Pénurie d’eau à Koudougou : La soif pousse la population dans les rues
- Écrit par Webmaster Obs
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La coalition provinciale de lutte contre la vie chère CCVC-Boulkiemdé est remontée contre les fréquentes ruptures de fourniture d’eau dans les différents quartiers de Koudougou. L’ensemble de la population est soumise à une corvée d’eau des plus pénibles. Pour dénoncer cette situation de pénurie, la coalition provinciale du Boulkiemdé a tenu une conférence de presse le jeudi 17 mai, suivie, le lendemain vendredi 18 mai, d’un meeting d’interpellation des autorités.
Depuis plus de trois semaines, les populations de la plupart des dix secteurs de la ville de Koudougou font face à une criarde pénurie d’eau qui les oblige à se ruer sur les forages et les puits des villages environnants à la recherche du liquide précieux ; une situation qui contraste avec la promesse électorale de ‘’zéro corvée d’eau’’ du candidat Roch Kaboré.
En véhicule, à moto, à bicyclette ou sur des tricycles, si ce n’est à pied, on rencontre des citadins transportant péniblement des bidons remplis d’eau. Et ça, c’est ceux qui ont la chance d’en avoir. Autour des bornes fontaines et forages, les queues sont kilométriques et il faut attendre des heures, souvent deux ou trois jours, pour avoir le jus tant prisé.
La grande affluence dans ces points d’eau ne se passe pas sans heurt. Certains abonnés de l’ONEA n’ont pas vu de l’eau sortir de leur robinet depuis des semaines. Ceux qui ont la chance peuvent voir un mince filet d’eau en couler. Mais là aussi, cela se passe très tard la nuit ; ce qui oblige les ménages à de longues heures de veille.
Face à cette situation, les responsables de l’ONEA ont diffusé un communiqué expliquant les problèmes auxquels la société est confrontée. Aux problèmes d’eau, s’ajoutent les coupures intempestives d’électricité survenant parfois plus de cinq fois dans la journée.
Des délestages qui occasionnent des dégâts matériels, dont la détérioration des outils électroménagers, et laissent des citoyens, ceux dont les occupations quotidiennes dépendent exclusivement de l’électricité, désemparés du fait de l’arrêt systématique de leurs activités.
C’est là en substance la situation qui prévaut dans la cité du Cavalier rouge. Une situation qui n’a pas laissé la CCVC du Boulkiemdé indifférente et qui a justifié l’organisation de ces deux journées d’interpellation matérialisées par une conférence de presse et un meeting.
Dix-sept mois après la 1re interpellation, la situation a empiré
La causerie avec les hommes et femmes de médias a été animée par le président de la CCVC du Boulkiemdé, Madi Bonkoungou, le vice-président, Kisito Dakio, et le trésorier, Kuiliga Stéphane Kaboré. Dans leur déclaration liminaire, les conférenciers ont rappelé que déjà, le 18 novembre 2016, ils avaient tenu une conférence de presse au cours de laquelle ils avaient interpellé les autorités sur les problèmes que vivent les populations de Koudougou en matière de fourniture d’eau et d’électricité.
En son temps, l’Organisation démocratique de la jeunesse avait observé un sit-in dans la cour de l’ONEA à Koudougou afin de dénoncer les ruptures récurrentes de la distribution d’eau dans les quartiers. Dix-sept mois après, les responsables de la CCVC constatent que les choses ont empiré. Des rencontres ont été initiées le 16 mai 2018 avec les responsables de l’ONEA, de la SONABEL et du haut-commissariat.
‘’Au niveau de l’ONEA, il nous a été dit que la pénurie est due à la rupture d’un tuyau ayant vidé le château d’eau ; aux coupures d’électricité qui impactent l’adduction d’eau ; à l’assèchement du barrage de Salbisgo ; à une panne au niveau du fleuve Mouhoun et à la faible pluviométrie’’, confient Madi Bonkoungou et ses camarades.
Au niveau de la SONABEL, il leur a été signifié que les délestages sont dus à la rupture des lignes sous-terraines provoquée par les travaux de canalisation effectués par une entreprise ; au faible voltage de la ligne desservant Koudougou (33 KV) et à de multiples pannes sur la ligne.
Au cours du meeting du vendredi 18 mai, les organisateurs sont revenus sur les raisons qui justifient leurs actions. La déclaration qui y a été lue a été transmise par la suite au haut-commissaire de la province, indexé, par la Coalition, comme garant et répondant local de la politique du Président du Faso en matière d’eau. Dans cette lettre, les frondeurs exigent qu’une solution soit vite trouvée afin de soulager la souffrance des populations.
Cyrille Zoma
