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Journée ville morte à Kinshasa : Le calme dans la terreur

Il n’y a donc pas eu de manifestations sur la voie publique hier à Kinshasa. Alors que l’opposition entendait battre le pavé en réponse à la nomination du nouveau Premier ministre fantoche Bruno Tshibala.

 

Le pouvoir a interdit la manifestation et même les petits rassemblements dans les quartiers. En lieu et place donc de ce qui était envisagé, c’est à une journée ville morte qu’on a assisté avec des activités au ralenti aussi bien dans le domaine du commerce, de l’administration publique que des transports. Mais comme toujours dans ce genre de situation, on ne sait si c’est par respect d’un mot d’ordre ou si les populations ont préféré se terrer chez elles par peur de la répression.

Résultat, Kin-la-Belle renvoyait hier l’image d’une cité en état de siège, aux couleurs des forces de défense et de sécurité déployées à grands renforts de véhicules antiémeute et d’un véritable arsenal de guerre urbaine. Ils protégeaient les endroits jugés stratégiques et sillonnaient les bas quartiers pour y empêcher le moindre rassemblement avec à la clé des arrestations dans des villes comme Bukavu, Mbuji-Mayi, Goma et Lubumbashi.

Alors, cette journée que tout le monde redoutait pour être celle de tous les dangers a été plus ou moins calme au finish. A part quelques interpellations çà et là, rien à signaler. Mais on aurait tort de s’en réjouir, Joseph Kabila et les siens en premier, car il s’agissait plutôt d’un calme dans la terreur, celle qui précède les grandes tempêtes. Et on ne voit pas comment il pourrait en être autrement.

Voici en effet, un chef d’Etat qui, après 15 ans de règne sans partage, ne veut pas passer la main et qui, par toutes sortes d’artifices, s’emploie à s’accrocher au pouvoir. Un président qui se pique d’être aujourd’hui au-dessus de la mêlée entre pouvoir et opposition, tout en empêchant la coalition des forces acquises au changement de crier son ras-le-bol.

Donc, non seulement Mobutu-light confisque le pouvoir, mais il s’en prend aussi aux libertés publiques sous prétexte d’éviter la violence, alors que ce sont les actes mêmes qu’il pose qui font le lit de cette violence. Ainsi, en nommant un chef de gouvernement acquis à sa cause et qui n’est autre que le Juda de service, Joseph Kabila est sorti du cadre de l’accord du 31 décembre 2016.

Alors que reste-t-il  d’autre si ce n’est l’affrontement et son inévitable cortège de malheurs. Déchaînements de violences, actes de vandalismes, assassinats et autres violences contre les personnes…

Et si c’était le cynique jeu auquel se livrerait l’entêté locataire du palais de la Nation : créer les conditions objectives du chaos afin que l’organisation des élections générales ne demeure plus une priorité, que ce soit en décembre 2017 comme projeté par l’arrangement de la Saint Sylvestre ou en juin 2018 ainsi que le prévoyait l’accord mort-né d’Edem Kodjo, renvoyant ces élections aux calendes congolaises.

 

H. Marie Ouédraogo

Dernière modification lemardi, 11 avril 2017 08:41

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