de la population. Il y a comme de l’infantilisme chez nos gouvernants à ignorer la grogne des populations jusqu’à ce qu’une quelconque étincelle mette le feu aux poudres. Et les voilà en pompiers qui imaginent des dissolvants pour éteindre l’incendie. Pour quels résultats ?

Pour l’heure, le président Beji Caïd El Sebsi et son gouvernement semblent avoir contenu la grogne sociale en Tunisie, mais pour combien de temps ? En tout cas, en ce 7e anniversaire  de la Révolution du jasmin, le cœur n’est pas à la fête sur l’avenue Bourguiba. Le plus puissant des syndicats du pays, l’Union générale des travailleurs de Tunisie (UGTT), et  le parti d’opposition Front populaire ont appelé à une marche dans une mobilisation massive et patriotique pour crier la colère des Tunisiens devant le Parlement  le 20 courant. On attend de voir.

 

Zéphirin Kpoda

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