Situation des prisons africaines : Porte ouverte aux «délits autorisés»
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Les surveillants de la maison d’arrêt de Bamako ont fait grève le lundi 7 juillet dernier ; un mouvement d’humeur qui intervient trois semaines après l’évasion spectaculaire d’une vingtaine de détenus dont Mohamed Ali Ag Wassouden, ce jeune Touareg de 25 ans, auteur présumé de l’enlèvement en 2011 de deux ressortissants français à Hombori dans le nord du Mali, qui a échafaudé le scénario de l’évasion, digne de la série américaine Prison Break.

Il y a maintenant une date : le 16 juillet. Et un lieu : Alger. Ainsi en ont décidé les différents protagonistes de la crise malienne, qui ont choisi la capitale algérienne pour parler de paix entre le Mali et les factions touaregs. Il aura déjà fallu des tractations préliminaires pour s’entendre sur le pays ou la ville qui doit abriter ces négociations.
Quoi ? Une armée mise en déroute par les éléments d’une organisation terroriste, obligeant une bonne partie des forces loyalistes à traverser la frontière pour se réfugier dans un autre pays ? C’est à ce spectacle digne d’un film de série B que l’on a assisté, dimanche dernier au nord-est du Nigeria, à côté de la frontière camerounaise. En effet, tout un bataillon de l'armée nigériane (près de 500 hommes) ont été contraints à la fuite vers le Cameroun avec armes et véhicules blindés. Humiliation suprême, les soldats fugitifs ont été proprement refoulés et invités à retourner d’où ils sont venus.
C'est décidément devenu un rituel macabre au Nigeria : chaque fête chrétienne y entraîne inévitablement son lot de suppliciés ; déjà à Noël 2011, il y avait eu une série d'attaques des églises dont la plus meurtrière a eu lieu à Abuja et fait 44 morts. Autant dire que la tradition a été de nouveau respectée dans ce Nigeria où l'intolérance prospère.
L’événement, ces derniers jours dans notre pays, c’est sans nul doute l’éviction du gouvernement du ministre de La Justice, de la Promotion des droits humains et garde des Sceaux, Jérôme Traoré (lire aussi page 5). Et comme c’est souvent le cas dans les remaniements ad hominem, Blaise Compaoré et Luc Adolphe Tiao, les deux têtes de l’Exécutif, en ont profité pour opérer des réglages, si ce n’est régler d’autres affaires.