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Double attaque du 2 mars : Faure et Issoufou sèchent les larmes de Roch

Visiblement, Roch Marc Christian Kaboré fait le point de la situation à ses hôtes Visiblement, Roch Marc Christian Kaboré fait le point de la situation à ses hôtes

Au nom du G5 Sahel, le président nigérien, Mahamadou Issoufou, et son homologue togolais, Faure Gnassingbé, agissant au nom de la CEDEAO dont il est le président en exercice, sont venus témoigner, hier 5 mars 2018, la solidarité de leurs institutions respectives au peuple burkinabè. Après un tour sur les lieux du crime, à l'ambassade de France et à l'état-major général des armées, ils sont repartis en promettant de mutualiser les efforts contre ce fléau du terrorisme.

 

Le Boeing présidentiel de Mahamadou Issoufou a atterri à l'aéroport international de Ouagadougou sur le coup de 10 heures le lundi 5 mars 2018. Sobrement accueilli par le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, en présence de quelques ministres et présidents d'institution, le numéro 1 nigérien est allé saluer la dizaine de ses compatriotes qui tenaient le drapeau de leur pays.

Quelque 15 minutes après, ce fut le tour du président de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), Faure Gnassingbé, de fouler le sol burkinabè. Même accueil officiel, mais avec une plus grande mobilisation de la communauté togolaise vivant au Burkina. En tee-shirts à l'effigie du premier des Togolais, ceux-ci portaient des casquettes sur lesquelles on pouvait bien lire UNIR, le parti au pouvoir.

Après les salutations d'usage, le président du Faso et ses hôtes se sont retrouvés à Kosyam, où ils se sont entretenus loin des regards de la presse avant d'aller se recueillir sur les deux sites attaqués. Mobilisés comme d'habitude, les journalistes ont eu accès au périmètre de sécurité à l'état-major général des armées. Attendant les autorités  pour la couverture de la visite, le procureur militaire, Alioun Zanré, exigera notre départ immédiat de là, soulignant que c'est un lieu du crime dont l'accès est subordonné à une autorisation des autorités judiciaires.

Un argument qui n'a pas convaincu les hommes et femmes de médias. Un confrère français lancera à un responsable de la sécurité : « Dites aux enquêteurs que le Premier ministre et sa forte délégation ont violé les lieux du crime. » Et un autre de renchérir : « Ce matin même, beaucoup de citoyens sont venus ici récupérer qui son véhicule, qui son engin, donc ce lieu a été violé non seulement par les journalistes, qui font leur travail, mais aussi par des autorités politiques et administratives ainsi que de nombreux citoyens ». Pour éviter tout accrochage, les communicateurs rangent caméras et autres appareils de prise de vues et de sons et se rendent à l'aéroport où ils sont rejoints après par les autorités.

Le président en exercice de la CEDEAO, Faure Gnassingbé, a été le premier à prendre la parole pour nous traduire la solidarité des peuples de la communauté à l’occasion du "malheur" qui a frappé ce pays voisin et frère. Il a présenté ces condoléances au président du Faso, au peuple burkinabè et particulièrement aux familles des victimes.

« Nous condamnons vigoureusement et fermement  ces actes ignobles », a dit Faure Gnassingbé tout en appelant à la mutualisation des efforts contre l’hydre terroriste. Mahamadou Issoufou a fait remarquer que ses collègues du G5 Sahel ont tous été choqués par cette attaque contre un pays membre et la France qui est un allié dans la lutte contre cette terreur.

La cruauté et les valeurs obsolètes indéfendables des terroristes sont les germes de leur autodestruction. Roch Marc a, pour sa part, réaffirmé que notre pays resterait debout pour venir à bout de cette terreur : « C'est une lutte de longue haleine et aucun prix ne sera de trop pour défendre notre liberté », a-t-il conclu.

 

Abdou Karim Sawadogo

Dernière modification lemardi, 06 mars 2018 22:15

Commentaires   

0 #1 Megd 06-03-2018 10:10
Je l’ai mainte fois écrit et dénoncé que notre hiérarchie militaire n’a pas su s’adapter à la nouvelle donne sécuritaire. Notre dispositif sécuritaire est resté le même que celui depuis les indépendances.

D’abord, le mode de recrutement de nos soldats doit changer. On recrute toujours des soldats qui n’ont aucune notion d’alphabétisme. C’est toujours le "8 kil" qui est de mise.

Ensuite, le fonctionnement de nos garnisons, commissariats et brigades doit changer. Les forces de sécurité doivent toujours être en état d’alerte. C’est fini cette façon de dire que je vais au boulot sans une préparation mentale.

Comment peut-on franchir tranquillement tout un état-major?

Pourquoi ne pas placer des chicanes?

Faites le trajet Ouaga-Bobo, vous trouverez des contrôles, mais c’est généralement les transports en commun qui sont bien fouillés au détriment des véhicules privés. De plus, il n’y a pas de chicane aux différents postes fixes. Aucun détecteur de métaux non plus.

Tant que nous n’adapterons notre politique sécuritaire, nous serons toujours attaqués.

Auguste Barry a préparé un rapport qui faisait un diagnostic sans complaisance sur l’état sécuritaire de notre armée. On l’a attrapé enfermer sous le motif de subversion.

Eh bien, voilà ce qui arrive quand dans ce pays, on politise l’armée et que nos chefs militaires n’ont plus cette capacité de réfléchir car ils sont tous devenus des affairistes.

Ce président est-il vraiment à la hauteur de sa charge?
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