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Les élucubrations de Toégui : Les autres les uns

Sémanticité… ou la sémantique de vos cités… Une expression que vous entendez depuis des années à la radio nationale. Et si je vous demandais ce que signifie ce mot « sémanticité » ? Hein ? Je vous le demande. C’est quoi la sémanticité ? Attention à ce que vous allez  dire. La sémanticité ça ne veut rien dire. Pour la simple raison que c’est un mot qui n’existe pas. C’est un mot pour rien.

 

Il y a beaucoup de mots comme ça. Des  mots ronflants mais inconnus de Vaugelas, encore moins de Larousse. C’est comme le mot «redevabilité» qui a fait le buzz durant la saison des étrennes, des étrennes  parlementaires je devrais dire. Redevabilité… redevabilité. Mon œil ! On nous a pompé l’air avec ce mot. Il n’y a pas de redevabilité dans le dico. Faux et usage de faux ?  Non je ne dirai pas ça. Rien à voir.

Voilà… Ce n’est que dimanche avant hier que j’ai  découvert Amadou Diomdioda Dicko, l’ancien Ministre. Je l’ai enlevé de ma liste noire. Pourquoi avez-vous  sursauté ? Parce que j’ai une liste noire ? Ce n’est rien une liste noire. Tout le monde a une liste noire. Vous avez une liste noire.

Maintenant, je sais, Amadou Diomdioda n’est pas n’importe qui.  Je l’ai écouté durant une heure à l’émission de débat de Bénédicte Zouré. Désormais, lorsqu’on parlera  de parti «Tête de rat» je ne penserai pas à Diomdioda. Lorsqu’on parlera de parti «Queue de lion», je ne penserai pas à Diomdioda.  Lorsqu’on  parlera de «1 pied dedans  1 pied dehors»,  je ne penserai pas à Diomdioda. Non, c’est  quelqu’un Diomdioda.

Au fait, n’avez-vous pas l’impression qu’il  y a moins de Tête de rat et de Queue de lion par ces temps ? Même s’ils sont là on ne les sent pas. Il  en est de même des 1 pied dedans 1 pied dehors qui se font tout petits. J’ai demandé la raison de cette torpeur et on m’a répondu  que c’est parce qu’il n’y a plus un Tukguili. Comme autrefois.

Le Tukguili… Ah, le Tukguili ! Au bon vieux temps du Tukguili on ne manquait pas de Tête de rat ni de Queue de lion. Il y en avait à droite, il y en avait à gauche. Il y en avait même qui ne savait pas s’ils étaient à droite ou à gauche.

On a demandé à Emmanuel Macron, Président du parti politique «En marche !» et candidat à la prochaine présidentielle française, s’il était de droite ou de gauche. Voici la réponse du tout nouveau enfant prodige de la politique à M’Bengué :

- Je ne suis ni de droite ni de gauche. Je suis de droite et de gauche.

Elle n’est pas belle, cette phrase ? Mais en matière de phraséologie, ici au Faso, nous n’avons rien à envier aux phraseurs de M’Bengué et de Navarre.

Ayons une pensée pieuse à la mémoire du vénérable Dim Salifou Sawadogo. Sa sentence «Un grand n’est pas un petit» est passée à la postérité comme une sentence à la véracité indiscutable.

A propos des phrases des uns et des autres, il ne faut pas tout mélanger. Il y a les belles phrases et il y a les phrases célèbres. Lorsqu’on dit que «Les portes de l’enfer vont s’ouvrir à nos pieds», c’est une phrase célèbre mais ce n’est pas une belle  phrase. Bien au contraire c’est une phrase qui empêche de dormir la nuit, une phrase qui fait froid au dos.

Et puis, les belles phrases et les phrases célèbres ont en commun ceci de fâcheux, qu’une fois  prononcées, elles collent à la peau de leur auteur au point que même un méa culpa ne peut rien y faire. Par exemple, si vous voulez savoir qui a dit «Je n’ai jamais pensé être Président du  Faso,  même pas en rêve…», vous trouverez un esprit malin pour vous dire en un quart de seconde celui qui a dit cette phrase.

Et qui a dit que «la limitation du mandat présidentiel est anti-démocratique» ? Ne cherchez pas loin, c’est moi qui l’ai dit, moi Toégui.

Une phrase vient de naître. Presqu’en même temps que le remaniement ministériel.  Est-elle belle cette phrase ? N’est-elle pas belle ? Des goûts et des couleurs on ne discute pas mais le moins que l’on puisse dire c’est que cette phrase a démarré en trombe et tient la vedette sur les réseaux sociaux. «Les terroristes seront terrorisés»…  Que certains traduisent par :  «A terroriste, terroriste et demi…».

Où en est  donc la Commission Constitutionnelle ou si vous préférez la Quintessence de la République ?

L’avant-projet de Constitution a été rendu public le 10 janvier dernier et depuis lors on attend en vain la suite des opérations. Mais rien. Le Président Halidou  avait pourtant annoncé que les sorties dans les 13 régions  débuteront le 17 février passé et qu’à compter du 21 février ce serait le tour des missions à l’extérieur. A l’en croire c’est l’intendance qui  tarde à suivre. Un problème d’intendance ? Ah non ! S’il y a un motif qu’il ne faut point évoquer pour justifier un quelconque retard dans les tournées  de la Commission Constitutionnelle, c’est bien le manque  d’argent. Tout sauf les finances. Avec le PNDES ou sans le PNDES, avec  ou sans l’Union Européenne les moyens doivent être disponibles, et à tout moment.

On n’était pas très à l’aise lorsqu’on a entendu le Président Halidou déclarer qu’il a fait appel à des Partenaires Techniques et Financiers  pour pouvoir boucler le budget de la Commission Constitutionnelle. De grâce laissons donc Water Aid , Hans-Siedel et autres généreuses ONG s’occuper des problèmes d’eau et d’énergie de nos populations des campagnes, mais écrivons notre Constitution par nos propres forces. Quoi qu’il nous en coûte. Il y  va de notre souveraineté.

Je devrais arrêter mes élucus ici. Pour qu’on ne dise pas que je suis un élucubreur emmerdeur. Mais j’assume. Je suis un élucubreur emmerdeur. Je n’y peux rien.

Les missions que les membres de la Commission Constitutionnelle s’apprêtent à effectuer   me tracassent autant que le vote des Burkinabè de l’extérieur. Ces Commissaires, qui vont se rendre les uns en Côte d’Ivoire, les autres au Mali, les autres au Ghana les  uns au Sénégal et au Gabon, ces pays dits zones de concentration, c’est dans quel but ? Les Commissaires qui vont se rendre les uns à Bruxelles, les  autres à Paris, les uns au Canada les autres à New-York, puis à Rome, c’est  dans quel but ? Pour recueillir les avis de nos compatriotes vivant dans ces pays afin d’enrichir l’avant-projet de Constitution ? C’est très bien. Mais comment vont-ils retrouver et regrouper la grande majorité de nos frères pour prendre leurs avis ? Vont-ils organiser un meeting à l’Ambassade ou au Consulat de chaque  pays ? L’Ambassade ou le Consulat permet-il de rassembler un grand  monde comme à la Maison du peuple de Ouaga ? Et combien faudra-t-il débourser pour cela ?

Je m’arrête là. La page 6 ne suffirait pas pour  écrire toutes mes questions. J’ai pourtant bien de questions à poser.

Zone de concentration pour zone de concentration, pourquoi une mission au Gabon et pas une  mission en Guinée Equatoriale et au Soudan ? Pourquoi une mission dans la seule ville de New-York dans ce très vaste pays d’Amérique et pas à San-Francisco situé 10 000 lieues sur l’autre côte de l’Océan Pacifique ?

Je parlais de la Commission Constitutionnelle qui me fait penser à la Commission Electorale Nationale Indépendante.

Je me demande si avec le temps qu’il a passé à la CENI, Newton Ahmed Barry croit toujours à sa chose. N’est-ce pas lui qui avait dit que pour le vote des Burkinabè de l’extérieur en 2020 son budget devra être multiplié par 7 ? N’est-ce pas lui qui vient de  dire que pour la reprise des élections municipales du 28 mai prochain il faudra 1 milliard 200 millions  gnac dans le bac ?

Encore heureux sommes nous…Estimons nous heureux en effet que le Premier Ministre Paul Kaba Thiéba ait renoncé à la Conférence Nationale dont il a menacé Bassolma Bazié et les siens. Parce qu’une Conférence Nationale serait autre chose que ce qu’on croit. Une Conférence   Nationale en cette période post-insurrection serait autre chose et je me repête. Parce que, en plus des partis politiques, en plus des autorités religieuses et coutumières, en plus des forces vives, en plus des OSC pures et dures de toutes les couleurs, il faudra aussi compter avec le « peuple mouton ».

Peuple mouton… Peuple mouton… qu’est-ce que je raconte !? Je devrais dire le nouveau peuple mouton. Parce que le peuple mouton n’est plus ce qu’il était. L’ex peuple mouton c’est fini.

Place  au nouveau peuple mouton qui n’attend qu’une Conférence Nationale pour se faire entendre. Je l’écoute chaque  matin sur les FM ce nouveau peuple mouton. Il dit que  rien ne sera plus comme avant. Il dit qu’il n’y a pas de raison que  l’argent de l’or et le PNDES soient réservés aux seuls 200 000 fonctionnaires alors qu’il y a 18 millions de Burkinabè.

C’est ce qu’il dit le nouveau peuple mouton. Et il ne plaisante pas.

Commentaires   

0 #4 TK 08-03-2017 14:51
Mr Toegui, la langue evolue quand meme non? Quoique je ne suis pas partisan a tout prix du changement, l'on devrait etre ouvert a enricher la langue de nouveaux mots si ils sont pertinants
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0 #3 Kanzim 07-03-2017 15:33
M Toégui, sémanticité est un néologisme, lui-même étant une acception qui ne saurait trouver une traduction en langue San, mais qui renvoie à la création de nouveaux mots. Le Burkina pourrait être champion du monde d’abord en création de sigles, puis en répétition non réfléchie des néologismes trouvés ailleurs : j’ai suivi une responsable d(‘une ONG, qui dans une gestuelle voulant moins donner du relief à ce qu’elle dit qu’à présenter plutôt ses bijoux au poignets et ses bagues, disait que « la situation est tellement difficile qu’il nous un shift, pour réaliser un bridge qui nous permettra d’avoir des solutions soutenables ». Il lui suffisait de dire que des solutions durables seront trouvées pour répondre à la situation difficile. Les prolégomènes qui sont venus proposer dues barbarismes dans le langage administratif sont une preuve que le ridicule prend place là où on fonce à tête baissée ; honnêtement je ne suis pas d’accord qu’on dise du ressortissant de Banfora qu’il est un banforalais,, et des exemples qui blessent le gout de l’euphonie e=se =sont pleins dans ces prolégomènes. En ce qui concerne la commission constitutionnel le, le seul référendum que j’aurais accepté était de savoir si oui ou non, nous voulons que cette commission aille en balade à travers le monde pour se reposer, plutôt que pour travailler à la consensualité d’une constitution. Au Burkina on aime tellement faire dans l’accessoire et dans l’inutile. Et qui paie ? Les contribuables. Et qui des contribuables en souffrent plus en payant, les contribuables honnêtes. Comment par exemple on peut gasille plus d’un Milliard de francs pour reprendre quelques élections municipales parce que des politiciens sont préoccupés par leurs gosiers et que des chefs coutumiers se mêlent trop de ce qui ne les regarde pas. Et toute honte vue, ils demandent ces politiciens, d’être financés pour leur comédie électorale. Le patriotisme est une notion qui reste encore à être enseignée à ces politicards.
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0 #2 Kôrô Yamyélé 07-03-2017 10:41
- Pourquoi peuple mouton ? C'est mieux de dire burkinÂNESbè qui racontent des burkinÂNERIES et des burkiNIAISERIES.

Par Kôrô Yamyélé
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0 #1 Sidzabda 07-03-2017 09:29
autre phrase célèbre "même si vous voulez, vous pouvez écrire sur vos dos, vous ne pouvez rien changer". voilà autant de phrases très célèbres qui font plus rires que pleurer car si c'était à reprendre, personne n'allait reprendre sa phrase. Pour le mot sémanticité, le mot n'existe pas, il est une invention. Par exemple JJ avait titré un de ses articles " FESPAQUE" pour faire allusion aux longues files d'attentes lors des entrées dans les salles de ciné lors du FESPACO. Pour les élections des Burkinabè de l'étranger, il faut le voir pour le croire.
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