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Macron et l’Afrique : Ce qui ne va pas changer

Après un laborieux quinquennat, François Hollande a cédé, hier dimanche 14 mai 2017, le pouvoir à Emmanuel Macron. Dans la pure solennité républicaine, symbole de la continuité de l’Etat.

Dans une Afrique où, certes la démocratie poursuit son petit bonhomme de chemin, mais où subsistent encore de nombreux bastions de la « démocrature » voire de la dictature soft, ces images élyséennes, symbole de raffinement démocratique, tranchent avec nos consternantes alternances, canon sur la tempe, sabre au clair, gourdins levés des insurgés.

 

Elu président de la République française le 7 mai 2017 avec 66,10% puis confirmé trois jours plus tard par le Conseil constitutionnel, le nouveau président français exerce, depuis, la réalité du pouvoir. Seul face à ses nouvelles responsabilités et au destin des 70 millions de ses compatriotes.

Passé la cérémoniale investiture dans la pure tradition monarchique suivant un protocole bien rodé : arrivée du nouvel impétrant, poignée de main entre les présidents sortant et entrant, entrevue dans le salon d’or, 21 coups de canon, c’est parti donc pour un quinquennat sous le magistère de Macron.

De quoi sera-t-il fait ? Nul ne saurait le présager. Tant les chantiers qui attendent le Mozart de la politique française sont aussi nombreux que les touches d’un piano : la question de l’emploi et de la retraite, le relèvement du pouvoir d’achat, le clivant débat sur la loi El Khomri,…

Ce n’est donc pas un chèque en blanc que les Français ont signé à ce banquier de président.

Le fondateur de la République en Marche a beau être un génie, il ne dispose pas de baguette magique pour mettre en marche le changement tant attendu par la France et les Français. Du désenchantement, il y en aura certainement chez ceux qui l’ont mis sur le piédestal.

Mais il n’y a pas que chez nos « cousins gaulois » que le surdoué Amiénois pourrait faire des mécontents.

Car en Afrique aussi, précisément dans les ex-colonies françaises, on se pique de rêver d’un renouveau dans la politique africaine de l’Hexagone. Comme c’est le cas toutes les fois qu’un nouveau locataire dépose ces pénates à l’Elysée. On pense que les choses iront mieux. Que la chasse aux dictateurs sera ouverte et impitoyable, le robinet de l’aide au développement ouvert à fond et le commerce équitable désormais une réalité.

Et pourtant, comme avec ses prédécesseurs, il ne faut pas se faire d’illusions avec ce quadra issu de la promotion Senghor de l’ENA en 2004, qui promet de donner un coup de jeune aux relations franco-africaines.

N’a-t-il pas en effet promis d’engager « une nouvelle politique en direction du continent africain, fondée sur la liberté et la responsabilité » puis d’en finir « avec certains réseaux de connivence franco-africains et des influences affairistes qui, on l’a vu, subsistent malheureusement dans le système politique français, en particulier à droite " ?

Pour le continent noir, plutôt que de s’interroger sur ce qui va changer avec Emmanuel Macron, il faut se demander ce qui ne va pas l’être.

Ce qui ne va pas changer ici, c’est l’ambiguïté de la France face à son rapport à la démocratie et à l’Etat de droit.

C’est que « la Patrie des droits de l’homme », qui sait donner de grandes leçons sur la gouvernance politique, est celle aussi qui, au gré de ses intérêts, grenouille dans les marigots africains pour s’acoquiner avec certains vieux crocodiles avides de règne ad vitam aeternam : on l’a vu avec le Congolais Denis Sassou Nguesso ou le Tchadien Idriss Deby Itno pour ne citer que ces deux-là.

Il n’y a pas de raison que ce paradoxe bien français change avec Macron.

Ce qui ne va pas changer ici, c’est le volume de l’aide au développement.

Car il ne faut pas compter sur cet ancien banquier d’affaires chez Rothschild & Cie qui, comme tout bon banquier, a de l’oursin dans la poche et ne sera pas prêt à oxygéner l’Afrique à tire-larigot. Avec lui, ce serait déjà quelque chose de gagné si l’enveloppe de l’aide au développement reste à son niveau d’antan.

Ce qui ne va pas changer ici, ce sont les relations commerciales.

En effet, on ne le sait que trop, que ce soit sous un président français de gauche, de droite où ni de l’un ni de l’autre comme c’est le cas de Macron, tout ce qui touche aux intérêts des groupes français relève de l’affaire d’Etat. De sorte que tout locataire de l’Elysée se trouve être un VRP des grosses boîtes comme Bouygues, Bolloré, Areva, Total ou Engie, dont l’Eldorado se trouve en terres africaines.

Quid de la coopération militaire, particulièrement étroite ces dernières années avec la montée du terrorisme ?

Ici non plus rien ne va changer. Que ce soient les opérations « Sangaris » en Centrafrique et « Barkhane au Mali, ou les récentes bases militaires française à Niamey, Ouagadougou, aucune ne lèvera le bivouac de sitôt, et il faut s’en réjouir, les Etats concernés ne pouvant pas encore faire face seuls à la menace terroriste et au risque de déstabilisation.

Quoiqu’on puisse dire de son quinquennat, Hollande, le « général du Sahel », par son interventionnisme militaire, a été un grand allié dans la lutte contre le terrorisme en Afrique occidentale. Alors, on ne voit pas comment son successeur pourrait rechigner à jouer le même rôle au risque de compromettre à la fois la stabilité de la sous-région ouest-africaine et les intérêts géostratégiques de son pays.

Et Jean-Yves Le Drian, ancien ministre de la Défense de Hollande et un des proches de Macron, est là pour guider ce dernier sur les pas de son prédécesseur.

Pour tout dire, il ne faut pas s’attendre au moindre bouleversement dans les relations franco-africaines.

Et bien naïfs sont ceux qui attendent qu’un vent nouveau souffle de l’Elysée à l’Afrique.

 

Alain Saint Robespierre

Dernière modification lelundi, 15 mai 2017 20:57

Commentaires   

0 #3 Afrique Consciente 16-05-2017 16:31
Je constate que ANTA croit que sans la france le continent ne peut rien faire.OUST à cette france et tu vas voir toute la PAIX qui va regner qur l'Afrique.
D'ailleurs,, les dignes africains n'ont qu'un seul et un combat : mettre la france HORS DU CONTINENT;
C'est la seule voie de notre salut et INCHALLAHOU, elle arrive grace aux valeureux fils d'Afrique
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0 #2 Anta 15-05-2017 11:50
Les Africains mêmes ont bouche quoi! C'est vous qui n'avez rien et c'est vous qui faites le malin. Si la France quitte le Mali lundi, les djihadistes seront à Bamako, Ouagadougou, Niamey et Dakar le mardi et le mercredi ils vont boire le thé aux bord de la lagune Ebrié tout en caressant leur barbe et les fesses de vos femmes et filles. Donc laissez les français tranquilles!
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0 #1 lagitateur 15-05-2017 09:07
C'est comme ceux qui avaient pensé qu'avec l’avènement au Pouvoir de Barrack OBAMA en Amérique, les Dollars allaient pleuvoir sur l'Afrique. S'il y a des encore Africains qui croient qu'un Président français viendra changer leur quotidien, c'est qu'ils ne sont pas encore réveillés et leur réveil sera douloureux. Emmanuel MACRON a été élu par les Français et son rôle sera de travailler à leur bonheur, c'est à dire garantir leurs intérêts partout dans le Monde quelque soit les moyens à utiliser, y compris au Burkina.
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