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Une Lettre pour Laye : L’ENSP, Saran Sérémé et la filière béninoise

Une Lettre pour Laye : L’ENSP, Saran Sérémé et la filière béninoise

 

 

Cher Wambi,

 

Tu as sans doute entendu parler d’une liste de 146 présumés terroristes activement recherchés par les services de sécurité pour leur implication dans des attaques terroristes. On y voit leur identité, leur filiation complète, leurs date et lieu de naissance, leur numéro de CNIB ou de téléphone, les actes auxquels ils auraient participé. Sont également mentionnés des lieux et heures de réunions...

 

On imagine le précieux et patient travail de recherche et de documentation abattu par nos forces de sécurité pour recueillir toutes ces informations.

 

 

Les « 146 bouteilles » jetées à la mer dérivent à bon escient, et il faut espérer qu’il y aura des retours d’informations sur les numéros verts communiqués par le ministère de la Sécurité, car aucune guerre, surtout pas une asymétrique comme celle-là, ne peut se faire sans le renseignement et donc sans la collaboration des populations.

 

Mais à la lecture de la liste de Pingdwendé Clément Sawadogo, le ministre de la Sécurité, que « L’Observateur Paalga » a publiée jusque dans les moindres détails dans son édition d’hier jeudi 21 juin 2018, je me demande, cher cousin, ce qu’on attend pour aller les cueillir puisqu’on sait où ces hommes se réunissent, où ils dorment, comment ils se déplacent ?

 

Bien sûr, c’est plus compliqué à faire qu’à dire, car, dans le renseignement, l’information précède l’action même si en l’espèce il est vrai que le Burkina Faso seul ne pourra rien contre ces prétendus terroristes sans l’aide de partenaires internationaux comme la France et les Etats-Unis.

 

 

 

Cher Wambi, restons toujours dans ce registre pour parler d’Issouf Souabou, du nom de cet enseignant à l’école de Bouro dans la commune de Nassoumbou. Tu te rappelles qu’il a passé deux mois aux mains de ces ravisseurs, soit du 11 avril au 10 juin 2018. Les terroristes, sans qu’on sache trop pourquoi, étaient revenus, la nuit, le déposer dans la cour de son école. Et c’est le lendemain qu’il a sollicité les services d’un villageois qui l’a conduit à la Direction provinciale de l’éducation nationale à Djibo. Issouf Souabou, qui ne portait aucune trace de torture sur le corps, n’est pas arrivé les mains vides puisque, selon des sources bien informées, il était porteur d’un message des terroristes pour les autorités de notre pays : ils demandent aux gouvernants de cesser les exactions contre les Peuhls et surtout de retirer les forces de défense et de sécurité des villages et des villes de la partie nord du territoire burkinabè devenue, de fait, un sanctuaire des terroristes.

 

Ce même message, les terroristes le font passer au niveau des conseillers municipaux et des fonctionnaires de la zone.  Si dans son communiqué le ministère de la Sécurité parle davantage d’Ansaroul Islam, les terroristes sont formels dans leur message transmis par Issouf Souabou : ils se réclament plutôt de l’Etat islamique (EI). Une allégeance qui aurait été faite par le nouveau chef du groupe de terreur, Abdoul Salam Dicko, alias Djaffar, actuel leader de l’ex-Ansaroul Islam depuis la disparition de Malam Dicko.

 

Quelle suite Roch Marc Christian Kaboré et son chef d’état-major donneront à ce message qui leur a été transmis ? On ne le sait pour l’instant.

 

Sur le terrain, les terroristes semblent à présent disposés à amadouer les populations de la zone puisque les assassinats ciblés et les rapts se feraient de plus en plus rares. Selon des habitants de la région de Djibo, il y a pratiquement plus d’un mois que les terroristes n’ont pas semé la mort. Certes il y a des rapts, mais les otages sont généralement libérés après quelques jours de détention exception faite du pasteur et du catéchiste dont on est toujours sans nouvelle.

 

 

 

Pour finir, cher Wambi, comme tu le sais déjà, depuis le 18 juin, les élèves sont en train de subir les examens du primaire et du secondaire. Par contre les élèves de la région de Djibo et d’une partie du Nord en sont exemptés, pour l’instant, à cause de l’insécurité qui ne leur a pas permis de poursuivre et de boucler l’année scolaire.

 

Le gouvernement n’entend pas pour autant en faire des laissés-pour-compte. Il est prévu que ces élèves suivent 45 à 60 jours de cours au terme desquels ils subiront des examens spéciaux en début septembre. C’est sur cette solution ultime que nos gouvernants sont en train de plancher.

 

Mais en attendant, Issouf Souabou, lui, a quitté Djibo et regagné son village natal dans les environs de Dédougou dans la Boucle du Mouhoun pour se reposer et se ressourcer.

 

 

 

Cher Wambi, le Burkina Faso serait-il devenu le canard boiteux de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) en matière de respect des normes, convergences et autres décisions de justice à caractère communautaire ?

 

En tout cas, laisse-moi te rappeler que malgré la fatwa de la Cour de justice de la CEDEAO contre l’article 166 du Code électoral excluant certains acteurs politiques des élections de 2015, les autorités de la Transition sont restées de marbre. Cette inexécution de la décision du juge communautaire a même donné lieu au thème de la rentrée judiciaire 2017-2018 : « Rapports entre les juridictions communautaires africaines et les juridictions nationales ».

 

Si je te fais cette piqûre de rappel, c’est que j’ai appris quelque chose qui pourrait nuire à l’image du Pays des hommes intègres.

 

De quoi s’agit-il encore ?

 

Selon une source bien introduite, notre Ecole nationale de santé publique (ENSP) s’est permis de prendre de fâcheuses  libertés avec les textes de l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS) visant l’harmonisation de la formation des infirmiers/ères et des sages-femmes dans les 15 Etats membres de la CEDEAO.

 

En effet, cette disposition supranationale, prise en avril 2010, met fin au recrutement sur concours direct des accoucheuses auxiliaires et des infirmiers/ères brevetés.

 

Par lettre conjointe du 12 mai 2015, le ministère de la Santé et celui de l’Enseignement supérieur informaient les responsables d’école publique ou privée de formation des personnels paramédicaux et sages-femmes de la mise en application de cette décision par l’ENSP tout en invitant les écoles privées à en faire de même.

 

Mais, cher cousin, quelle ne fut pas la surprise des promoteurs privés de constater qu’une quarantaine d’élèves accoucheuses auxiliaires et infirmiers/ères brevetés, tous des Béninois, sont inscrits à l’ENSP de Fada N’Gourma et une soixantaine d’autres en première année.   

 

Suite à une plainte des responsables d’écoles privées, le ministère de la Santé aurait pris une note interdisant aux « clandestins » toute participation à l’examen dont la phase écrite s’est ouverte le 19 juin dernier après celle de la pratique qui s’est déroulée en mai. Sentant leur année compromise, les élèves béninois ont touché leur Consul à Ouaga, lequel en  a saisi le médiateur du Faso.

 

Contre toute attente, l’équipe de Saran Sérémé aurait tranché en faveur des inscrits illégaux qui ont effectivement pris part à l’examen. Leurs diplômes seront-ils pour autant validés ?

 

Tous les regards sont tournés vers les autorités de la Santé.

 

 

 

Cher Wambi, à présent, je t’invite à feuilleter avec moi le carnet secret de Tipoko l’Intrigante.

 

 

 

-L’activiste et lanceur d’alertes Naïm Touré a été déposé à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO) le 19 juin 2018 après une garde à vue qui aura duré 5 jours. Les chefs d’accusation qui pèsent sur lui sont, selon son avocat, Maître Prosper Farama : proposition de former un complot contre la sûreté de l’Etat, participation à une entreprise de démoralisation des forces de défense et de sécurité, incitation à des troubles à l’ordre public.

 

Toute cette histoire a commencé suite une réaction, un commentaire que Naïm Touré a posté au sujet d’un article de Sidwaya du 13 juin sur le sort d’un gendarme qui a failli laisser sa peau dans l’opération de neutralisation de la cellule terroriste de Rayongo.

 

Le lanceur d’alertes s’indignait de ce que ce pandore, qui avait reçu une balle à l’épaule, attendait toujours son évacuation sanitaire pour recevoir des soins appropriés un mois après cette opération de démantèlement. Il exprimait sa colère en ces termes : « je dis et je répète que le politicien de la majorité, actuel MPP, n’a rien à foutre de vos putains de vies. De nos putains de vies à nous simples civils aussi d’ailleurs. Excusez-moi le terme. » Il concluait par cette interpellation : « Tous ensemble, recadrons ces vauriens. A défaut, boutons-les hors de vos vues. Trop, c’est quand même trop. »

 

Selon la législation en vigueur, Naïm Touré risque un emprisonnement de 1 à 5 ans et une amende de 300 000 à 1 500 000 F CFA ou l’une des deux peines seulement.

 

C’est la troisième fois que ce lanceur d’alertes est interpellé à cause de ses publications. Il l’avait été en 2016 pour avoir publié des informations jugées fausses et de « nature à jeter le discrédit sur la justice ». Et en 2017, il a été attrait pour diffamation et injure publique à l’encontre d’un conseiller du président de l’Assemblée nationale.

 

Certes les publications de Naïm tombent sous le coup de la loi, mais à bien y réfléchir, on ne sait pas si on ne lui fait pas plus de publicité en  en faisant un martyr à peu de frais.

 

 

 

-Au terme de la session du conseil municipal de Gourcy tenue le lundi 18 juin 2018 dans une atmosphère délétère, la majorité des conseillers a rejeté le compte administratif de gestion du maire, Kadidja Traoré, puis vidé la salle. Un véritable coup de massue sur la tête de l’ordonnatrice du budget qui s’était retirée au moment du vote dans son bureau.  La rencontre, qui devait également examiner et adopter le budget supplémentaire 2018, s’est donc terminée en queue de poisson. 

 

Toutefois, selon les dispositions du Code général des collectivités territoriales, le maire dispose de sept jours pour programmer une nouvelle session. Au cas où elle userait de son droit, parviendra-t-elle cette fois-ci à faire passer son compte administratif ? Rien n’est moins sûr au regard de la nature des récriminations contre la présidente du conseil municipal :

 

en effet, il lui est reproché, entre autres, le non-respect des procédures dans la passation des marchés de la mairie et le double emploi dans l'exécution desdits marchés.

 

La question de la qualité douteuse des denrées de la cantine scolaire s’est auparavant invitée à la session. Le maire de la commune, le responsable chargé de la passation des marchés, le président de la commission de réception, le directeur provincial de l'éducation préscolaire, primaire et non formelle sont tous passés devant les conseillers pour s’expliquer  sur le processus de la passation du marché, les tractations qui ont entouré la réception et le retard accusé dans la livraison des denrées. En attendant les résultats de l'expertise de l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE/LC), nombreux sont ceux qui pensent que l’affaire relève d’un conflit d'intérêts puisqu’il se susurre  que la Société internationale de restauration et de commercialisation de produits alimentaires (SIRECPA-Sarl), bénéficiaire du lot 3 portant sur la commande d’huile, serait la propriété de la fille du maire derrière laquelle se cacherait la… mère. 

 

 

 

- « Gravement blessé » à la main lors des journées insurrectionnelles des 30 et 31 octobre 2014, Nacanabo Issouf dit « Rasta » sera évacué vers la Tunisie ce vendredi 22. Selon une source émanant de l’Association des blessés de l’insurrection, ce déplacement a été rendu possible grâce au HCRUN.

 

 

 

-L’ONAFAR, vous connaissez ? C’est l’Observatoire national des faits religieux (ONAFAR) créé par décret n°2015-984/PRES-TRANS/PM/MATDS/MEF du 17 août 2015. Il a tenu les 18 et 19 juin derniers sa session annuelle de l’année 2018. En rappel, il a, entre autres, pour mission de :  promouvoir, par l’information et la communication, le dialogue intra et interreligieux, la tolérance et le respect des différences ; participer au renforcement des capacités des leaders religieux et des animateurs des médias confessionnels et laïcs ; produire à l’intention des décideurs des informations statistiques, des résultats d’études relatives au domaine et des rapports annuels sur l’état des lieux des faits religieux au Burkina Faso. Mais rares sont les citoyens lambda qui savent ce que c’est ; et ce n’est pas étonnant puisqu’en dépit de ses missions et attributions, elle communique peu ou pas du tout ! Que ce soit par choix ou par ignorance, le fait de ne pas communiquer est un manquement grave aux missions et aux attributions de l’Observatoire surtout dans une situation nationale marquée par l’extrémisme violent, les prêches enflammés de bon nombre de responsables religieux, les actes d’intolérance religieuse posés çà et là par certains fidèles.

 

 

 

-Si les braves paysans de la majeure partie du pays s’inquiètent de l’installation tardive de la saison pluvieuse, un autre phénomène est sujet à débat dans la région du Centre-Nord : en effet, selon des témoignages de personnes d’un âge certain, c’est l’une des rares fois dans leur histoire qu’ils consomment le karité avant le raisin. Pour elles, c’est insolite, car, par le passé, ce n’est qu’en juillet-août que le karité est mûr, le raisin le devançant en mai-juin. Or, cette année, c’est l’inverse, ce qui suscite légitimement des interrogations. Changement climatique ou phénomène surnaturel?

 

 

 

-Dans nos villes comme dans nos campagnes, s’il est un phénomène qui prend de l’envergure, c’est bien la consommation des liqueurs frelatées. Et pratiquement rien ne peut freiner cette exposition à la mort lente mais certaine. Le comble, c’est que les pouvoirs publics, s’ils ne ferment pas simplement l’œil dessus, en sont simplement complices. Sinon, comment comprendre qu’ils soient passifs face à cette usine de produits dangereux installée au vu et au su de tout le monde dans une commune rurale du Sanmatenga et dont le promoteur en inonde le marché local sans que personne lève le petit doigt?

 

 

 

-Ce dimanche 24 juin 2018,  les filles et les  fils de la région des Banwa se retrouveront à Solenzo pour fumer le calumet de la paix sous la houlette de madame le Médiateur du Faso.

 

En rappel, un conflit intercommunautaire, vieux de plus de vingt ans, a connu un dénouement heureux le 29 mai 2018 grâce à l’intervention de Mme Saran Séré/Sérémé, Médiateur du Faso.

 

Vivement que la mayonnaise de la paix prenne afin que le bassin cotonnier du Burkina Faso renoue avec sa réputation.  

 

 

 

-Depuis toujours, le week-end à Saaba est réputé enfiévré, pour diverses raisons. Il le sera sans doute davantage cette fin de semaine. Pour la simple et bonne raison que la troisième édition de la semaine pastorale, sportive, sociale et culturelle de la Coordination des communautés chrétiennes de base (CCB) de Saabin, qui coïncide avec la fête patronale de la paroisse Saint André de la localité, ouverte le 18 juin, va connaître son apothéose ce dimanche 24. Ce sera sous le haut patronage de l’abbé Patrice Kaboré, curé de ladite  paroisse, et le parrainage de M. Raphaël Pikbougoum. Alors, si vous voulez joindre l’utile à l’agréable en vous récréant dans une ambiance de ferveur religieuse, vous savez où vous rendre ce dimanche.

 

 

 

 

 

 

 

-Ce dimanche 24 juin, la paroisse Notre-Dame des Apôtres de la Patte d’oie célébrera sa fête paroissiale sous le thème : « Avec le Christ, lumière du monde, vivons la communion entre les Coordinations, les CCB, les mouvements, associations, groupes de spiritualité et services d’église ». A cette occasion, les activités seront délocalisées au siège de la Coordination Saint Dominique Savio sis au quartier Belle-Ville selon le programme suivant :

 

-                Samedi 23 juin : finale de la coupe du curé au centre Don Bosco à partir de 15h suivie de la nuit des chorales à 20h ;

 

-                Dimanche 24 juin : célébration eucharistique à partir de 8h au centre Don Bosco suivie de la grande kermesse.

 

 

 

Tipoko l'Intrigante n'apprend rien d'elle-même, elle  n'invente jamais rien. Tipoko l'Intrigante est un non-être. Elle n'est ni bonne en elle-même, ni mauvaise en elle-même. Elle fonctionne par intuition, car "l'intuition c'est la faculté qu'a une femme d'être sûre d'une chose sans en avoir la certitude..."

 

 

 

Ainsi va  la vie.

 

Au revoir.

 

 

 

Ton cousin

 Passek Taalé

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