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Allergies : Attention, elles peuvent tuer !

Allergies : Attention, elles peuvent tuer !

 

La consommation de certains aliments ou le contact avec certains objets provoquent chez certaines personnes des réactions allant des démangeaisons, éternuements à l’irritation du nez ou des yeux : ce sont des allergies ; il s’agit d’une réponse inappropriée ou exagérée, consécutive à la pénétration d’une substance étrangère dans l’organisme. Les allergies créent à de nombreuses personnes des désagréments, pouvant même être mortelles. Comment sait-on à quoi on est allergique ? Comment soigne-t-on une allergie ? Comment vivre confortablement avec son allergie ? Le Dr Patrice Tapsoba, dermatologue-vénérologue-allergologue à l’hôpital Yalgado, répond à toutes ces questions.

 

 

A quoi penserez-vous si une personne perd la vie juste après avoir consommé une nourriture ? A un empoisonnement ou à une intoxication ? Vous n’avez certainement pas tort, mais la cause peut aussi être une simple… allergie. Eh oui, l’allergie tue.  Dernière preuve en date, la mort le 29 mars dernier en France, d’un enfant de 6 ans après qu’il a mangé une crêpe. En effet, ce bambin était allergique aux produits lactés, et lors d’un Carnaval à l’école où des crêpes ont été proposées aux élèves, il en a mangé aussi, car il  avait l’habitude de manger des crêpes sans lait à la maison. Mais la crêpe de l’école lui fut fatale. Les allergies, pourtant, ne font que prendre des proportions inquiétantes dans les pays industrialisés. Selon le Dr Patrice Tapsoba, dermatologue-vénérologue-allergologue à l’hôpital Yalgado, des études ont montré que dans ces pays, 10% de la population avaient des maladies allergiques en 1980. Vers les années 90 à 99, ce chiffre est passé à 30%. Et on estime que, d’ici 2025, 50% des populations des pays industrialisés souffriront d’une maladie allergique. Les causes ? Elles  sont multiples, à en croire notre spécialiste. Il y a, a-t-il indiqué, la pollution atmosphérique, de plus en plus importante, sans ignorer ses nombreux effets comme la réduction de la couche d’ozone, l’émission de très nombreux gaz qui participent au développement des allergies. Toujours selon le Dr Tapsoba, nos pays n’en sont pas épargnés. En effet, a-t-il relevé, on rencontre de plus en plus de patients qui souffrent de l’allergie allant des formes banales aux formes grèves. L’allergie est définie comme une réponse inappropriée ou exagérée à la pénétration d’une substance étrangère dans l’organisme. «En permanence l’organisme est soumis à des micro-organismes pathogènes, notamment les bactéries, les virus et les parasites. L’organisme dispose naturellement de moyens pour se défendre. L’allergie est une défaillance du système immunitaire. Au lieu de nous défendre contre ces micro-organismes pathogènes, l’organisme se met à réagir à des particules qui sont totalement inoffensives comme, par exemple, certains aliments, la poussière, les pollens, les parfums. La réaction violente contre ces organismes qui ne sont pas pathogènes aboutit à la fabrication d’anticorps qui rodent dans le sang, de telle sorte qu’au cours d’un contact ultérieur l’organisme réagisse toujours », a expliqué l’allergologue.

 

 

 

Plein d’allergènes dans la nature

 

 

 

Les allergènes (causes de l’allergie) sont multiples et peuvent se retrouver dans  les aliments (arachides, poisson, soja, œufs, lait, farine, tomate, concombre, fruits et fruits de mer, etc.), le latex et d’autres produits chimiques, les médicaments, les piqûres d’insectes, le pollen d’arbres, les acariens et des poils d’animaux, les moisissures, les métaux (montres, bracelets, chaînes…), la poussière, la fumée de cigarette… Se manifestant par des maladies, les allergies peuvent provoquer, selon le Dr Tapsoba, des réactions cutanées (eczémas, urticaires, prise de certains médicaments qui peuvent brûler la peau). Certaines personnes, quand elles mangent  des arachides, une tomate ou des criquets, réagissent en commençant à se gratter. Au niveau ORL, a indiqué le docteur, l’allergie peut se manifester par des rhinites, des sinusites, de l’asthme. Au niveau ophtalmologique, on a des conjonctivites allergiques. On a aussi de très nombreuses dermatoses professionnelles (les boulangers, les travailleurs du bois, les agents de santé (utilisation des gants qui contiennent du latex). Chez certaines personnes, le fait d’utiliser le téléphone peut développer une allergie. Chez d’autres, c’est le port d’une montre ou de bijoux de fantaisie. Comment cela s’explique-t-il ? « Ce sont des gens dont l’organisme a développé des anticorps et fait une réaction exagérée à des substances inoffensives. Pour des raisons qui ne sont pas encore complètement élucidées, l’organisme, quand il se rend compte que vous portez ces substances, marque son refus », a expliqué le médecin.

 

          

 

L’allergène doit devenir un totem

 

 

 

Comment savoir à quoi on est allergique ? Selon toujours notre allergologue, il faut d’abord des manifestations cliniques, c’est-à-dire qu’il faut que la personne présente de façon régulière ou de nouveau les manifestations citées. Par exemple, a-t-il expliqué, quelqu’un qui a une toux nocturne pendant deux mois, sans aucune cause infectieuse, peut souffrir de l’asthme ; ou quelqu’un qui entre dans un bâtiment nouvellement peint et commence à se gratter peut souffrir de l’eczéma. Cela signifie, a-t-il relevé, qu’il faut avant tout un interrogatoire avec le malade. «C’est la personne qui présente des manifestations qui vient exposer son problème au docteur, et c’est primordial. On ne peut pas aller en consultation dire que je viens pour voir si je suis allergique, il faut avoir présenté les signes», a souligné le Dr Patrice Tapsoba ;  ensuite, a ajouté le médecin, il y a un certain nombre d’examens à réaliser selon le type d’allergie, car  celles-ci sont différentes les unes des autres. Toutefois, il y a des personnes à risque de développer une allergie. Ce sont des sujets atopiques. Ces personnes peuvent commencer des allergies 3 mois après leur naissance. Il s’agit essentiellement des personnes dont un ou les deux parents souffrent d’allergie, de certaines personnes immunodéprimées qui peuvent développer un certain nombre d’allergies. L’atopie se manifeste par l’asthme, les sinusites, les conjonctivites allergiques, les dermatites atopiques… Peut-on guérir d’une maladie allergique ? « Ça ne se guérit pas forcément comme un paludisme, on contrôle son allergie. On peut faire en sorte qu’on soit moins allergique. Pour cela, il faut respecter les rendez-vous et prescriptions du médecin. On peut faire en sorte d’avoir une vie confortable avec son allergie par exemple, si vous êtes allergique au nickel, vous ne devez plus être en contact avec ce métal, ça devient votre totem. C’est le seul moyen d’éviter l’allergie, il n’y a pas de vaccin contre », a rigoureusement prescrit le Dr Tapsoba avant d’ajouter que les allergies peuvent aboutir à des complications sévères. «Il y a parfois des réactions d’hypersensibilité immédiate, c’est-à-dire qu’en moins d’une heure, s’il n’y a pas de prise en charge, le patient peut mourir. C’est le cas de l’asthme allergique qui tue très vite. Il y a aussi des gens qui font des urticaires assez compliquées pouvant entraîner des problèmes respiratoires et même un arrêt cardiaque. Et ça tue très rapidement. Il en est de même pour les allergies aux médicaments qui peuvent provoquer une brûlure de 80 à 90% de la peau», a-t-il prévenu avant d’inviter, face à des manifestations allergiques, à consulter un médecin. A l’ensemble de la population le Docteur a conseillé d’éviter tout contact avec le tabac, facteur favorisant le développement des allergies aussi bien chez le fumeur que dans son entourage, et aussi à se protéger contre la pollution qui facilite la propulsion de nombreuses particules dans l’environnement.

 

 

Alima Séogo Koanda

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