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74e session de l’AG de l’ONU : SOS pour un climat en dérèglement avancé

Ce lundi 23 septembre, se joue au siège de l’ONU à New York l’acte III de l’interpellation exceptionnelle des décideurs sur les graves conséquences du changement climatique. Une centaine de chefs d’Etat et de gouvernement du monde sont en effet réunis pour renouveler ou prendre de nouveaux engagements contre le réchauffement climatique à l’origine de catastrophes qui mettent à rude épreuve l’écosystème.

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Neutralisation d’un chef milicien en RDC: Affaire définitivement réglée

C’est un trophée de choix que l’armée congolaise vient de brandir. Le porte-parole de l’institution militaire a en effet annoncé que, dans la nuit du 17 au 18 septembre 2019, une unité spéciale a « localisé et neutralisé de manière définitive » Sylvestre Mudacumura et quelques-uns de ses lieutenants. Ce nom ne vous dit certainement pas grand-chose. Il s’agissait pourtant du principal chef militaire des miliciens hutus des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) qui sévissent depuis de nombreuses années dans la région du Nord-Kivu, aux confins du Rwanda, notamment dans le parc des Virunga où lui et ses hommes vivaient essentiellement de trafics de bois et de braconnage. Autant dire qu’ils se payaient sur la bête, au propre comme au figuré. L’homme faisait même, depuis 2013, l’objet de poursuites de la CPI pour de présumés crimes contre l’humanité. Mais jusque-là, ce gibier de potence avait réussi à échapper aux limiers chargés de le pister.

Aujourd’hui la chasse est terminée. Et « de manière définitive », pour reprendre l’expression du général Léon Richard Kasongo, comme si le terme « neutralisé » n’était pas suffisamment clair dans le langage militaire.

Mais voilà qu’à peine le chef milicien a été éliminé qu’une polémique naît : les Forces armées de RDC ont-elles effectivement mené l’opération de bout en bout comme des grands ainsi que l’affirme le porte-parole de la Grande Muette, ou alors cette prise est-elle plutôt le fait d’une autre milice, celle du général Guidon, qui aurait piloté l’opération ?

Quoi qu’il en soit, c’est quelque part une œuvre de salubrité publique qui vient d’être accomplie en débarrassant cette partie de la RDC d’un de ses pires fléaux. Mais il faudra sans doute bien plus que la liquidation de Sylvestre Mudacumura pour ramener la paix et la sérénité dans cette partie orientale du Congo où sévissent encore les hordes sauvages issues de dizaines de groupes armés que Kinshasa peine depuis de longues années à neutraliser. Définitivement.

 

H. Marie Ouédraogo

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Grand dialogue national au Cameroun: Après le bâton, Biya tend la carotte

Au cours d’une allocution radiotélévisée qui a pris tout le monde de court, le président camerounais Paul Biya, dont la parole est rare,  a annoncé la tenue fin septembre d’un grand dialogue national autour de la brûlante question de la crise dans la partie anglophone de son pays. En effet, cette grande concertation qui regroupera, selon le président, toutes les composantes de la nation vise à trouver les voies et moyens  de répondre « aux aspirations profondes des populations du Nord-Est et du Sud-Ouest, mais aussi de toutes les autres composantes de la nation ». Et toujours selon le locataire du palais d’Etoudi, elle sera présidée par le premier ministre, Joseph Dion Ngaté, originaire, il faut le préciser, du Sud-Ouest.

Si dans l’ensemble l’initiative présidentielle a été bien accueille, il n’en demeure pas moins que certaines composantes de la société civile, notamment les syndicats, l’ont reçue avec quelques appréhensions. En effet, le chef de la confédération des travailleurs n’y est pas allé par quatre chemins pour décocher des flèches à la méthode et surtout au délai dans lequel se tiendra ce grand dialogue national. Il a estimé qu’ils n’ont pas été jusque-là associés, même s’ils se disent disposés à participer et espèrent faire entendre leur voix s’ils sont conviés.

C’est vrai, l’initiative de convoquer cette rencontre nationale est à saluer parce qu’elle a pour objectif final d’aboutir à une solution négociée à une crise sociopolitique dans la partie camerounaise anglophone et dont le bilan s’élève à près de 2 000 morts, des centaines de milliers de personnes déplacées, la fermeture de presque toutes les écoles et l’absence de l’administration centrale et des services de base dans les zones concernées.

Mais tout se passe comme sitôt annoncée, sitôt mise en œuvre car selon l’agenda présidentiel, la rencontre doit se tenir fin septembre, c’est-à-dire trois semaines tout au plus après son annonce. Et c’est là vraiment que le bât blesse. C’est vrai qu’il y a urgence à refermer cette longue parenthèse sanglante, mais on ne voit pas comment, en une vingtaine de jours, on pourra mettre en musique l’idée de ces pourparlers qui, au regard de leur importance et de l’intérêt même de l’objectif, requièrent des concertations plus étendues et inclusives que celles dont parle le président.

Surtout au  niveau de l’épicentre de cette crise où la lourde condamnation des  chefs séparatistes est toujours dans l’esprit des populations. En effet, le chef des séparatistes anglophones, Julius Ayuh Tabe, et neuf de ses coaccusés ont été condamnés au terme d’une audience marathon devant le tribunal militaire de Yaoundé à la réclusion criminelle à perpétuité. Et ce n’est pas tout ! Ils doivent en plus payer solidairement à l’Etat des dommages de… 250 milliards de FCFA.

Ce qui veut dire qu’il faut craindre que ce dialogue avec les sécessionnistes n’atteigne pas les résultats escomptés, car menées en l’absence des leaders des populations. En effet,  Julius Tabe et ses coaccusés, quoi qu’on dise, constituent les représentants légitimes de cette partie du Cameroun. Ce qui veut dire que les maintenir en cellule pourrait constituer en soi un obstacle au dialogue national souhaité.

Pour cela, serait-ce donc trop que de demander au premier magistrat camerounais de prendre une mesure en gage de sa volonté réelle de prendre langue avec les sécessionnistes en envisageant une grâce en faveur de ces embastillés ? La paix au Cameroun vaut bien cette mesure de clémence. En attendant, tout se passe comme si, après avoir joué du bâton contre les leaders, le président tend aujourd’hui la carotte aux régions frondeuses.

Issa K. Barry

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Vague de xénophobie en Afrique du Sud: Le continent s’emballe

Quelque quatre jours après la résurgence des violences xénophobes au pays de Nelson Mandela, la vague d’indignation qu’elles ont suscitée ne s’est toujours pas estompée sur le continent. Cette « chasse aux immigrés », débutée dimanche, a fait, en rappel, selon le décompte officiel de Pretoria, sept morts et un bilan économique lourd avec ces pillages et incendies de commerces détenus par les étrangers.

Il n’en fallait pas plus pour que tout le continent africain s’emballe, que ses dirigeants s’indignent et que des mesures de réciprocité soient prises contre la Nation arc-en-ciel qui, il faut le reconnaître, ne fait pas honneur à son appellation et perd des couleurs d’humanisme.

Dans le rôle de chef de file des pays qui donnent de la voix, le Nigeria, déjà engagé dans une guerre à fleuret moucheté contre l’Afrique du Sud pour le leadership politique et économique du continent. Abuja a en effet convoqué l’ambassadeur sud-africain pour protester officiellement et annulé sa participation au Forum économique mondial sur l’Afrique qui s’est ouvert hier au Cap. A tout cela s’ajoute le pillage de supermarchés d’une grande chaîne sud-africaine et les menaces contre le géant de la téléphonie mobile MTN.

Mais il n’y a pas qu’au Nigeria qu’on s’émeut de ces violences condamnées d’ailleurs par le président de la commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat : en RDC, le nouveau président Félix Tshisekedi a boycotté la rencontre du Cap, de même que le Malawi et le Rwanda. Le Botswana et le Lesotho ont eux mis en garde leurs ressortissants voyageant en Afrique du Sud.

Si les réactions politiques sont justifiables, il faut condamner la tournure violente qu’ont prise parfois les représailles. Certes, on comprend le ressentiment des Nigérians, mais il ne faudrait pas qu’ils contribuent à confectionner les verges dont pourraient se servir les acteurs et les commanditaires de ces actes d’un autre âge pour mieux s’adonner à leur haine viscérale de l’étranger. Cet étranger accusé d’être à l’origine du chômage et de la pauvreté endémiques dans lesquels végètent bien de Sud-Africains dans les townships de Pretoria ou de Johannesburg.

C’est pourquoi il convient de saluer l’appel répété  des autorités nigérianes au calme et à la retenue, ainsi que le déploiement de forces de sécurité pour protéger les intérêts sud-africains dans le pays.

A l’inverse, il faut condamner le dilettantisme et l’indifférence avec lesquels les autorités de Pretoria, le président Cyril Ramaphosa en tête, semblent gérer ces poussées de fièvre xénophobe suscitées et même entretenues par des groupes de personnes et sur lesquelles surfent certains hommes politiques en mal de popularité.

 

Hugues Richard Sama

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Nouveau gouvernement RDC : Gare au syndrome de l’albatros !

 

«Le gouvernement est enfin là. Le président de la République, chef de l’Etat,  a enfin signé l’ordonnance».

 

Ce n’est pas nous qui le disons, mais le mot «enfin» vient de la bouche même du Premier ministre de la RDC, Sylvestre Illunga Illunkamba, qui a dévoilé au petit matin du lundi 26 août 2019 la composition de «son» gouvernement.

 

Soit trois mois après sa nomination, le 20 mai dernier, et sept mois après l’investiture du président Félix Tshisekedi.

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Le G7 et l’Afrique : Les bonnes intentions d’Emmanuel Macron et la triste réalité

Les lampions du sommet du G7 vont s’éteindre ce 26 août à Biarritz, la cité balnéaire des Pyrénées françaises. Les dirigeants des 7 pays les plus industrialisés auront échangé 72 heures durant sur les problèmes cruciaux qui affectent notre planète : réchauffement climatique, inégalités socio-économiques, déséquilibres dans les échanges commerciaux et désarmement nucléaire.

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Transition soudanaise: Pourvu que ça tienne

Le retard à l’allumage a fait craindre que la machine ne puisse véritablement démarrer. Après la signature, le samedi 17 août, de l’accord entre le Conseil militaire et les civils pour une transition concertée et apaisée, le nouvel exécutif devait être mis sur pied dès le lendemain dimanche.

C’est finalement 48 heures plus tard que l’identité des membres du Conseil souverain a été rendue publique. Deux jours de retard dus à des contestations au sein de la Coalition des forces pour la liberté et le changement. Entre divisions, désistements et pressions de la base qui refusait notamment qu’un des chefs de l’Association des professionnels soudanais y siège, c’est finalement le mardi 20 août que les civils ont remis la liste de leurs représentants.

Depuis hier donc, la Transition soudanaise a véritablement pris corps avec la prestation de serment du général Abdel Fattah al-Burhan, le président de la junte, qui reste donc en place pour les 21 premiers mois de cette transition qui, en tout, durera 3 ans et 3 mois. Les 10 autres membres ont ensuite prêté serment devant le généralissime. Le premier ministre de consensus, Abdallah Hamdok, choisi par les civils, devait être investi hier soir pour former son gouvernement avant le 28 août en vue d’un premier conseil des ministres le 1er septembre.

Les uns après les autres, les différents éléments de ce puzzle se mettent en place, et il ne restera plus qu’à trouver les membres du Parlement de transition d’ici 90 jours pour que l’armature institutionnelle soit complète.

Voilà donc enfin l’avion de la Transition soudanaise prêt pour le décollage plus de 4 mois après la destitution d’Omar el-Béchir. Un départ forcé qui était intervenu après quatre autres mois d’une contestation populaire qui avait fini par emporter l’autocrate enturbanné de Khartoum.

Il faut maintenant espérer que l’appareil arrivera à bon port, tant le temps de vol avant l’atterrissage est particulièrement long. Il n’est donc pas exclu que la carlingue faite de bric et de broc traverse des zones de turbulences qui la mettent à rude épreuve, surtout si tous les membres de l’équipage ne jouent pas franc jeu. On a bien peur, en effet, que la composante civile, particulièrement inexpérimentée dans le domaine politique, ne soit qu’un faire-valoir pour le commandant de bord et ses camarades militaires qui seront toujours tentés de diriger le pays comme une caserne. Parmi ces cinq huiles, ne figure-t-il pas un certain général Hemetti, numéro 2 de la junte, accusé d’être derrière les massacres de manifestants aux mains nues qui ont fait en l’espace de quelques mois des centaines de morts et de disparus ?

Le tout n’est donc pas de décoller. Encore faut-il atterrir sans encombre le moment venu pour un retour à une vie constitutionnelle normale.

 

H. Marie Ouédraogo

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Futur gouvernement congolais: Long travail pour un accouchement difficile

Cette fois, ils sont dans le vif du sujet. Sept mois après son investiture, le nouveau président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisékédi, et son premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba, viennent d’amorcer la dernière ligne droite qui doit conduire au futur gouvernement.

Le numéro 2 de l’exécutif a en effet entamé, hier mercredi 7 août, l’ultime cycle des tractations entre les délégués du CACH (Cap pour le changement) et du FCC (Front commun pour le Congo), le tandem qui dirige le pays depuis le scrutin du 30 décembre 2018.

Le 29 juillet dernier, les deux partenaires circonstanciels s’étaient mis d’accord sur le partage du butin gouvernemental. Sur les 65 membres que la prochaine équipe devra compter, 42, soit les deux tiers, rappelons-le, vont revenir au FCC, et les 23 autres au regroupement présidentiel. Une situation pour le moins curieuse où « Fatshi » sera minoritaire dans son propre gouvernement. Mais pouvait-il en être autrement étant dit que le PPRD (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie) de Joseph Kabila et ses alliés est majoritaire dans les deux chambres du Parlement ainsi que dans la plupart des provinces ? A cela s’ajoutent les circonstances dans lesquelles le président "démocratiquement élu" a été installé aux affaires par son prédécesseur : à l’issue de combines politiciennes pour le moins douteuses mais néanmoins cautionnées par la communauté internationale qui a préféré passer par pertes et profits Martin Fayulu, le probable véritable vainqueur de l’élection, au nom de la première transition démocratique de l’histoire de la RDC

C’est donc dans l’ordre normal des choses que le FCC se taille la part du lion, non seulement sur le plan numérique mais aussi en matière qualitative puisque ses représentants vont bénéficier de morceaux parmi les plus viandeux de la République, tels les Finances et les Mines.

Autant dire que l’enjeu majeur de la manche qui a commencé hier est de mettre des noms en face de chaque portefeuille. Ce qui n’est certainement pas la tâche la plus aisée à accomplir vu que, à chaque maroquin, il y aurait une bonne centaine de prétendants. On a beau être dans l’un des pays les plus vastes et les plus peuplés du continent avec 2,345 millions de kilomètres carrés et ses plus de 90 millions d’habitants, on se croirait plutôt face à un concours d’entrée à la Fonction publique qu’à la formation d’un gouvernement.

Qu’importe tout cela au demeurant, les concitoyens de Félix Tshisékédi sont pressés de voir ce véritable serpent de mer sortir des eaux pour savoir à quoi il ressemble. Ceux qui sont dans le secret des dieux du palais de la Nation promettent en tout cas qu’après ce long travail, l’accouchement interviendra dans les prochains jours, au plus tard le 15 août. On attend de voir, tant ces genres de projections se sont révélées bien souvent fausses par le passé dans ce pays, à tel point que les Congolais ne savent plus finalement à quelle date se vouer.

 

Hugues Richard Sama

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