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Nouveau PM en RDC : Tshibala, le traître de service ?

La fumée blanche annonçant la nomination d’un nouveau Premier ministre, qui s’est élevée vendredi 7 avril 2017 du palais de la Nation, a certainement coupé le souffle à bon nombre de Congolais. Lors de son discours devant les deux chambres du Parlement réunies en congrès mercredi dernier, le président Joseph Kabila avait promis de nommer un chef du gouvernement dans les quarante-huit heures qui suivaient. Délai annoncé, délai respecté, serait-on tenté de s’exclamer.

 

Mais venant de la part d’un homme dont le refus de respecter le délai constitutionnel de son mandat présidentiel a plongé son pays dans une grave crise politique, c’est très probe pour être dénué de toute fourberie.

C’est qu’en nommant Bruno Tshibala au poste de Premier ministre du futur gouvernement de la transition, Joseph Kabila vient de faire le requiem de l’Accord politique de la Saint-Sylvestre.

Il vient de déchiqueter en mille morceaux la feuille de route d’une sortie de crise laborieusement tracée par la Commission épiscopale nationale du Congo (CENCO), laquelle avait fini par se lasser des différents blocages constatés au niveau de « l’arrangement particulier » censé ouvrir la voie à une cogestion du pouvoir avant les élections, prévues fin 2017.

En effet, selon l’Accord politique global et inclusif signé le 31 décembre 2016, il est prévu : « Le gouvernement de la République est dirigé par un Premier ministre présenté par l’opposition politique non signataire de l’Accord du 18 octobre 2016/Rassemblement et nommé par le président de la République conformément à l’article 78 de la Constitution » (Cf. III.3.1. du document).

En décidant ex cathedra, le président a délibérément violé et l’esprit et la lettre du joli compromis politique à même de conduire le pays vers sa première alternance pacifique.

Car non seulement le chef du gouvernement devrait être désigné par le Rassemblement des forces acquises au changement, et non choisi sur la base d’une liste de personnes comme l’a, contre toute attente, exigé et obtenu le chef de l’Etat, mais en plus celui qui vient d’être copté par le camp présidentiel n’est plus un membre dudit Rassemblement.

En effet, Bruno Tshibala, secrétaire général de l’UDPS, en a été exclu pour s’être opposé à la restructuration du parti après la mort de son père-fondateur, Etienne Tshisekedi. Il a alors rejoint armes et bagages l’aile dissidente de l’UDPS avec bien d’autres cadres politiques comme Joseph Olenghankoy.

En réalité, le nouvel impétrant semble avoir la gueule du parfait traître de service, car on se rappelle qu’il avait été sorti de sa prison de Makala pour aller s’entretenir nuitamment avec le directeur de cabinet de celui qui vient de le faire Premier ministre.

Quel deal ont-ils pu conclure ?

Avec les dernières évolutions, on se demande si Tshibala n’était pas le cheval de Troie du pouvoir à l’intérieur de l’opposition.

Car il ne fait l’ombre d’aucun doute que c’est ce « Mobutu aux petits pieds » qui faisait des mains et des pieds pour semer et entretenir la cacophonie au sein de l’opposition.

En réalité, c’est une méthode bien rodée que Kabila ressert à ses compatriotes.

On se rappelle que le prédécesseur de Tshibala, Sami Badibanga, nommé au terme de l’accord mort-né d’Edem Kodjo, était lui aussi en rupture de ban avec l’UDPS.

En agissant au mépris des clauses de l’Accord du 31 décembre, Kabila a fait le choix de l’affrontement et l’épreuve de forces est inévitable. Et déjà se profilent des jours de tumulte dans les grandes villes avec l’appel de l’opposition, aujourd’hui lundi 10 avril, à des manifestations pacifiques.

Combien de morts faut-il encore ramasser sur le macadam avant que la raison et le bon sens visitent celui qui s’est emmuré derrière un entêtement aussi suicidaire pour lui que pour toute la RDC ?

En attendant de voir ce que les prochains jours nous réservent, c’est un beau gâchis qui vient de nous être servi : démolir en moins de quarante-huit heures ce que les prélats avaient mis trois mois à bâtir et trois autres mois à parfaire.

Mais à force de jouer au maître boulanger-pâtissier, avec au four Lambert Mende et autres Aubin Minaku, Kabila finira inexorablement par tomber dans son propre pétrin, comme tant d’autres, comme lui, ont succombé au culte indécent de l’indispensabilité.

 

La Rédaction

Dernière modification lelundi, 10 avril 2017 08:03

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