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Vice-président ivoirienne : Kablan Duncan, la caution sudiste d’un pouvoir nordiste ?

On vous l’avait bien dit dans notre édition d’hier que c’était une semaine décisive que vit la Côte d’Ivoire avec cette 3e République qui se met en place à grandes foulées sur fond de mouvement d’humeur de la soldatesque à Bouaké très vite circonscrite certes, mais cette nouvelle fièvre kaki de 72 heures aura finalement décimé la haute hiérarchie des forces de défense et de sécurité.

Victimes de « balles perdues », le chef d’état-major général des Armées, le général Soumaïla Bakayogo, le commandant supérieur de la gendarmerie nationale, Gervais Kouakou Kouassi, et le directeur général de la police, Bredou M’Bia, ont été remplacés respectivement par le général de division Sékou Touré, le général de brigade Kouadio Kouassi et le commissaire divisionnaire Youssouf Kouyaté.

 

Il fallait bien des gens pour porter le chapeau, et s’agissant d’affaires militaires, les trois hauts gradés ont été vite sacrifiés sur l’autel de la paix sociale par un Alassane Ouattara qui n’avait pas besoin de ça en ce moment.

Côté politique, les choses sont également allées très vite avec la réélection triomphale de Guillaume Soro à l’Assemblée nationale le lundi 9 janvier dernier, mais les faits marquants ont surtout été enregistrés hier avec la nomination de Daniel Kablan Duncan à la vice-présidence et d’Amadou Gon Coulibaly, jusque-là secrétaire général du palais de Cocody, à la primature.

C’est la consécration de deux fidèles et loyaux collaborateurs dont la promotion était attendue. Le premier, rompu aux tâches de la finance et à la diplomatie, a été mis au-devant de la scène politique par Henri Konan Bédié qui a fait de lui son Premier ministre en 1993. Il entretient les meilleurs rapports avec le président ADO qui l’a nommé chef du gouvernement en 2012.

Quant à Gon Coulibaly, c’est l’un des « bons petits » de Ouattara comme on le dit dans le jargon local.

En faisant de Kablan son dauphin constitutionnel en cas de vacance du pouvoir, ADO le met en orbite et règle l’impitoyable querelle de succession que beaucoup redoutaient et continuent de redouter. Va-t-il pousser le piston à mi-mandat comme on lui en prête l’intention ? Peu importe pour le vice-président frais émoulu, c’est la consécration pour cet homme qui n’est pas politique.

Mais ce qui est frappant depuis lundi dans ces nominations, c’est l’extrême nordisation du régime qui était déjà en marche dès les premiers pas du pouvoir Ouattara. Soro lui-même n’avait-il pas parlé de rééquilibrage régional comme dans l’Afrique du Sud postapartheid avec le « black empowerment » ? Sur les six élus de lundi et mardi, quatre sont originaires du Nord. Remarquez vous-mêmes : Soro, Coulibaly, Touré et Kouyaté.

En clair, le chef de l’Etat, le Premier ministre, le président de l’Assemblée nationale, le patron de l’armée et le chef de la police sont tous de la même région : le Nord de la Côte d’Ivoire. Kablan Duncan, l’enfant de Grand-Bassam, paraît comme une anomalie statistique pour donner une caution sudiste au pouvoir.

Quand on pense qu’on a chargé Laurent Gbagbo de tous les péchés ethno-régionalistes, de telles nominations ternissent l’image du pouvoir d’ADO, victime du funeste concept de l’ivoirité.

 

Adama Ouédraogo Damiss

 

Commentaires   

0 #2 mobutu 11-01-2017 16:07
et ce n'est pas finit. voyez le gouvernement! 4KONE+4COULIBAL Y+2BAKAYOKO+1OU ATTARA+1CISSE+1 FOFANA+1DIARASS OUBA+1CAMARA+1K AMBILE(sansan)= 16Ministres issus du Nord sur 28, trop, c'est trop, tonton ADO. on ne réconcilie pas un pas de la sorte. il fallait ajouter au moins un COMPAORE(BLAISE ou FRANÇOIS, ou JEAN MARIE)
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0 #1 LoiseauDeMinerve 11-01-2017 14:47
Valse de chaises au sommet de l'Etat en Eburnie ou une sorte de partie à l'abidjanaise du "Bôrô d'Enjaillement"
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