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Banjul : Le vieux Njie ou l’art de filer à la gambienne

Il avait pourtant juré qu’il ne quitterait pas son pays, qu’il y était et que c’est bien là qu’il comptait rendre son dernier soupir. Alieu  Momarr Njie a pourtant fini par filer à la gambienne le mardi 3 janvier 2017 et se serait refugié au Sénégal. Qu’est-ce qui a bien pu pousser le vieil homme  de 82 ans, qui disait qu’à son âge rien ne pouvait  lui faire  peur, à larguer les amarres ? Sans doute la pression de plus en plus étouffante du pouvoir de Yahja Jammeh et celle bienveillante de sa famille qui l’aura convaincu de décamper avant que le pire advienne ? La situation du président de la commission électorale était en fait symptomatique de la chape de plomb qui pèse sur ce petit pays encadré dans le Sénégal depuis l’arrivée de Jammeh au pouvoir en 1994 et rendue encore plus insupportable depuis que le « Big man » a perdu les élections.

 

Au cas Njie s’ajoutent des mesures liberticides comme la fermeture de trois radios privées, preuve que le maître de Bajul ne compte pas quitter le state House parce qu’il n’est pas un lâche selon  ses propres mots. A l’en croire, en démocratie il faut être lâche pour reconnaître qu’on a perdu une élection et encore plus lâche pour se résoudre à quitter le palais présidentiel.

La fuite du vieux intervient à seulement deux semaines de la fin constitutionnelle du mandat du président sortant, le 18 janvier, et  de l’hypothétique investiture du chef d’Etat élu Adama Barrow (vainqueur de la présidentielle du 1er décembre avec  45,54% contre 36,6% pour Jammeh) et à une semaine du verdict de la cour suprême, qu’en désespoir de cause Yahja Jammeh a saisie  après avoir contesté les  résultats pour demander  ensuite leur annulation pure et simple. Quand on sait que cette juridiction qui végétait a été ressuscitée  à la faveur de la crise, on n’a pas besoin d’être un devin pour savoir de quel  côté va se pencher la balance.

Il faut dire que le tour de vis se fera de plus en plus sentir au fur et à mesure que l’échéance  approchera. Alors que les mauvais signaux sont émis depuis Banjul, on se demande ce que la CEDEAO va faire. Elle a certes multiplié les pressions politiques et diplomatiques, menaçant même d’intervenir militairement, mais on est bien curieux de savoir comment elle compte s’y prendre pour déloger  par la force  l’affreux usurpateur. Des mots à la réalité, il y a bien un chemin qui risque de s’avérer long pour les pays de la sous-région à commencer par le Sénégal qui est en première ligne dans ce bras de fer avec  l’homme fort de la Gambie.

 

Adama Ouédraogo Damiss

 

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