Logo
Imprimer cette page

Nouveau gouvernement malien : Ce n’est pas le «baara»(1) qui va manquer

Nouveau gouvernement malien : Ce n’est pas le «baara»(1) qui va manquer

La boucle est bouclée ; autrement dit, le cycle de la présidentielle malienne vient de connaître son épilogue :  en effet, après le premier et le second tour du scrutin tenus les 29 juillet et 12 août 2018, après la proclamation de la victoire d’Ibrahim Boubacar Keïta, candidat à sa propre succession, suivie de sa prestation de serment et de la reconduction de Soumeylou Boubèye Maïga au poste de Premier ministre, les Maliens ont appris le dimanche 9 septembre la composition de leur nouveau gouvernement.

 

Cette équipe neuve qui est fortement attendue au pied du mur se caractérise par le nombre de ses membres qui est passé de 36 à 32. Faut-il déjà y voir quelque signe de la volonté d’IBK de jouer la carte de la réduction du train de vie de l’Etat ?

Certains veulent y croire. Mais c’est à l’épreuve de la gestion de la chose publique que l’on saura si ce dégraissage du mammouth dénote d’une réelle volonté de rationalisation des ressources de l’Etat ou si c’est simplement de la poudre aux yeux.

Autre particularité de cette dernière version de l’exécutif malien, l’importance du nombre de femmes en son sein : sur les 32 on a compte 11. Autant dire que l’autre moitié du ciel représente le tiers du gouvernement Maïga II. Dans un pays comme celui de Modibo Keïta où la sous-représentation de la gent féminine dans les sphères de décision est à la fois endémique et structurelle, la composition de ce gouvernement est inédite.

Mieux, celles qui se sont longtemps heurtées au plafond de verre y occupent parfois des ministères régaliens à l’instar de Kamissa Camara, la nouvelle cheffe de la diplomatie malienne. A 35 ans seulement, cette Franco-Malienne, qui a longtemps servi dans les ONG et dont le carnet d’adresses est dit riche, aura la lourde tâche de renforcer le rayonnement international de son pays.

Au regard de l’âge d’un certain nombre de ces appelés à la table du Conseil des ministres, on peut aussi dire qu’IBK a fait parier sur la jeunesse, respectant ainsi le renouvellement générationnel qu’il avait promis lors de son discours d’investiture le 4 septembre dernier.

Si plusieurs caciques demeurent dans la barque comme Mohamed Ag Erlaf, en charge de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, d’autres ont cédé leur fauteuil à de nouveaux venus.

La plupart de ces bleus  en costume cravate ou boubou héritent même de ministères dont les actions seront déterminantes dans la réussite du quinquennat : c’est le cas de Lassine Bouaré, désormais titulaire du strapontin  de la Cohésion sociale, de la Paix et de la Réconciliation nationale, et de Safia Boly, appelée à la Réforme de l’administration et de la transparence de la vie publique.

Toujours dans le même registre, le ministère de la Défense échappe au très controversé Tièna Coulibaly (nommé à la Justice) pour revenir au professeur Tiémoko Sangaré dont la mission principale sera d’entamer la nécessaire et délicate réforme de l’armée.

Maintenant que le locataire du palais de Koulouba a levé son armée, l’heure est désormais à l’opérationnalisation de sa stratégie face aux immenses défis qui l’attendent.

Du boulot, pour ne pas dire du «baara», il y en aura pour IBK, ses soldats et ses amazones. De l’épineuse question sécuritaire au nord et au centre du pays à la lutte contre la corruption en passant par la lutte contre la pauvreté, l’accès des populations aux services sociaux de base et la relance du processus de paix, tout n’est que défi, priorité et attente à satisfaire.

Et que dire du climat politique postélectoral qui n’est toujours pas des meilleurs avec le refus de l’opposition de reconnaître la victoire du président sortant et sa volonté de récupérer par tous les moyens ce qu’elle estime lui avoir été volée lors de la course à la présidentielle ?

Mais comme nous l’avons déjà écrit, «l’homme de poigne», ainsi qu’on surnomme IBK, a intérêt à tendre la main à ses opposants s’il ne veut pas voir ses efforts de développement compromis par une guéguerre politique.

 

 

Hugues Richard Sama

 

 

Mot Bambara signifiant «le travail» en français

 

Dernière modification lemardi, 11 septembre 2018 21:19

Ajouter un Commentaire

Code de sécurité
Rafraîchir

© 2011-2014 - Observateur Paalga - Tous droits réservés I Conception: CVP Sarl.