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Fête nationale américaine : La leçon de civisme d’Andrew Young

L'ambassadeur américain, Andrew Young L'ambassadeur américain, Andrew Young

La fête nationale américaine commémorant la déclaration d’indépendance du 4 juillet 1776 a été célébrée ce mardi à l’ambassade à Ouagadougou. Cette cérémonie solennelle, présidée pour la première fois par le nouvel ambassadeur Andrew Young, a été placée sous le signe du civisme et de l’engagement citoyen.

 

Lors de la précédente commémoration de l’ « Independence Day »,  Barack Obama était encore  à la Maison-Blanche et Tulinabo Mushingi l’ambassadeur accrédité  des Etats-Unis au Burkina Faso. L’élection du Démocrate en 2008, le premier Noir à accéder à cette prestigieuse fonction, avait suscité de nombreux espoirs, l’Amérique en avait fini, pour certains, avec  ses vieux démons. Tulinabo Mushingi, qui présidait la fête nationale le 4 juillet 2016 à Ouagadougou, était en fin de mission. Il s’apprêtait à laisser le Burkina orphelin de son « Sidpawalemdé (Ndlr : on ne murmure pas la vérité) » ainsi qu’on le surnommait.

Son franc-parler, sa proximité avec le peuple et ses  nombreuses sorties à l’intérieur du pays ont fait entrer le diplomate dans le cœur des Burkinabè. Beaucoup se demandaient ce jour-là quel autre ambassadeur pourrait combler le vide qu’il laisserait après son départ. Une appréhension partagée même par les premiers responsables du pays, confiera le ministre de la Sécurité, Simon Compaoré.

En présentant ses lettres de créance le 1er décembre 2016 au Président du Faso, Andrew Young, précédemment premier conseiller de l’ambassade à Bamako, savait donc qu’il était très attendu ; la barre avait été placée très haut par son prédécesseur. Les Burkinabè, nostalgiques, scruteront ses moindres paroles et gestes pour le comparer à Tulinabo Mushingi. Et pour ajouter encore du doute,  sur le nouveau continent, le Républicain Donald Trump  a été élu 45e président des Etats-Unis avec un programme  basé sur « America First (Ndlr : l’Amérique d’abord) ».

La crainte d’apprendre un jour par Twitter, le réseau social préféré du milliardaire président, la réduction de l’aide au développement était grande au Burkina.

Mais lorsque lors d’une de  ses premières visites  au Président du Faso, le nouvel ambassadeur lui dit une bonne nouvelle, celle de la reconduction du compact du programme Millenium challenge account (MCA) au profit du Burkina, on a compris que l’élection de Donald Trump n’aura sans doute pas de grandes conséquences  sur les relations entre les deux pays. En tout cas, c’est le message que les diplomates américains veulent faire passer.

 

De son côté, Andrew Young s’est employé à faire oublier son prédécesseur si non à marcher dans ses sillons. L’ambassadeur a lui aussi pris son bâton de pèlerin pour  une prise de contact  avec les Burkinabè des 13 régions du pays.  Il s’est  en plus mis au mooré avec pour le moment moins de maîtrise que Sidpawalemdé qui affectionnait particulièrement cette langue.

C’est donc sous le signe d’une relation « au beau fixe », comme le dit la formule consacrée et qui le « restera », selon Andrew Young, qu’ont eu lieu le 4 juillet 2017 les festivités de la  241e fête nationale américaine.  Et il y avait foule ce mardi soir à la représentation diplomatique : ministres, représentants d’institutions, diplomates, … Une foule qui, occupait les jardins parés des couleurs de la bannière étoilée,  et qui, entre deux gorgées de bière ou de jus, attendait le début de la célébration dont le maître de cérémonie  n’est autre que le premier conseiller de la mission diplomatique, David K Young.

L’une des voix de la musique burkinabè, Nabalum, en profite pour bercer les tympans avec une prestation en live.

L’acte solennel marquant le début de l’«  Independence Day » a été la présentation des couleurs par les Marines, parés de leur uniforme bleu, rendu célèbre par Hollywood.

Tour à tour le ditanyè et  le « Star-Spangled Banner » ont été  ensuite entonnés par un chœur international avant que l’hôte du jour ne vienne s’adresser au parterre d’invités dans un discours dans un show à l’américaine : chaque idée était en effet appuyée par des images projetées sur deux écrans géants.

Le plénipotentiaire a rappelé les liens historiques entre son pays et le Burkina Faso et la nature de ces relations basées sur trois axes, la démocratie, la sécurité et le développement durable. Andrew Young a surtout insisté  sur le rôle important que jouent les Etats-Unis qui initient plusieurs formations au profit de nos forces de défense et de sécurité aux prises avec l’extrémisme violent.

A noter que tout au long de son discours, l’ambassadeur n’a jamais évoqué le cas Trump qui, quoi qu’on dise, reste un Président imprévisible. Il n’a pas non plus accordé une interview aux journalistes, sans doute pour éviter ce sujet qui fâche.

 

« Le civisme, c’est moi ! »

Si au terme de sa tournée dans le pays, Andrew Young dit avoir rencontré « un peuple travailleur, intègre et décidé à prendre son destin en main », il reconnaît que « tout n’est pas parfait ».

En effet, a-t-il relevé, l’actualité ces deniers temps a été marquée par de nombreux cas d’incivisme. Même si, malgré tous ces écarts, la bonne réputation  du Pays des hommes intègres se justifie, « nous devons la préserver par l’engagement citoyen », a-t-il indiqué. L’Amérique a donc voulu, à l’occasion de cette commémoration de son indépendance, partager l’idée, qui l’a forgée, que chaque citoyen a un rôle à jouer pour le bien-être de sa communauté.

La cérémonie s’est tenue en effet avec ce mot d’ordre : « Le civisme, c’est moi ! ». Chaque invité a, à ce titre, était invité à inscrire sur un tableau ce qu’il fait pour le développement de son pays. Un tableau qui fut bien rempli mais il faudra plus que des mots pour concrétiser cette maxime de l’ancien président américain John Kennedy : « Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays ».

 

Hugues Richard Sama

 

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