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Mutineries à répétition en Côte d'Ivoire : Que va faire ADO maintenant ?

Quand est-ce que tout cela prendra fin ? C'est la question que l'on se posait dans notre éditorial du 9 mai dernier consacré à la manifestation, la veille, des anciens rebelles démobilisés qui avaient bloqué l'accès sud de Bouaké pour revendiquer leur intégration dans l'armée, avec le grade de caporal, et une prime de 18 millions de FCFA par tête de pipe.

 

Jeudi dernier, dans une déclaration retransmise à la télévision nationale, un militaire présenté comme le porte-parole des 8 400 soldats, qui s'étaient mutinés dans les casernes ivoiriennes début janvier, a présenté, en leur nom, des "excuses", avant d'affirmer qu'ils renonçaient "définitivement à toute revendication d'ordre financier". Alassane Dramane Ouattara avait à peine été soulagé par cette sortie, saluant ces paroles «dignes de sagesse et de maturité » et rappelant qu'il a été meurtri par le comportement en janvier dernier des mutins, que des tirs ont retenti quelques heures plus tard à Bouaké jusqu'aux environs de 4h du matin. Encore et toujours Bouaké. Et ses environs n’ont pas été en reste. Les mutins sont ressortis pour une piqure de rappel, pour ne pas dire des tirs de rappel. Une façon de marquer leur désapprobation de ces annonces. En réalité, ces excuses sont une mise en scène digne du Théâtre Notre-Dame de Paris, puisque c'était même en présence du chef de l'Etat, en personne, que ce mea culpa a été fait.

On se souvient qu'ADO, bien sûr, avait coupé des têtes dont celle du chef d'état-major général des armées et délié en partie les cordons de la bourse, et les mutins, qui réclamaient le paiement de primes, avaient ainsi obtenu un premier versement de 5 millions de FCFA (sur 12) en janvier selon plusieurs sources. Le reliquat, les soldats frondeurs, n'étant plus qu'objet de dilatoire. Ces négociations financières avec les mutins, le gouvernement ne les a jamais évoquées, mais elles ont provoqué une colère généralisée en terre d'Eburnie, particulièrement parmi les fonctionnaires. En effet, en janvier, alors que les casernes grondaient, ces derniers avaient lancé un mouvement de grève de trois semaines afin d'obtenir le paiement de leurs «stocks d'arriérés de salaires», ce que revendiquent d'ailleurs toujours les syndicats de la fonction publique dont les discussions avec le gouvernement se poursuivent.

Une situation qui rappelle à souhait que le miracle promis par les  ADOlatres ne s'est pas produit après le premier mandat euphorique ; alors que le locataire du palais de Cocody espérait, avec ses multiples réformes politiques et économiques, une douce sortie, surtout avec la loi de programmation militaire jusqu'en 2020, qui prévoit la modernisation et des achats d'équipements pour 1,2 milliard d'euros et une refonte des effectifs ; une refonte, si sa mise en œuvre prenait, qui devrait selon le gouvernement permettre de résoudre tous ces problèmes. Hélas ! Pauvre Côte d'Ivoire !

Evidemment, le président Ouattara est en partie responsable de ce qui lui arrive, car pour la plupart, ce sont les serpents qu'il a nourris autrefois qui sont en train de le mordre aujourd'hui. Et à cette allure, le front civil, déjà ouvert depuis janvier, n'est pas près de connaître un dénouement heureux.

  1. Arnaud Ouédraogo

 

Dernière modification lelundi, 15 mai 2017 21:46

Commentaires   

0 #2 Aban 15-05-2017 13:54
Bravo Mr Arnaud Ouédraogo! Vous avez analysé avec la rigueur intellectuelle requise la situation en Côte d'Ivoire; et vous avez tiré la conclusion qui vaille et que peu de leaders d'opinion osent: Alassane Ouattara récolte ce qu'il a semé. Quand dans un combat politique, on a recours à une rébellion armée militaro-civile , avec un soutien décisif de forces étrangères coalisées pour défaire, non pas un adversaire, mais l'ensemble des forces de défense et de sécurité du pays, c'est toute la fierté nationale qui s'écroule.
Comble d'humiliation, les Forces Armées Nationales de Côté d'Ivoire (FANCI), défaites par les forces rebelles et leurs alliées, sont remplacées par une armée (FRCI puis FACI) dominée par des d'ex- rebelles miliciens. Convaincus de leur bon droit de jouir de leur part du butin, ces ex-rebelles miliciens attendent un geste de Ouattara qui leur a promis ciel et terre une fois au pouvoir.
Ironie de l'histoire, ce sont les soldats des ex-FANCI qui tentent aujourd'hui de sauver les institutions républicaines que Ouattara incarne. Pour nous autres africains, il est temps de dénoncer cette forme de prise de pouvoir qui se termine souvent dans le chaos au lieu de stigmatiser le comportement d'une bande de miliciens pompeusement appelés soldats par la seule volonté de leur employeur qui, malheureusement a oublié l'essentiel à leurs yeux: le paiement de la part du butin tel que promis.
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0 #1 Anta 15-05-2017 11:12
Arnaud, qu'est-ce que tu ne comprends pas? L'Histoire de tous les hommes politiques qui ont utilisé des mercenaires pour parvenir au pouvoir a toujours été la même depuis que la politique est née sur terre. Les anciens égyptiens qui étaient plutôt des agriculteurs que des soldats ont commis la bourde de confier la défense de leur territoire au Hittites.Les Hittites les ont dominés plus d'un siècle en s'emparant du pouvoir. Alexandros Ho Megas, Alexandre le Grand, malgré les protestions de ses Macédoniens, a intégré dans ses phalanges des mercenaires recrutés parmi les peuples conquis: Mèdes, Perses, Bactriens, Indiens...On sait ce qu'il est advenu de son empire les semaines qui ont suivi sa mort par accès palustre. Les Romains ont confié la défense des frontières de l'empire aux Barbares venus des confins de leur vaste domaine: Goths, Wisigoths, Ostrogoths, Vandales; Francs, Alamans...Rome tomba pour ne plus se relever. Voilà ce que dit Polybe à propos de la révolte des mercenaires de Carthage "Les Carthaginois, épuisés par les dépenses de la guerre précédente, et se flattant qu'en gardant ces mercenaires dans la ville, ils en obtiendraient quelque grâce sur la solde qui leur était due, reçurent et enfermèrent dans leurs murailles tous ceux qui abordaient. Mais le désordre et la licence régnèrent bientôt partout ; nuit et jour on en ressentit les tristes effets. Dans la crainte où l'on était que cette multitude de gens ramassés ne poussât encore les choses plus loin, on pria leurs officiers de les mener tous à Sicca, de leur faire accepter à chacun une pièce d'or pour les besoins les plus pressants, et d'attendre là qu'on leur eût préparé tout l'argent qu'on était convenu de leur donner, et que le reste de leurs gens les eussent joints. Ces chefs consentirent volontiers à cette retraite ; mais comme ces étrangers voulurent laisser à Carthage tout ce qui leur appartenait, selon qu'il s'était pratiqué auparavant, et par la raison qu'ils devaient y revenir bientôt pour recevoir le paiement de leur solde, cela inquiéta les Carthaginois. Ils craignirent que ces soldats réunis, après une longue absence, à leurs enfants et à leurs femmes, ne refusassent absolument de sortir de la ville, ou n'y revinssent pour satisfaire à leur tendresse, et que par là on ne revît les mêmes désordres. Dans cette pensée ils les contraignirent, malgré leurs représentations , d'emmener avec eux à Sicca tout ce qu'ils avaient à Carthage. Là cette multitude vivant dans une inaction et un repos où elle ne s'était pas vue depuis longtemps, fit impunément tout ce qu'elle voulut, effet ordinaire de l'oisiveté, la chose du monde que l'on doit le moins souffrir dans des troupes étrangères, et qui est comme la première cause des séditions." Nos politiciens connaissent Machiavel par cœur juste pour faire du mal à leurs concitoyens mais sont nuls en Histoire? Je m'excuse si je suis pédante, webmaster!
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