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RDC : Et maintenant !

Les Congolais se sont couchés la peur au ventre, se demandant de quoi la journée d’aujourd’hui serait faite.

 

Le pays est en effet entré, depuis minuit, dans une sorte de bug politique et constitutionnel, puisque le mandat de Joseph Kabila a pris fin sans qu’il ait de successeur.

Saut dans l’inconnu donc pour 80 millions de Congolais embarqués dans cette aventure par un capitaine fou dont le navire menace de se fracasser contre les nombreux récifs sur sa trajectoire. Les portes de l’enfer, comme le disait Laurent Bado aux Burkinabè, vont-ils s’ouvrir devant eux alors qu’ils s’apprêtent à accueillir l’Enfant Jésus ?

En prévision à cette date fatidique, la Cour constitutionnelle avait certes aménagé, le 11 mai dernier, un petit topo pour éviter le vide juridique, en permettant au locataire du palais de la Nation de rester jusqu’à ce que de nouvelles élections aient lieu. Mais la forfaiture est en effet difficile à accepter.

Hier donc, la tension était palpable à Kinshasa et dans de nombreuses autres villes du pays avec un impressionnant dispositif sécuritaire et quelques départs de feu qui présageaient des échauffourées. C’était le cas notamment à Goma, au Nord-Kivu, où plusieurs représentants de l’opposition, qui avaient décidé de manifester, ont été arrêtés.

Ce n’est pas encore l’atmosphère insurrectionnelle que beaucoup redoutaient, mais Dieu seul sait ce que l’avenir réserve aux Congolais. Et comme si cela ne suffisait pas, il fallait que les Maï-Maï s’en mêlent en attaquant les positions des forces de sécurité à Butembo.

Bilan : un casque bleu (sud-africain), un policier congolais et cinq miliciens maï-maï tués. Et la pagaille vient donc s’ajouter à la chienlit ambiante, ajoutant ainsi au cocktail déjà explosif dont on ne sait pas à quel moment il va péter.

C’est dans ce contexte que doivent reprendre les pourparlers intercongolais initiés par la Conférence épiscopale du Congo, des discussions qui avaient été suspendues sans qu’aucun accord véritable accord soit trouvé. Avec le bref séjour au Vatican des prélats du pays pour voir le pape François, le miracle de Noël va-t-il se produire ?

Pour beaucoup de Congolais en tout cas, il ne reste guère plus que la prière pour que la Providence daigne faire un geste pour les sauver.

Aujourd’hui au bord du précipice, par la faute d’un seul d’entre eux, à savoir le glissement électoral consommé officiellement depuis la nuit, seule une annonce officielle et solennelle de Mobutu light de ne plus se représenter à l’issue de cette prolongation indue peut désamorcer la bombe.

Hélas, aucun signal positif ne semble venir du pouvoir qui s’enferme dans un orgueil mal placé et un autisme suicidaire qui risquent d’emporter tout le monde.

 

Mohamed Arnaud Ouédraogo    

 

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