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Politique (648)

Retour des exilés : La dernière volonté d'Assimi Kouanda

Rapatrié à Ouagadougou le 8 juin 2021 par Air Côte d’Ivoire, Assimi Kouanda a été enterré le vendredi 11 juin dernier dans son domicile à Zogona. Celui qui fut secrétaire exécutif du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), enseignant  à l’université de Ouagadougou, islamologue, a reçu les hommages de ses camarades politiques, de ses pairs et de la communauté musulmane. Il est ressorti des témoignages que le disparu avait à cœur le retour des exilés politiques au pays.
 
Pour le rang qu’il a occupé au sein du CDP, l’ancien parti au pouvoir, dès que la dépouille d’Assimi Kouanda a quitté la morgue, le cap a été mis sur le siège du parti de l’épi et de la daba sur l’avenue Kwamé N’Krumah. Vêtus de blanc, ses camarades politiques l’y attendaient. Sous le coup de 8h-30 quand le corps du Secrétaire exécutif national (SEN) a franchi la cour, tout le monde s’est mis debout comme un seul homme pour l’accueillir.
Le président du CDP, Eddie Komboigo, étant en mission hors du pays, c’est le vice-président, Achille Tapsoba, qui a prononcé le mot d’hommage au «camarade SEN », c’est comme ça que l’appelaient affectueusement ses camarades politiques. D’emblée, le porte-parole du parti n’a pas caché son regret de perdre un compagnon de grandes luttes par ces termes : « Nous avions souhaité que tu reviennes travailler aux côtés de tes camarades du CDP  pour la reconquête du pouvoir d’Etat par les urnes et réinstaurer la paix, la sécurité, le bonheur et le développement au Burkina Faso. Hélas ! Contre toute attente, le maître de la vie en a décidé autrement mettant ainsi brutalement fin à cet agenda commun ».
Faisant allusion aux évènements des 30 et 31 octobre 2014, le vice-président a rappelé à la mémoire collective, qu’en l’espace de quelques dizaines de minutes  des gens ont détruit jusqu’aux fondations ce qu’il a construit pierre par pierre, feuille par feuille pendant des dizaines d’années de sa vie. « Au-delà de ta maison, de ta riche bibliothèque et du matériel, c’est ce que tu as bâti avec affection, ce que tu as collectionné avec passion, ce que tu as conservé avec délicatesse comme ce fameux document rare dans le monde entier, ce manuscrit du Coran, bref, ce que tu as rassemblé durant ton parcours socioprofessionnel, intellectuel et politique qui se sont envolés en fumée dans le ciel assombri de ces journées de violence politique ». 
Malgré toutes ces épreuves, le CDP reconnaît que l’homme qu’il pleure est resté stoïque, digne, croyant, militant et intellectuel. Dans son exil en Côte d’Ivoire, selon Achille Tapsoba, le défunt ne cessait de lui dire : « Camarade vice-président, il faut qu’un jour on finisse par se parler. Il faut qu’on échange avec ceux qui nous ont fait cela pour qu’au bout du compte on se pardonne ». Hélas, étant maintenant dans une autre dimension métaphysique dans laquelle où, selon le député CDP, la physique et le physique ne comptent plus et seul importe le chemin du paradis, il a émis le souhait « qu’Allah, le Tout-Puissant et Miséricordieux l’accueille dans son immense et merveilleux royaume ». 
A la suite de ses camarades politiques, ce fut le tour des pairs d’Assimi Kouanda de lui rendre hommage. Dans un amphithéâtre où les occupants étaient des parents, amis et collègues… du disparu, le chef du département histoire et archéologie, Yacouba Ouédraogo, a rappelé que le professeur Kouanda est un ancien élève du lycée Philippe-Zinda-Kaboré et ancien étudiant de l’université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Celui qui a soutenu une thèse sur l’histoire des Yarsé a en 10 ans de carrière encadré avec succès 10 étudiants qui ont soutenu leurs mémoires de maîtrise.
Six mois avant qu’il soit arraché par la Faucheuse, la présidence de l’université lui a adressé une note pour lui rappeler son départ à la retraite fixé au 31 décembre 2021.  

La surprise du chef

Après le temple du savoir à Zogona, le cortège est resté dans le même quartier. Direction la mosquée de Bogodogo jouxtant le domicile du défunt. Tour à tour, les camarades politiques, le représentant du gouvernement et les membres de la famille ont pris la parole. Selon Mélégué Maurice Traoré, ancien président de l’Assemblée nationale,  la dernière fois qu’il a rencontré Assimi Kouanda à Abidjan, il n’avait à l’esprit que le retour de ses camarades politiques au pays en paix. Alain Zoubga, le porte-parole du dernier gouvernement de Blaise Compaoré a confié ceci : « Assimi, depuis longtemps nous nous préparons à vous accueillir tous ici chez vous, vous tous, loin du pays depuis des années, en particulier ceux qui sont loin dans cette Côte d’Ivoire voisine. Mais hélas ! Dieu t’a rappelé auprès de Lui ! Nous étions nombreux à l’aéroport pour accueillir ton corps, tes anciens collègues tous bouleversés, certains presque les larmes aux yeux, perdus, inconsolables à la vue de ton corps sorti de l’avion d’Air Côte d’Ivoire ».


Quand le moment est venu de lire la lettre de l’ancien président, Blaise Compaoré, le maître de cérémonie et presque toute l’assistance ignorait la personne qui a été commise à cette tâche. Le MC s’est juste contenté de dire qu’il invite le porteur de la missive à prendre la parole. C’était la surprise du chef, quand les gens ont vu Jean Couldiaty, ancien ministre du Développement, de l’Economie numérique et des Postes, par ailleurs ancien président de l’université de Ouagadougou, se présenter pour lire le message de l’enfant de Ziniaré à la famille Kouanda (lire encadré). Laissant tout le monde stupéfait.

Akodia Ezékiel Ada

Encadré 1 :


La lettre de Blaise Compaoré


Le 1er juin 2021 restera une journée d’une très grande peine et d’une tristesse immense que les mots ne pourraient décrire autant pour moi que pour ma famille.
En effet, c’est ce jour-là aux environs  de midi qu’il me fut annoncé le rappel à Dieu d’El Adj Assimi Kouanda alors que la veille, il était à mes côtés pour une séance de travail. 
Cette brutale et cruelle disparition, je l’ai ressentie douloureusement dans ma chair comme un coup de poignard au cœur. Elle me marque personnellement ainsi que ma famille et elle laisse un grand vide tant affectueux que professionnel qu’il sera difficile de combler.
Assimi Kouanda avait un grand sens de l’Etat et du service public. C’est pourquoi il était considéré par ceux qui le connaissaient comme un grand Commis de l’Etat qui avait le sens du devoir et le respect des valeurs de la République.
C’est ainsi qu’il a servi, avec abnégation, son pays que ce soit en tant qu’enseignant universitaire de haut niveau, ambassadeur, ministre ou mon collaborateur très proche durant de nombreuses années.
Dirigeant de parti politique, il a toujours su rechercher les compromis indispensables à un rassemblement dans la cohésion qui a abouti à des résultats satisfaisants aux élections générales de 2012 pour sa formation politique.
A mes côtés, Assimi Kouanda était un travailleur acharné qui recherchait toujours la perfection. Il a, jusqu’à son dernier souffle, été disponible, intègre, loyal, constant et humble.
Malgré les conditions difficiles dans lesquelles il était contraint de vivre ces sept dernières années, sa loyauté et son attachement presque atavique à son pays n’ont jamais été effrités.
Toutefois, on sentait qu’être loin de sa patrie et de sa famille dispersée en raison des évènements de 2014, était comme un mal qui le consumait de l’intérieur mais qu’il voilait pudiquement. 
J’atteste qu’Assimi Kouanda était une personne bonne, calme, pondérée, affable, respectueuse de chacun, engagée, croyante et tolérante. Il savait se délester du superflu pour garder l’essentiel.
La mort d’Assimi Kouanda est une perte pour le Burkina Faso, un douloureux cataclysme pour sa famille et une forte absence difficilement supportable pour moi et ma famille.
A son épouse Kadidiatou, à sa fille Lina, à ses garçons Kader et Hamza, à ses petits-fils Amir et Tariq, j’adresse ma profonde compassion et ma sincère solidarité dans cette brutale et pénible épreuve de la vie. A sa grande famille Kouanda, je la prie de recevoir les condoléances émues et je l’assure de mes prières pour le repos de l’âme de celui qui vient de nous quitter dans la force de l’âge, loin de sa patrie.
Blaise Compaoré


Encadré 2 :


Le message du gouvernement


Il y a des moments dans la vie où le silence, en raison de la survenance choquante de certains évènements, est plus éloquent et audible que la parole. Ta disparition brutale nous met dans cette circonstance. Puisqu’il nous faut te dire au revoir, témoigner de ce que tu as fait pour ton pays et tes semblables durant ton séjour terrestre, je prends la parole pour te rendre hommage au nom du Président du Faso et du gouvernement du Burkina Faso. Cet hommage est aussi une reconnaissance de ce que tu as été pour le Burkina Faso, la famille, et les amis. 
En cette douloureuse circonstance de ta disparition, les témoignages d’une vie professionnelle, religieuse et politique convergent vers tes qualités humaines de grand travailleur et loyal. En effet, tour à tour, tu as non seulement gravi les échelons dans ta carrière d’universitaire, mais aussi dans celle politique et administrative.
Tu as occupé de nombreux postes de responsabilités dont les plus éminents furent le poste de directeur de cabinet du président du Faso et celui de ministre d’Etat à la présidence du Faso.
Et ce 1er juin 2021 à Abidjan, tu as quitté ta famille, tes amis et ta nation, au moment sans doute où le destin te prédisait de rentrer au Burkina Faso.
El Adji Assimi Kouanda, repose en paix et que la terre libre du Burkina Faso te soit légère.
Que le Tout-Puissant, maître du temps et de la matière, t’accueille dans Son céleste royaume.
Pour le gouvernement du Burkina Faso
Dr Ousséni Tamboura

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Rapatriement corps d’Assimi : «Réconcilions-nous vivants» (Nestorine Sangaré)

 

Décédé le 1er juin 2021 à Abidjan en Côte d’Ivoire où il vivait en exil depuis 2014, la dépouille d’Assimi Kouanda, qui fut directeur de cabinet de l’ancien président Blaise Compaoré est arrivée hier mardi 8 juin dernier à l’aéroport international de Ouagadougou. De l’aéroport, le long cortège a fait une halte au siège du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) avant de finir sa course à la mosquée jouxtant le domicile familial du défunt à Zogona.

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Clôture première session Assemblée nationale : Big up (1) des députés au président Bala

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Candidat malheureux à l’élection présidentielle du 22 novembre 2020, le Dr Aimé Claude Tassembédo, dans les lignes qui suivent, fait une analyse de la situation nationale, cent jours après le début du deuxième mandat de Roch Marc Christian Kaboré. Un bilan sans complaisance à travers les questions sécuritaires, d’éducation et demploi des jeunes.

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La loi portant régime juridique applicable aux drones civils au Burkina Faso est une véritable batterie de mesures pour contrôler cette technologie émergente dans notre pays. Elle est composée de 70 articles répartis en 8 chapitres et en 5 titres. C'est à l'unanimité de 125 votants que le Parlement l'a adoptée le 17 mai 2021.

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Adapter  la loi de finances à la nouvelle configuration du gouvernement du second quinquennat de Roch Marc Kaboré, tel est l’objectif du projet de loi portant loi de finances rectificative de la loi de finances pour l’exécution du budget de l’Etat, exercice 2021. Malgré l’abstention de 20 élus, les 106 restants ont approuvé le nouveau texte. Ainsi, la loi de finances « retouchée à travers des annulations et des ouvertures en matière de dépenses », qui est passée comme une lettre à la poste,  c’est une prévision de 2131 milliards de F CFA de recettes, contrairement à celle initiale qui prévoyait 2 110 milliards. La nouvelle configuration pour les dépenses est de   2 672 milliards   contre 2 651 initialement.

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Après une trêve, comme il est de coutume un temps de grâce de 100 jours accordé au président nouvellement élu, l’opposition politique d’Eddie Komboïgo a repris langue avec les médias le mardi 4 mai 2021 pour passer en revue la gouvernance politique, économique et sociale des cent jours du deuxième mandat du président Roch Marc Christian Kaboré. Des morts qui se comptent par dizaine à l’Est, au Sahel, au Nord et au Centre-Nord, l’occupation du territoire par des hommes armés au mépris d’un Etat de droit, l’accroissement du nombre de déplacés internes et une situation sécuritaire et alimentaire précaire…ont constitué le menu de cette première entrevue.

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