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Scrutins couplés du 22 novembre dernier : Le REN-LAC recense 439 pratiques de corruption

Scrutins couplés du 22 novembre dernier : Le REN-LAC recense 439 pratiques de corruption

 

Au cours d’un déjeuner de presse qu’il a organisé le 11 février 2021 au Centre national de presse Norbert Zongo, à Ouagadougou, le Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC) a livré aux journalistes les résultats auxquels il est parvenu à l’issue de l’observation des élections couplées du 22 novembre 2020. Leurs 45 observateurs répartis dans les 13 régions du pays, qui ont pris en compte des faits qui se sont déroulés avant et pendant ce double scrutin sur une période de trois mois, ont recensé 439 cas de fraude et de corruption électorales.

 

 

 

 

« Oui à la démocratie » ! « Non à la ploutocratie » ! Tels sont les slogans que les membres du Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC) scandaient ; eux qui sont convaincus que l’argent a joué un rôle déterminant dans l’issue des élections couplées, présidentielle et législatives, du 22 novembre 2020. Cette certitude, ils la tiennent des données recueillies par la quarantaine d’observateurs déployés dans les 13 régions du pays. Ces derniers y ont été avant et pendant les joutes électorales avec pour mission d’observer les pratiques constitutives de corruption et de fraudes électorales ; lesquelles s’entendent comme « des pratiques ou manœuvres illégitimes dans le processus électoral qui pourraient entacher la sincérité des votes ». Cette notion renvoie, entre autres, à l’achat des consciences, à la manipulation des listes électorales, à l’utilisation des biens publics à des fins de campagne et au détournement des votes. Selon Issouf Paré, secrétaire chargé des études et des enquêtes, en plus de l’observation directe, les observateurs ont également récolté des témoignages de corruption auprès des populations. « Si nous mettons ensemble ces deux aspects, il ressort globalement qu’il y a eu 439 pratiques de corruption électorale recensées par nos observateurs, soit 314 observations directes et 125 cas de témoignages. La distribution d’argent aux potentiels électeurs vient en tête avec 43%, suivie de la distribution de carburant (16%), de la distribution de tee-shirts avec ou sans effigie d’un parti (14%), et l’utilisation des biens de l’Etat à des fins de campagne électorale (5%) », a énuméré Issouf Paré, présentateur dudit rapport. Et d’ajouter que d’autres actes de corruption comme les cadeaux offerts aux leaders d’opinion, le transfert et le transport des électeurs afin qu’ils s’inscrivent sur la liste électorale ou votent, voire l’intimidation des électeurs, ferment la marche avec 8%.     

 

 

 

Les partis politiques impliqués

 

 

 

Le présentateur a aussi fait cas des partis politiques les plus impliqués dans ces pratiques de corruption électorale en citant le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) comme celui qui tient la palme avec 46,9%. Viennent dans la foulée le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) 10,3% ; l’Union pour le progrès et le changement (UPC) 7,3% ; le Rassemblement patriotique pour l’intégrité (RPI) 5,5% ; Agir ensemble 5,5% et le Nouveau Temps pour la démocratie (NTD) 3,2%. « Pour ce qui est des témoignages, le 18 novembre 2020, c’est par groupes de 10 que les gens, majoritairement des femmes, accèdent à la cour de Jean Claude Bouda, ex-ministre de la Défense. Après les échanges sur la consigne de vote en faveur du MPP, chaque groupe repart avec 20 000 francs CFA », a indiqué Issouf Paré (voir morceaux choisis en encadré). Entre autres recommandations, les acteurs politiques ont été invités à adopter un comportement responsable, notamment en bannissant les actes proscrits et les ruses pour contourner la loi. Le REN-LAC a par ailleurs suggéré à la Justice de mettre en place un dispositif pour poursuivre et réprimer la corruption électorale avec promptitude dans toutes les juridictions et de déployer une police des élections au moment de la précampagne et des campagnes pour constater les cas de corruption. Produit 80 jours après les élections en question, ce rapport, selon le secrétaire exécutif du Réseau, Sagado Nacanabo, n’a pas pour ambition d’avoir un impact sur les résultats déjà proclamés ni de les crédibiliser. « Notre seule ambition, c’est de faire en sorte que les leçons tirées de ces scrutins contribuent à l’amélioration du processus électoral et à aider tous les Burkinabè intéressés par la consolidation de la démocratie », a-t-il signifié.    

 

 

 

Aboubacar Dermé

 

 

 

 

 

Encadré :

 

 

Morceaux choisis

 

 

 

·               Le matin du 19 novembre dans le village de Tamissi, à 3 km de Ziniaré, les responsables du RPI ont remis 20 sacs d’engrais aux jardiniers et 5 000 francs CFA aux vieux du village.

 

·               Le 12 novembre à Ouahigouya, des tee-shirts à l’effigie de Zéphirin Diabré ont été distribués à des jeunes de différents secteurs pour accueillir le candidat et participer au meeting.

 

·               Le 13 novembre à l’école C de Ziniaré, des responsables de campagne du CDP y ont organisé un mini-meeting où ils ont donné 50 000 francs CFA aux participants.

 

·      Le 8 novembre, le NTD a procédé à la distribution de 200 000 francs CFA à chaque secteur après une rencontre avec eux. Le parti a aussi déboursé un million de francs CFA pour acheter du thé qu’il a distribué aux gens et dans les grins de thé.

 

 

 

Source : Rapport d’observation du REN-LAC

 

Dernière modification lemercredi, 17 février 2021 19:47

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