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Présidentielle Guinée-Bissau : Duel au sommet entre deux anciens PM

A l’évidence, José Maria Vaz n’aurait pas pu aller à l’école d’Omar Bongo Ondimba. Le défunt président du Gabon ne disait-il pas à ceux de ses homologues qui voulaient bien l’entendre qu’ici en Afrique «on n’organise pas des élections pour les perdre» ? On ne sait pas à qui il pensait en disant cela, mais ce qui est sûr, c’est que le président bissau-guinéen n’aurait certainement pas reçu ses félicitations, lui qui a réussi le tour de force de mordre la poussière dès le premier tour de la présidentielle du 24 novembre où il est arrivé quatrième sur douze candidats avec 12,41% des suffrages. Il faut dire qu’il était parvenu à se mettre presque tout le monde à dos, non seulement une bonne partie de ses compatriotes, mais aussi la CEDEAO et la communauté internationale quand il a limogé son Premier ministre Aristides Gomes, allant ainsi à l’encontre de l’accord politique qui avait été conclu sous l’égide de l’organisation régionale.

Finalement, ce  sont deux anciens Premiers ministres qui s’affronteront à la finale du 29 décembre prochain : selon les résultats provisoires rendus publics hier par la commission électorale, Domingos S. Pereira, candidat du PAIGC, a en effet obtenu 40,13% des voix contre 27,65% à Umaro Sissoco Embalo du MADEM, le premier parti d’opposition parlementaire né d’une dissidence du PAIGC.

DSP, comme on le surnomme, est donc en pole position à cette présidentielle, même s’il aurait tort de penser que l’affaire est dans le sac. C’est en effet une autre compétition qui commence avec, dans le rôle de faiseur de roi, Nuno Nabiam, candidat du PRS/APU, arrivé troisième avec 13,16% des suffrages exprimés, suffisamment pour faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Et depuis hier, il doit être l’homme politique le plus courtisé de Guinée-Bissau. Les résultats provisoires à peine sortis, les tractations ont en effet commencé pour un mercato électoral qui prendra un bon mois. Difficile alors de dire qui aura la faveur finale des électeurs, lesquels, au premier tour, n’ont pas marchandé leur mobilisation (73% de participation). Un taux à la hauteur des espérances des Bissau-Guinéens, qui veulent en finir avec l’instabilité chronique de leur pays balloté depuis des décennies entre coups d’Etat ou tentatives plus ou moins avérées, mutineries, assassinats politiques sur fond de narcotrafic.

Il faut souhaiter que dans ce pays où la Grande Muette a toujours dicté le tempo, les différends, s’il y en a, soient résolus dans le cadre de la loi pour qu’enfin après le 29 décembre, et pour la première fois dans l’histoire de la Guinée- Bissau indépendante, un président démocratiquement élu puisse passer le témoin à son successeur dans la plus pure tradition républicaine.

 

H. Marie Ouédraogo

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