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Makognadougou : Et pourtant, les Cassandre avaient prévenu

Souvent les journalistes sont appelés des cassandres. Cassandre, selon le dictionnaire, est  «une personne qui prédit une issue défavorable aux événements, au risque de déplaire ou de ne pas être crue», particulièrement par les gouvernants dans le cas d’espèce. Et au Burkina Faso, les hommes de médias sont bien payés pour le savoir. C’est ce qui leur est arrivé, pour ne prendre que ce cas concernant les koglweogo. A plusieurs reprises, nous avons mis le pouvoir en garde contre l’existence et la prolifération anarchique de ces groupes d’auto-défense qui ont subitement poussé, comme par enchantement, dans les différentes localités du pays.

 

«Nous jouons avec le feu», tel a été le titre d’un de nos articles dans lequel nous avons tiré la sonnette d’alarme face aux éventuelles conséquences fâcheuses que pouvait engendrer «le justicier de la brousse». En effet, depuis ce qu’on peut considérer comme le printemps des koglweogo, aucun jour ne passe sans que la presse fasse écho de bastonnades, de tortures, d’expédition punitive, voire de mort d’homme provoquée par les hommes du Dansamkandé Naaba, du nom du chef suprême des koglweogo. Et que dire des taxes et autres impôts démesurés qu’ils perçoivent des présumés voleurs ? Alors que dans tout Etat digne de ce nom, cette prérogative relève exclusivement de la puissance publique qui, pis est, a le monopole de la violence légitime.

Même si le taux de banditisme semble avoir considérablement baissé du fait de leurs hauts faits d’arme, que dire des risques de voir ces koglweogo récupérés par des individus bien nantis mais malintentionnés à des fins funestes ? Tout ça, nous l’avons déjà dit et répété, écrit et réécrit, mais le gouvernement n’a pas semblé avoir pris toute la mesure des potentiels dangers qui nous guettent. Se contentant de mesures cosmétiques, de propos électoralistes, de discours incohérents, parfois contradictoires. On se rappelle que le président du Faso, lui-même, avait affirmé qu’on ne peut pas dissoudre quelque chose qui n’existe pas légalement. Mais puisque leurs faits et méfaits sont connus, leurs pratiques en contradiction avec le droit, pourquoi ne pas se pencher sur la question ?

Après la grande frayeur de Sapouy, où en février 2016 il y a eu un face-à-face entre les forces de l’ordre et les koglweogo de la province du Ziro, voilà la bombe de Makognadougou. Une localité où les dozos (chasseurs traditionnels) s’opposent à leur installation, le tout sur fond identitaire. Même le ministre de la Sécurité intérieure, Simon Compaoré, qui s’est précipité sur les lieux pour désamorcer l’affaire, en a eu pour son grade (lire page…..). En effet, après avoir accédé aux revendications des autorités coutumières de la région de l’Ouest, qui n’entendent pas se laisser imposer les koglweogo, le premier flic du pays a commis le gouverneur de la région des Hauts-Bassins à la mise en œuvre de sa décision. Ce qui n’a pas eu l’heur de plaire aux koglweogo et à leurs partisans qui ont bruyamment protesté. Et n’eût été l’interposition des forces de sécurité présentes sur les lieux, on ne sait pas ce qui serait arrivé.

Alors il est plus que temps de se pencher sérieusement sur la question des koglweogo, de repenser sérieusement leurs conditions de création et leurs missions, par exemple en actant le décret du 5 octobre qui vise, entre autres, à les républicaniser, et par ricochet à les mettre dans les rangs.

 

Mohamed Arnaud Ouédraogo

Commentaires   

-2 #4 Neilson 09-01-2017 16:47
Ne nous voilons pas la face mes frères: souvenez vous de cette sagesse africaine qui dit:" ne vient pas chez moi, c'est deux ne vient pas chez moi!" Qu’est ce à dire, si tu dis à quelqu'un je ne veux plus te voir dans ma maison, c'est que toi même tu t'interdis de fait d'aller chez lui! Allons seulement, si Simon n'a pas vu le piège, nous on voit le piège! Et sans être un inconditionnel des koglwéogo, je dis: tous les Burkinabè sont libres de s'installer là où bon leur semble, pour peu qu'ils respectent les lois de la REPUBLIQUE et les US et COUTUMES des villages qui les accueillent; sinon demain on interdira aux musulmans d'aller au nord, aux catholiques de s'installer à l'est, aux animistes d'immoler au sud. Comme on dit, «les voleurs s’entendent mais les mendiants se détestent ». Dozo tout comme les koglwéogo ne sont pas des institutions de la république. Pardon, ne divisez pas mon pays
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0 #3 Kanzim 09-01-2017 13:40
J’invite les lecteurs à lire un article de l’Observateur Paalga daté du 14 Février 2016 et intitulé « Sécurité publique : Faut-il avoir peur des «Koglwéogos»? Cet article fait une analyse sociologique du phénomène Koglwéogo, tire les fondements de son existence et les conditions de sa maitrise. L’article prévient que « ménager le chou et la chèvre, en faisant dans le flou artistique et le clair-obscur, n’apportent aucune réponse. Le jugement de Salomon n’est pas le meilleur recours en matière de sécurité intérieure », tout en rappelant le parallélisme qu’on peut faire avec la naissance de la mafia. Le gouvernement souffrait alors d’une véritable addiction à la logorrhée que la foule exacerbait, les ministres concernés semblant trouver aux discours populistes une opportunité pour réaliser leur catharsis et camoufler et flatter le peuple sur les doutes qu’il a sur les capacités réelles de manager ces fameux Koglwéogos. En commentant l’article de l’Obs du 14 Février, je préconisais que l’on rattachât le Koglwéogo aux Comités Villageois de Développement, et que l’on sautât l’emprise des chefs de village sur ces comités de développement. Ma position est que la cour faite aux chefs de village et aux Koglwéogos par les gouvernants, la tentation d’émancipation et la chute dans la désobéissance allaient survenir et mettre le gouvernement dans une position délicate. Et c’est ce qui arrive maintenant. Et c’est pourquoi je suis obligé de donner raison à des intellectuels comme M Ismaël DIALLO, certains magistrats et la presse : le Koglwéogo est beaucoup plus un problème qu’une solution. Surtout si l’animation de la vie politique se confond à la bouffonnerie et à la bonhommie infantilisante. S’il y a des textes qui disent qu’il faut les intégrer au système de sécurité et les encadre, alors qu’il en soit ainsi q=et que soient châtiés les disciplinés. Dans le sens de les réduire à l’insignifiance et l’incapacité de générer toute nuisance.
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-2 #2 Zangoté 09-01-2017 11:53
Quand on dit qu'on veut forcer l'installation des koglweogo c'est comme si on amenait des troupes de koglweogo d'ailleurs pour qu'elles viennent rester au chevet des populations. Or il se trouve que ce sont les populations de la localité ou en tout cas une partie qui est intéressée et qui va trouver en son sein des membres actifs. Quand vous dites que les cassandres avaient prédit, c'est vrai mais pouvait-il en être autrement? Je ne vois pas qui interdirait aux dozos de s'installer au centre ou à l'est. Ce serait même une bonne chose s'ils s'installaient parce qu'on va profiter apprendre d'eux. Je trouve qu'il y a là une question de manque d'ouverture d'esprit ou à tout le moins de quête de légitimité. Maintenant que les koglweogo ne s'installeront plus à Makognadougou, que deviendront ceux qui en voulaient? Est-ce que les dozos accepteront volontiers de les protégés? Et s'ils refusent de les protéger, est-ce que l'Etat a renforcer la sécurité pour éviter les représailles? En d'autres termes, il faut savoir anticiper au lieu d'attendre à la dernière minute pour réagir. Cher Cassandre, voici la prédiction que je voudrais ajouter à votre besace: si le niveau de sécurisation ne grimpe pas rapidement, les pauvres populations vont s'armer d'abord contre les voleurs, ensuite contre le régime en place qui oseront vouloir lui retirer le droit de s'auto-défendre . A bon entendeur, salut.
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-2 #1 Kouamé 09-01-2017 06:35
Le Lion est en train de se compromettre par ses propos sur la polémique liée aux Koglwéogo à l’Ouest. En effet, dans une interview sur la radio Savane Fm le 07 janvier 2017 par téléphone depuis le Ghana,le Lion prouve effectivement qu’il persiste dans sa position d’imposer les Koglwéogo à l’Ouest.Il se fait mal l’avocat des Koglwéogo en disant que leur objectif est de lutter contre les voleurs partout au Burkina pour qu’il y ait la quiétude pour les populations. Il dit ne pas comprendre pourquoi les dozos de l’Ouest s’opposent à ce que les Koglwéogo traquent les voleurs. Des propos très explicites de l’obstination du Lion dans l’implantation forcée des Koglwéogo à l’Ouest pendant que les populations locales disent ne pas en vouloir et veulent continuer avec leurs traditionnels dozos qui jouent le même rôle. Le Lion prétend que les Koglwéogo ne font pas la politique et que ce sont des politiciens qui cherchent à les divertir. Des propos incohérents car, le Lion étant lui-même responsable d’un parti politique et ancien candidat à la présidentielle, s’avère le premier coupable de la politisation des Koglwéogo.La Constitution et la loi régissant les partis interdisent à des politiques de diriger des structures qui ont des connotations de milices. Le Lion est en train de transformer des groupes de Koglwéogo en de milices privées acquises à sa cause. Le Lion avec son âge avancé, devrait avoir la sagesse de ne plus continuer d’agir en dehors de la république en posant des actes répréhensibles au Burkina et trouver toujours des subterfuges pour se réfugier au Ghana. Le Ghana fait la fierté de l’Afrique en matière de démocratie et ne devrait servir de base arrière pour des anarchistes de tout genre et politiciens déstabilisateur s.
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