Une lettre pour Laye : Les poulets réclament la tête du coq de la basse-cour
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Cher Wambi,
Le dossier Ousmane Guiro, du nom de l’ancien directeur général des Douanes, aujourd’hui à la retraite, refait surface dans le sous-sol de la Trésorerie régionale du Centre où sont entreposées les cantines d’argent et d’effets d’habillement qui lui appartiennent.
Cher Wambi,
Alors qu’on s’achemine tout doucement vers les vacances judiciaires, le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) s’active à pourvoir les postes vacants pour fait de départ à la retraite ou d’affectation. Dans ma missive du 26 avril dernier, je t’informais du départ à la retraite du premier président de la Cour de cassation, Thérèse Traoré. Je t’indiquais également qu’outre son poste, il y avait des strapontins à pourvoir dans les hautes juridictions (avocat général, premier commissaire du gouvernement, conseillers) mais également au niveau du tribunal de grande instance de Ouagadougou où le procureur du Faso, Maïza Sérémé, a demandé à quitter son poste pour aller à la Cour d’appel de Ouagadougou.
Cher Wambi,
Dans ma Lettre de la semaine dernière, je te disais que Djibrill Bassolet était rentré le 5 mai 2019 de son séjour médical en Tunisie où il avait été évacué deux mois plus tôt. Je t’informais également que le premier général de gendarmerie de notre pays, poursuivi devant le tribunal militaire pour son implication présumée dans le putsch manqué de septembre 2015, devait repartir le week-end passé, cette fois-ci en Turquie pour poursuivre ses soins. Cela, sur la demande express du président Recep Tayyip Erdogan qui en aurait fait la demande auprès des autorités burkinabè pour des raisons humanitaires. Eh ! bien, cher cousin, suite à cet élément, j’ai reçu un droit de réponse de l’ambassadeur de Turquie au Burkina que je te propose.
Cher Wambi,
Dans ma dernière missive, je t’annonçais que Thérèse Traoré, la présidente du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) et premier président de la Cour de cassation, partait officiellement à la retraite le 28 avril 2019 après une quarantaine d’années de service dans le corps de la magistrature. Je précisais dans la foulée qu’elle est la deuxième femme à coiffer une haute juridiction après Haridiata Dakouré, premier président du Conseil d’Etat, mais la première femme à diriger la plus haute juridiction de l’ordre judicaire dans l’histoire du Burkina Faso.
C’est à ce propos que j’ai reçu une lettre de correction signée par B. Cecile F. Kaboré/Caboret que je te propose ci-dessous.
Cher Wambi, depuis le mois de décembre 2018 qui a vu l’adoption de la loi de finances qui plafonne la prime de rendement (fonds commun) à 25% du salaire du bénéficiaire, les agents du ministère des Finances ont décidé de lever le pied de la pédale en faisant tourner au ralenti les services de la recette. Comme ils le disaient eux-mêmes, ils travaillent désormais à 25%. Cette situation a eu des conséquences néfastes sur la mobilisation des ressources intérieures. Et la situation perdurait jusqu’au mercredi 24 avril 2019, date à laquelle la coordination des syndicats du ministère des Finances a commencé à inviter les agents à reprendre pleinement le service car un accord aurait été trouvé la veille avec le gouvernement.
Cher Wambi,
C’est suffisamment rare pour ne pas faire l’événement : le chef d’état-major général des armées donne une conférence de presse ce matin même au 34e régiment interarmes de Fada. Autant dire sur le théâtre des opérations puisque, comme tu le sais, les forces de défense et de sécurité mènent dans la partie est du pays, infestée par la vermine terroriste une importante opération dénommée « Otapuanu », c’est-à-dire foudre en français.
Cher Wambi,
J’ai vraiment le moral aux talons et je ne sais plus quoi dire sur ce qui arrive ces derniers temps à notre chère patrie. C’est à croire que tel un marionnettiste, le Malin, c’est-à-dire le diable, était aux commandes des ficelles de notre nation. Tant, de mémoire de Burkinabè, jamais la cohésion nationale n’avait été autant malmenée que ces jours-ci. Alors que depuis quatre ans nous sommes dans l’œil du cyclone sans savoir quand on en sortira, voilà que le tissu social se défait gravement par endroits.
Cher Wambi,
Je savais que du haut de leur toute-puissance, les Américains avaient peu d’égard pour nous, surtout depuis que leur président, Donald Trump, a traité les Etats africains et assimilés de « pays de merde », mais j’ignorais que c’était à ce point.
Avec d’autres confrères, le directeur des rédactions de L’Observateur paalga, le journal de ton oncle Nakibeugo devait en effet faire partie d’une délégation conduite par le ministre des Affaires étrangères pour une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU sur le G5 Sahel, rencontre qui s’est tenue hier jeudi à New York. Mais faute de visa, il n’a finalement pas pu s’y rendre.
En fait, cher cousin, plus que le refus du précieux sauf-conduit, de ce qu’il m’a raconté, c’est la manière qui l’a surtout heurté. Car dans le principe, un peu comme chez soi on est libre de recevoir qui on veut, l’Oncle Sam est libre d’accepter sur son sol qui il veut sans avoir à s’expliquer. C’est son droit. Mais là où le bât a blessé ici, c’est, je le répète, la manière.
Cher Wambi,
Plus que jamais, depuis le 15 septembre 2016, avec la sanglante attaque sur l’avenue Kwame Nkrumah, la lutte contre le terrorisme est devenue une préoccupation quotidienne au Burkina Faso. Après s’être sanctuarisée dans le nord du pays, notamment dans la province du Soum, l’hydre terroriste a étendu ses tentacules dans l’Est et parvient même à mener des razzias, çà et là, dans le reste du pays.