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Kagame au Vatican : François à confesse

Sans doute l’affaire a-t-elle été arrangée auparavant dans le plus grand secret comme dans un confessionnal. Après avoir reçu en audience son homologue Paul Kagame, le chef de l’Etat du Vatican, François, a en effet demandé pardon pour le rôle joué par l’Eglise rwandaise et certains de ses membres dans le génocide de 1994.

 

Jean Paul II avait déjà exprimé en 2000 sa solidarité avec les victimes et ceux qui portent dans leur chair les hématomes de ces persécutions.

Son successeur est allé plus loin dans l’acte de contrition : «Le pape a manifesté sa profonde douleur, celle du Saint-Siège et de l’Eglise pour le génocide des Tutsi.» C’est ce qu’indique le communiqué du Vatican, qui précise qu’il a demandé pardon pour les péchés et les manquements de l’Eglise.

Ces mots valaient un déplacement de l’homme mince de Kigali, dont c’était la toute première rencontre avec un souverain pontife depuis son arrivée au pouvoir en 2000. On peut donc imaginer aisément l’indicible satisfaction de celui qui avait toujours exigé de ceux qui ont pris une part plus ou moins active au génocide qu’ils fassent amende honorable.

Qu’il s’agisse des hommes politiques, des Etats (la France notamment), des organisations onusiennes ou religieuses dont certains des représentants, il est vrai, ont trahi leur sacerdoce en distillant la haine ethnique, voire en s’investissant activement dans le pogrom.

Déjà en 2016, l’Eglise catholique du Rwanda avait «demandé pardon» pour tous les chrétiens qui avaient été impliqués dans les massacres de 94.

En effet, elle a été régulièrement accusée d’avoir eu des accointances  avec le régime hutu extrémiste de Juvénal Habyarimana, du fait sans doute de l’implication de prêtres, de religieux et de religieuses dans les tueries qui ont fait entre huit cent mille et trois millions de morts en moins de trois mois, soit en moyenne huit mille cadavres par jour. Ce qui fait du drame rwandais le génocide le plus horrible de tous les temps.

Beaucoup de victimes ayant été livrées par des hommes d’Eglise alors qu’elles pensaient trouver refuge dans la maison de Dieu. Symbole de l’horreur, pour ne pas dire de l’enfer génocidaire, l’église de Ntarama, située au sud-est de Kigagli, où pas moins de 5000 Tutsi ont été massacrés dans la seule journée du 15 avril 1994.

Des hommes d’Eglise n’ont-ils d’ailleurs pas été traduits en justice pour avoir souillé la soutane de cette infamie ?

Pour toutes ces raisons, c’est un Kagame surtout apaisé et heureux qui, comme Ulysse, a fait un bon voyage et s’en retournera à Kigali. Même s’il lui manque le pardon des pardons, celui de la France que les locataires de l’Elysée, toutes tendances confondues, se sont toujours refusé à lui demander.

Le moins que l’on puisse en dire, c’est que le moment de cette confession papale est on ne peut mieux choisi, puisqu’elle intervient en plein carême, période de repentance, de pénitence et d’absolution, mais aussi à deux petites semaines du 6 avril, jour anniversaire de l’assassinat du président Habyarimana et de son homologue burundais Cyprien Ntaryamira, qui allait ouvrir cette horrible boîte de Pandore qui continue de hanter, près d’un quart de siècle après, les Rwandais et leur président.

 

M. Arnaud Ouédraogo

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