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Spectacle au Cito : Trois Prétendants, un mari de Sidiki Yougabré : comme un gaz hilarant

Cinquante ans après la parution de la comédie satirique Trois prétendants, un mari (1964) du Camerounais Guillaume Oyono Mbia, le metteur en scène Sidiki Yougbaré s’est emparé de ce classique étudié dans nos lycées. Et son adaptation est actuellement à l’affiche au Cito. Cela donne une mise en scène alerte, une comédie survoltée qui déclenche l’hilarité à tout instant.

 

Juliette est une jeune lycéenne qui poursuit des études en ville. Au village, sa famille a décidé de la marier au plus offrant et c’est pourquoi, bien que le paysan Ndi ait déjà versé une dot d’un demi-million de francs, elle préfère la donner à Mbia, un fonctionnaire qui s’amène au village avec faste et faconde et  paie rubis sur ongle un million de francs comme dot ! Cependant, la jeune fille qui revient au village  sur ces entrefaites refuse d’être vendue comme une chèvre.  Et  pour tout compliquer, voilà que l’argent des dots a disparu, laissant la famille désemparée. Où trouver cet argent pour le remettre aux prétendants éconduits ? Peut-être qu’un ultime prétendant pourra apurer cette dette et les tirer de cette mauvaise passe? C’est autour de cet imbroglio que se construit cette comédie.

Cette pièce met en scène le conflit de générations et dénonce la marchandisation de la femme sur un mode comique. Dans un décor sobre et deux espaces concomitants, une cuisine pour les femmes et une cour pour les hommes, Sidiki Yougbaré réussit à donner à ce texte de Guillaume Oyono Mbia un rythme haletant piqueté de comique à toutes les minutes. Trois Prétendants, un mari recourt à différents procédés comiques tels que le comique de propos, de situations, de répétitions,  de gestes, et cette mise en scène les exploite avec beaucoup de bonheur. En outre, le recours aux ressources comiques du  mooré multiplie le coefficient d’hilarité du spectacle et lui donne un ancrage plus local.

Ce spectacle est porté par une belle brochette de comédiens réputés. Anatole Koama est Atangana, Eudoxie Gnoula joue la mère de Juliette, Minata Diéné est Bella, la grand-mère, et Halidou  Sawadogo, dit Pagnagdé, est Abessolo, le papy réac. Safiéta Koala campe une Juliette têtue et roublarde.

On croirait que cette pièce distille un gaz hilarant, tant le public se tord de rire tout le temps. Surtout devant le quiproquo entre Atangana, le père de Juliette, et  son géniteur, le vieux Abessolo. Le premier essaie de confier au second que la dot a disparu tandis que ce dernier s’emporte, maudit et réclame sa part de... vipère boucanée. La venue du devin en costume de ville, accompagné de sa secrétaire avec une calculette, est aussi un morceau de bravoure. Et particulièrement le jeu d’Anatole Koama, à un moment, plie littéralement le public en deux. Dès que la dot est volée, Anatole Koama (Atangana), qui était guilleret depuis le début de la pièce parce qu’il envisageait son futur bien pépère, se compose une mine d’enterrement. Yeux hagards, mine déconfite, poings fermés et démarche d’automate, il est semblable à un homme qui aurait eu une crise d’apoplexie. En fait, il essaie de ne pas craquer, de ne pas hurler sa peine et perdre sa dignité. Aussi chaque pas, chaque mot lui coûte-t-il un effort surhumain, et le spectateur ne peut se retenir tellement il est comique !

Trois Prétendants, un mari est à l’affiche au Cito jusqu’au 28 juin 2014. Cette représentation d’une heure et demie qui passe aussi vite qu’un battement de cils vous garantit une soirée d’hilarité. Allez-y vous muscler  les zygomatiques.

Saïdou Alcény BARRY

 

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