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Soro et la réconciliation ivoirienne : L’ancien rebelle et les résistants

Rarement rentrée parlementaire aura été autant attendue. C’était en effet la première de la toute nouvelle troisième république ivoirienne, portée sur les fonts baptismaux après le référendum du 30 octobre 2016 et dont les innovations les plus marquantes resteront la création d’un Sénat et du poste de vice-président qui a échu à l’ancien Premier ministre Daniel Kablan Duncan.

 

Ces retrouvailles parlementaires ont lieu après la formation du nouveau gouvernement avec à sa tête Amadou Gon Coulibaly, ancien secrétaire général du gouvernement, mais également après la rafale de mutineries qui ont secoué le pays et manqué d’ébranler la république tout entière. Bouaké, Yamoussoukro… autant de mouvements de colère derrière lesquels certains avaient cru voir la main invisible de Guillaume Soro.

Sans oublier la formation de deux groupes parlementaires distincts, le RDR et le PDCI, qui pourtant avaient battu campagne ensemble sous la bannière du Rassemblement des Houphouetistes pour la démocratie et la paix, le RHDP, preuve s’il en est que le mariage, fût-il de raison, dont les bancs avaient été publiés depuis des lustres n’est plus d’actualité.

Dans un tel contexte, on comprend que le président de l’Assemblée nationale réélu à son poste ait axé son discours inaugural sur la crise postélectorale de 2010-2011, « l’épisode le moins glorieux de notre histoire ». Pour lui, l’impératif de pardon et de réconciliation nationale reste l’un des principaux défis qui se posent à la Côte d’Ivoire, bien qu’il déplore certaines résistances.

Le premier des 255 élus ne pense pas si bien dire, car son pays reste divisé entre vainqueurs et vaincus de la guerre qui a porté Alassane Ouattara au pouvoir. Les « assaillants » d’hier sont aujourd’hui aux premières loges du pouvoir tandis que leurs ennemis d’alors, eux, rasent les murs ou, pire, croupissent en prison en Côte d’Ivoire ou à La Haye.

De ce point de vue, le récent acquittement de Simone Gbagbo, poursuivie par la cour d’assises d’Abidjan pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, a pu être perçu par certains comme un coup de pouce à cette improbable réconciliation que du haut de son perchoir Guillaume Soro appelle de tous ses vœux.

Mais voilà ! Il n’y a pas qu’entre ces deux camps que la réconciliation s’impose ; car cette fracture au moins avait le mérite d’être claire, bien tranchée entre des parties qui ne se regardent qu’en chiens de faïence.

Or d’entente, les dirigeants actuels de la Côte d’Ivoire en ont bien besoin :  d’abord entre le RDR et le PDCI qui, malgré les multiples professions de foi, ne parviennent pas à sceller leur union ;

entre l’occupant du perchoir, Guillaume Soro, et le ministre de l’Intérieur, Ahmed Bakayoko, qui malgré les faux semblants se vouent une inimitié réciproque ;

Entre les deux derniers, dont l’ascension semble être ralentie, et Amadou Gon Coulibaly, le Lion de Korhogo, qui plus que jamais délimite son territoire.

En ligne de mire, la succession d’Alassane Ouattara en 2020 à laquelle tous pensent en se rasant le matin, mais dont personne n’ose parler.

Au-dessus de la mêlée, le vieux sage de Bassam, Daniel Kablan Duncan, qui en tant que dauphin constitutionnel pourrait mettre tout le monde d’accord.

Alors quand Guillaume Soro parle de réconciliation, on ne peut s’empêcher de se demander… «Avec qui, monsieur le président ?»

 

H. Marie Ouédraogo

Commentaires   

0 #3 Zapata 04-04-2017 19:22
Moi je suis persuadé que ce Guillaume Soro là va faire très mal au viel homme mais il ne voit pas venir, sénilité oblige. L'ancien rebelle veut devenir président et il fait tout pour ça. D'abord il ne veut plus du RHDP, ensuite il met la pression sur son mentor afin que la vraie réconciliation soit en marche. Hum... Mais ce que "l'invincible" oublie, c'est que qui parle de réconciliation doit aussi parler de justice et si on doit en arriver là, c'est-à-dire à une vraie justice, il ira à la Haye tenir compagnie à son ancien professeur. Mais bon, c'est un homme politique très rusé, il a sans doute déjà calculer tout ça. Ce qui est déjà bon, c'est que la maison ADO se fissure, il n'a rien vu encore. Le plus difficile est de comprendre des gens qui ont claqué la porte du parti pour se présenter en indépendant aux dernières législatives acceptent de revenir pour être membres de groupes parlementaires RDR ou PDCI. Les Ivoiriens devraient importer notre loi sur le nomadisme politique qui veut que tu perdes ton mandat de député lorsque tu change de bord politique.
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0 #2 Kanzim 04-04-2017 14:15
Ce que je reproche à la politique, c’est d’être un monde, ou du moins un fatras où se retrouvent bousiers, paresseux, et menteurs. C’est un monde où le pire des diables peut revêtir le manteau d’un ange et se faire applaudir comme tel. Le rebelle ou le tueur peuvent se réfugier dans le monde de la politique et réclamer le pardon. Ils en appellent à la réconciliation et rêvent ainsi d’un avenir radieux fait dans le mensonge de la politique, sans égard au jugement de Dieu. On peut avoir tous les fusils du monde, tout l‘argent frauduleusement amassé, et même le suffrage des populations bernées et hibernant dans la misère, sans au fond n’être qu’un imposteur vivant et régnant dans le monde virtuel de pauvres hères qui n’applaudissent que pour quelques shillings promis ou espérés. Tout comme en diplomatie : la formation est une chose, mais l’allant naturel, la répartie et le don de s’auréoler de sympathie et d'une certaine aura sont nécessaires pour arriver à bout d’un dossier. La politique est dans nos contrées est un domaine où l’on va quand a échoué dans les autres domaines, dans la volition insatiable de chair exquise que ni son intelligence ni sa valeur intrinsèque ne peuvent assurer. Quand j’écoute la Radio du Parlement et que j’entends des députés déclarer toute honte bue, que c’est quand ils se sont demandé comment contribuer au développement de leurs pays, qu’ils se sont engagés en politique, j’ai le cœur brisé par le silence du peuple qui se laisse conduire à l’abattoir des hyènes arrivistes. Du vrai tétanos intellectuel : qui de leurs devanciers et parrains politiques, peuvent-ils citer ces hommes et femmes, qui ait contribué à développer ce pays, même leur propre village. La race des joufflus et des ventrus ne nous empêchera pas de camper notre attention sur ce qu’il faut à l’Afrique : des patriotes. Des patriotes que le monde de la politique ne peut malheureusement pas générer.
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-2 #1 Mimi 04-04-2017 13:43
Mon cher journaliste, eux au moins ils ont fait la guerre en 2010-2011 mais malgré tout, étant au pouvoir ils parlent de réconciliation. Parce que l'ivoirien n'a pas et n'a jamais eu un mauvais cœur. Au BF soit disant pays des hommes intègre, avec les évènements d'octobre 2014, qu'es ce que l'autre camp n' pas vu jusqu'à à l'exclusion de certains militants du CDP à la présidentielles , aux législatives et aux municipales. EN CI malgré la guerre on n'a exclu personne. Le champ démocratique était ouvert à tous. Les Affi N'guessan qui étaient les têtes pensante du FPI circule à Abidjan sans problème. Es ce le cas au BF? les militants du CDP ont été torturés, emprisonnés sans aucune preuve de quoi que ce soit, es ce que la presse burkinabè en parle? En CI le RHDP a le pouvoir aujourd'hui mais tu ne les verra pas fustigé les gens du FPI. Leur lutte aujourd'hui c'est que les ivoiriens vivent dans le même pays en paix et avec les même droits. C'est ça être au pouvoir. Vous ferez mieux de critiquer ce qui se passe dans votre pays que de vous dédouaner en vous occupant du problème des autres. Les burkinabè c'est "yam to yélé m'pakma" alors que sa maison est salle mais il ne pense pas à balayer.
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