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Commentons l’événement : Le Cameroun ou la revanche des «coiffeurs»

Ils avaient beau eu cumuler jusque-là à eux deux 11 des 30 trophées mis en jeu depuis 1957 (1), personne, à vrai dire, ne les attendait à ce niveau de la compétition. Ni les experts et autres spécialistes du football qui, comme on l’a vu, se sont littéralement plantés sur les plateaux de télévision et les studios de radios où ils pontifiaient doctement à longueur de journée. Ni leurs supporters pour qui leurs idoles ne respiraient pas la forme olympique et, peut-être, pas même les joueurs eux-mêmes ou leur encadrement technique qui, au mieux, se voyaient dans le rôle d’outsiders.

 

Les Lions indomptables du Cameroun étaient en effet arrivés au Gabon amputés de huit de leurs éléments parmi lesquels des titulaires qui avaient, pour ainsi dire, snobé l’équipe nationale en préférant rester dans leurs clubs. De ce fait, c’est presque une équipe B qui a joué cette Coupe d’Afrique des nations 2017. Un handicap de départ, certes, mais qui se sera finalement révélé un atout.

En boudant le maillot national pour diverses raisons touchant à leur carrière et à leurs revenus en club ainsi qu’aux récurrents problèmes organisationnels et de primes de la sélection, les Eric Choupo Moting (Schalke 04), Joêl Matip (Liverpool), Guy Roland Ndy Assembe (Nancy), Allan Nyom (West Bromwich) et autres ont en effet libéré des places pour des « coiffeurs » fatigués d’user leur fond de culotte sur le banc de touche et qui avaient, eux aussi, envie de montrer ce qu’ils savaient faire. Les absents, qui ont toujours tort, doivent s’en mordre les doigts au regard du parcours de leurs camarades.

Et que dire des Pharaons ? Septuple champion d’Afrique dont un historique « hat trick » (2) en 2006, 2008 et 2010, les Egyptiens avaient subitement disparu des radars du sport-roi africain depuis leur dernier sacre et reprenaient ainsi contact avec l’élite du football continental. Et alors que l’ossature de l’équipe était essentiellement composée de joueurs locaux évoluant notamment à Al-Ahly et à l’Arab contractors, qui se retrouvaient donc les yeux fermés sur le terrain à Gabon 2017, la moitié des 23 sélectionnés par Hector Cuper jouaient à l’étranger.  

C’est donc ceux qu’on n’attendait pas qui ont été finalement au rendez-vous. Invités surprise, certes, mais qui auront mérité ce précieux ticket pour disputer la finale, tant « on n’est jamais leader par hasard », pour reprendre une célèbre réclame. Ça vaut surtout pour les poulains du Belge Hugo Bros, qui ont entamé le tournoi au petit trot avant de monter en puissance, se payant notamment le luxe de sortir, excusez du peu, le pays organisateur au premier tour avant de bouffer les Lions de la Teranga en quarts et de faire pâlir les Black stars en demi.

Elle n’est pas extraordinaire, elle ne fait plus rêver comme du temps des Milla, Kundé, Nkono, Bell, Omam Biyick ou, plus récemment, les Mboma et Eto’o mais elle sait être solide et efficace. Comme elle a su l’être de nouveau hier lors de la finale, revenant au score par Nicolas Nkoulou, après avoir été menée 1-0, avant de porter l’estocade à la 87e minute grâce à Vincent Aboubakar, l’équipe nationale camerounaise ajoute ainsi une cinquième étoile à son maillot grâce à ses «coiffeurs», qui savourent aussi une revanche légitime, puisque Nkoulou et Aboubakar sont entrés en cours de jeu. Mais au-delà de ces deux remplaçants qui ont scellé le sort des Pharaons à cette 31e finale de la CAN, c’est toute l’équipe qui savoure une certaine revanche puisque les garçons avaient perdu en 2008 leur dernière finale en date contre les mêmes Egyptiens (1-0).

 

La Rédaction

 

Notes

1- Sept pour les Pharaons en 1957, 1959, 1986, 1998, 2006, 2008 et 2010 et quatre au compte des Lions indomptables (1984, 1988, 2000 et 2002)

2- « Coup du chapeau » en anglais, terme utilisé quand un joueur marque trois buts au cours de la même partie

Dernière modification lelundi, 06 février 2017 22:21

Commentaires   

0 #1 Sacksida 06-02-2017 12:33
Les « Lions indomptables du Cameroun » qui étaient sortis 2ème des matchs du groupe A ont donc en Finale de cette Coupe d’Afrique des Nations rompu le signe indien, et terrassé les Pharaons d’Égypte ; et achevé l’inviolabilité des buts du mythique portier Essam El Hadary. Cette performance inattendue des joueurs Camerounais, est sans doute due au sérieux du travail et surtout à l’humilité dont ils ont fait preuve durant le tournoi pour revenir à un niveau d’efficacité et d’esprit de gagneur. Félicitations car c’est le Football Africain qui gagne. Salut
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