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Tambouille électorale au Bénin : Talon-La-Bagarre n’en a cure

 

Il va sans dire que le président béninois, Patrice Talon, aime la bagarre. Peut-être même qu’il l’a dans les gênes, lui qui bien avant d’accéder à la magistrature suprême a longtemps croisé le fer avec son ami d’alors devenu président, Yayi Boni, et dont il avait pourtant généreusement financé la campagne avant de se brouiller sérieusement avec lui, avec pour seule échappatoire l’exil pour l’homme d’affaires de l’époque. Et depuis que Patrice Talon a pris le pouvoir en avril 2016, la tambouille a été la chose la mieux partagée, politiquement parlant.  Si bien qu’on peine à reconnaître le Bénin, ce pays qui croulait sous les dénominations positives amplement méritées : quartier latin de l’Afrique,  berceau des conférences nationales souveraines, chantre de la démocratie.

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Sortie de Laurence Ilboudo/Marchal : La vérité pian !

 

Laurence Marchal a encore frappé. Et fort de café comme à son habitude. C’était le 29 mars, à l’occasion de l’accueil à l’immeuble Baonghin de 22 personnes, dont 19 mineurs présumés victimes de traite. La question d’un journaliste sur la responsabilité de l’Etat face à l’exploitation des enfants a fait en effet sortir de ses gongs notre ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de l'Action humanitaire. Extrait : « Permettez-moi d’être honnête.

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France/ Libye: Le pétrole vaut bien un mea culpa présidentiel

« Nous avons une dette à l’égard de la Libye et des Libyens ». C’est ce que le président français, Emmanuel Macron, a affirmé mardi dernier à l’issue d’une audience accordée au président du Conseil présidentiel libyen, Mohammed el-Menfi. En disant cela, le locataire de l’Elysée reconnaît la responsabilité de l’Hexagone dans le chaos qui s’est installé dans le pays après l’intervention occidentale et particulièrement française qui, en 2011, avait débouché sur l’assassinat du colonel Kadhafi. Au nom du « respect des droits de l’homme », Nicolas Sarkozy avait alors sauté pieds joints dans le conflit interlibyen, même si tout semble indiquer qu’il avait des raisons personnelles d’en vouloir au Guide, après lui avoir goulûment léché la main.

Une décennie plus tard, le pays est toujours un grand bazar où sévissent une multitude de milices et de groupes armés. Une instabilité qui a du reste franchi les frontières pour submerger la bande sahélo-saharienne qui, du fait de l’explosion de l’Etat libyen, se trouve désormais en proie à une insécurité endémique.

En fait, ce n’est pas la première fois que Jupiter reconnaît une certaine responsabilité française dans l’imbroglio libyen : déjà à Alger en 2017, pendant une conférence de presse donnée quelques mois après son élection, il reconnaissait que « l’intervention occidentale en Libye était une erreur ». Confession similaire en 2018, cette fois à Tunis où il avait qualifié ladite opération militaire de « grave erreur ».

L’acte de contrition présidentiel n’est donc pas nouveau en soi. Fait notable cependant, il intervient au moment où, après 10 ans de confrontations armées entre le gouvernement d’union nationale de Fayez el-Sarraj et les troupes du maréchal Haftar, l’homme fort de l’est libyen, une transition pacifique est en train de se mettre en place avec un gouvernement unifié qui a obtenu le 10 mars dernier la confiance du Parlement. Un nouvel exécutif bien décidé à remplir sa mission principale qui demeure l’organisation d’élections d’ici le 24 décembre 2021. C’est d’ailleurs cette embellie politique qui a décidé Paris à rouvrir à Tripoli son ambassade fermée depuis 2014.

On peut néanmoins se demander si c’est par simple bienveillance qu’Emmanuel Macron promet un soutien complet aux nouvelles autorités, lui qui dans un passé encore récent jouait un jeu trouble en soutenant, en toute discrétion bien sûr, l’ambitieux maréchal.

En vérité, en se rapprochant des nouvelles autorités de Tripoli, Paris pousse ses propres pions sur l’échiquier d’une Libye en cours de reconstruction dans l’espoir d’y jouer les premiers rôles particulièrement pour les nombreux marchés qui se profilent à l’horizon. C’est donc une guerre à fleuret moucheté qui se joue entre Français, Italiens, Russes et Turcs. Alors les immenses réserves libyennes d’or noir valent bien un mea culpa présidentiel.

H. Marie Ouédraogo

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Hommages Hamed Bakayoko: Dernier show pour un ambianceur devant l’Eternel

Il y a quelque 18 mois, c’est lui qui était le véritable chef d’orchestre de l’hommage populaire et artistique à DJ Arafat, mort dans un accident de la circulation le 12 août 2019. Ce jour- là, au stade Félix-Houphouët-Boigny, Hambak avait fait le show « jusqu’à matin » comme on dit, avec une impressionnante brochette d’artistes musiciens ivoiriens et étrangers comme Fally Ipupa, Dadju, Davido, Serge Beynaud, Sidiki Diabaté, Magic système et bien d’autres. Hier, c’est à peu de choses près le même plateau artistique qui s’est retrouvé au stade Ebimpé d’Anyama avec comme vedette funéraire Hamed Bakayoko. Décédé le 10 mars 2021 à Fribourg en Allemagne des suites d’un cancer foudroyant, le chef du gouvernement et ministre de la Défense ivoirien a en effet reçu les hommages posthumes de la communauté artistique dont il était si proche. Grand mélomane et ambianceur devant l’Eternel, le maire d’Abobo était réputé être un ami des arts et particulièrement de la musique. Un grand homme qui avait le cœur sur la main, façonnant bien des destins musicaux en Côte d’Ivoire comme ailleurs.

C’est ce grand mécène que les artistes pleurent aujourd’hui. Ces orphelins ont chanté et dansé toute la nuit, des trémolos sincères dans la voix, loin des apparences officielles et des larmes de crocodile du landernau politique, même si, fait rarissime pour être noté, Hambak savait se départir des clivages partisans pour tendre la main et discuter avec tout le monde, à commencer par Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié et même Guillaume Soro. Un véritable exploit dans cette Côte d’Ivoire en perpétuelle crise depuis un quart de siècle. Il sera d’ailleurs parti sans être parvenu à aller jusqu’au bout de l’œuvre de réconciliation qu’il avait entreprise.

C’est aussi ce côté rassembleur que l’hommage national a mis en exergue hier dans la matinée à la présidence de la république en présence d’Alassane Ouattara et de certains de ses homologues de la sous-région tels que Roch Marc Christian Kaboré du Burkina, Nana Akufo-Addo du Ghana et Umaro Sissoco Embalo de la Guinée-Bissau. On pouvait lire toute la détresse du maître des lieux qui, sept mois après la mort d’Amadou Gon Coulibaly, a remis le drapeau ivoirien à la veuve de son Premier ministre, comme s’il était poursuivi par une incroyable poisse.

En attendant son inhumation ce vendredi à Séguéla dans la stricte intimité familiale, l’illustre disparu a été élevé au rang de Grand-Croix de l’ordre national, la plus haute distinction de Côte d’Ivoire.

 

H. Marie Ouédraogo

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Décès Hamed Bakayoko: Triste loi des séries sur les bords de la lagune Ebrié

Hamed Bakayoko est donc mort le 10 mars 2021,  à 56 ans, âge qu’il venait d’avoir le 8 mars, foudroyé, selon le message officiel du président Ouattara, par un cancer. Une disparition aussi brutale que son ascesion fulgurante.

Il faut dire que les rumeurs les plus catastrophistes sur son état de santé circulaient depuis un certain temps, depuis notamment son évacuation à hôpital américain de Paris le 18 février 2021 et encore davantage après son transfert le week-end dernier de l’Hexagone vers l’Allemagne voisine.

La nomination de Patrick Achi comme Premier ministre intérimaire et de Téné Birahima Ouattara, dit «Photocopie», à la Défense avait eu, pour beaucoup, valeur de confirmation de la gravité du mal qui   frappait «Hambak», comme on l’appelait.

«Il faut croire que ce n’est pas demain qu’il va retrouver son fauteuil premier-ministériel...», avions-nous d’ailleurs écrit dans notre édito d’hier. On ne pensait pas si bien dire.

Celui qui vient d’être emporté par la Faucheuse était l’un des plus proches et des plus fidèles «ADO’boys» dont la carrière politique et le statut social ont vraiment pris l’ascenseur avec l’accession au pouvoir d’Alassane Ouattara.

Il sera en effet tour à tour ministre des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication dans le gouvernement d’union nationale sous Laurent Gbagbo,  ministre de l’Intérieur de 2011 à 2017 puis titulaire du maroquin de la Défense jusqu’à être bombardé chef du gouvernement par intérim après l’évacuation en France de son prédécesseur Amadou Gon Coulibay. Il sera confirmé à ce poste après le décès d’AGC le 8 juillet 2020.

Certains voyaient même ce bon vivant, parrain de plusieurs artistes ivoiriens et africains, être le candidat du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) à la présidentielle d’octobre 2020, jusqu’à ce que le locataire de la résidence présidentielle de Cocody décide de remplacer au pied levé son «fils» Amadou Gon.

«Mon fils», c’est exactement les  mots que le chef de l’Etat a employés hier dans un message, lu à la télévision nationale et publié sur les réseaux sociaux, pour rendre hommage au défunt PM, qui venait d’être élu député de Séguéla depuis son lit d’hôpital, en plus de son poste de maire de la commune d’Abobo.

Triste loi des séries donc pour un pays et un président qui, en l’espace de 7 mois, enterrent 2 chefs du gouvernement. Chose suffisamment rare dans les annales politiques africaines et mêmes mondiales. Pour un peu, on croirait voir Cronos, dieu de la mythologie grecque, dévorant ses enfants au fur et à mesure qu’il les engendrait. Et on imagine que ça doit être terrible pour «le vieux», qui à 79 ans semble poursuivi par une certaine malédiction.

A ce rythme d’ailleurs, il faut craindre qu’il  ait désormais du mal à se trouver un nouveau Premier ministre, surtout que le fauteuil semble miné. Et dans cette Afrique où on ne décède pas de mort naturelle, ils sont nombreux qui veulent croire, malgré les explications officielles, qu’«Hambak» a été victime d’un empoisonnement.

 

Hugues Richard Sama

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Condamnation de Nicolas Sarkozy : Une petite larme m’a trahi

 

La justice française n’a pas peur de Dieu. Ils ont donc osé condamner l’ancien président français à trois ans de prison  dont… un an ferme ! C’est à faire pleurer la Joconde. C’est historique, même si, rappelons-le, ce n’est pas la première fois qu’un retraité de la magistrature suprême française s’emmêle les pinceaux dans les ourlets des robes noires de magistrats et est même condamné. Rappelez-vous qu’en 2011, Jacques Chirac a été reconnu coupable de détournement et d’abus de confiance et  condamné à deux ans de prison avec sursis.  Pour le cas Sarkozy, il s’agit de corruption.

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Opposition tchadienne : La candidature unique et le choc des ambitions

 

C’est rare dans les agendas politiques pour ne pas être souligné : ce mardi 9 février, 16 partis d’opposition tchadiens ont désigné un candidat unique à la présidentielle du 11 avril prochain, et leur choix s’est porté sur Me Théophile Bongoro, notaire de son état, pour porter les couleurs de l’«Alliance victoire» avec eux.

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Joe Biden et l’Afrique: Le fond va-t-il changer autant que la forme ?

C’est désormais officiel. Depuis hier à midi, heure de Washington, Joe Biden a prêté serment au Capitole. Le même sanctuaire de la démocratie américaine profané le 6 janvier dernier par des hordes sauvages chauffées à blanc par un président sortant qui, jusqu’au bout de son mandat, aura nié son échec. Trump persiste et signe, même dans la lettre qu’on imagine comminatoire laissée à son successeur. Et à peine avait-il atterri dans sa résidence de Mara Lago en Floride que le milliardaire promettait de revenir de quelque manière que ce soit.

En attendant, c’est une bonne partie de la planète qui pousse un « ouf ! » de soulagement depuis hier. Rarement en effet, le multilatéralisme aura été autant malmené que ces quatre dernières années par le bouledogue de la Maison-Blanche qui a accentué la fracture entre Américains. Pas étonnant donc que dans son discours d’investiture, le 46e président des Etats-Unis ait prêché le rassemblement, l’union des fils et filles de la nation malgré leurs différences, car la politique ne saurait être cette guerre sans merci à laquelle on a assisté ces dernières semaines.

C’est donc sous le signe de la rupture que le mandat du nouveau président commence. Rupture mais aussi respect dans les relations avec les autres Etats, notamment africains, que l’ancien chef de l’exécutif américain aura royalement ignorés et même méprisés par moments. Un vent nouveau, forcément plus chaleureux devrait donc souffler sur les relations américano- africaines, si l’on en croit les ambitions affichées par Joe Biden.

Pour autant, s’il est normal que les Africains s’intéressent de près à ce qui se passe dans la première puissance mondiale, on se désole toujours de voir cette fébrilité qui s’empare d’eux tous les quatre ans. Les présidents républicains et démocrates se succèdent sans pour autant que les relations entre Washington et le continent changent fondamentalement, l’Oncle Sam ayant une seule et unique boussole, ses intérêts économiques et géostratégiques. Autant dire qu’excepté le changement de style, il ne faut pas attendre des miracles de la nouvelle administration, ni sur le renforcement de la démocratie en Afrique ni sur l’aide au développement et peut-être pas davantage sur la lutte contre le terrorisme. Pourtant, les pays membres du G5 Sahel en attendent beaucoup, eux qui depuis de longues années se désolent de ne pas voir les boys s’investir ou leur pays apporter le soutien matériel et diplomatique (notamment à l’ONU) dont ils ont cruellement besoin pour venir à bout du terrorisme. Certes, le nouveau président a fait des annonces qui vont dans la bonne direction. Mais on ne le sait que trop, promesse de grand n’est pas héritage, surtout aux Etats-Unis où le président partage les leviers du pouvoir avec le tout-puissant Congrès. A moins que le nouveau locataire du 1600 Pensylvania Avenue ne nous réserve une divine surprise, lui qui promet déjà un sommet USA/ Afrique comparable à celui auquel il a pris part en 2014 aux côtés de son devancier démocrate. Alors « wait and see ».

 

H. Marie Ouédraogo

 

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Assemblée nationale : Heureux comme un suppléant de ministre

 

Jusqu’à la dernière minute, j’ai espéré. Ardemment espéré qu’on me contacterait, si bien que je me suis procuré un Power-bank de dernière génération, un plan B pour éviter la fatale excuse du fameux « Ton portable était éteint ou quoi ? » à ceux qui devraient bien prendre langue avec moi et me proposer un maroquin ministériel.

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