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Propos de Macron sur l’Afrique : Un président ne devrait pas dire ça non plus.

« Le défi de l'Afrique, il est totalement différent. Il est beaucoup plus profond, il est civilisationnel aujourd'hui. Quels sont les problèmes en Afrique? Les États faillis, les transitions démocratiques complexes, la transition démographique qui est, je l'ai rappelé ce matin, l'un des défis essentiels de l'Afrique. Quand des pays ont encore aujourd'hui 7 à 8 enfants par femme, vous pouvez décider d'y dépenser des milliards d'euros, vous ne stabiliserez rien ».

On aurait prêté ces propos, en tout cas une bonne partie, à Jean-Marie Le Pen que cela n’étonnerait personne.

Mais, tenez-vous bien en place pour ne pas tomber des nues, l’auteur de cette déclaration qui suscite le tollé en Afrique et dans le monde n’est personne d’autre que le nouveau et jeune président français, Emmanuel Macron. Lui dont l’élection a été saluée par une bonne partie de la jeunesse africaine qui s’était mise à rêver de ce qui venait de se passer en France : le rajeunissement d’une classe politique veillotte où des dirigeants, après trois voire quatre décennies de règne, continuent de s’accrocher au pouvoir.

Et ce « Macromania » est allé crescendo coup sur coup sur le continent noir d’autant qu’en l’espace de trois mois, le nouveau locataire de l’Elysée s’est rendu trois fois en Afrique : d’abord à Tombouctou où opèrent les forces spéciales française dans la lutte contre les terroristes ; ensuite au Maroc où il a partagé l’iftar (repas de la rupture du jeûne du ramadan) avec la souverain chérifien et enfin à Bamako, à l’occasion de la récente rencontre des chefs d’Etat du G5 Sahel.

Une façon sans doute pour le président Macron d’approfondir sa connaissance de l’Afrique, lui qui a fait son stage de l’ENA au Nigeria.

Mais il faut craindre que le désamour ne s’installe entre celui que la presse française surnomme « Jupiter » et le continent noir.

Il y a eu déjà cette dérive verbale sur les Kwassa-Kwassa (nom comorien de canot de pêche) le 1er juin dernier en Bretagne au cours de laquelle le nouvel élu s’est fendu de cette phrase qui a défrayé la chronique : « Les Kwassa-Kwassa pêchent peu. Ils amènent du Comorien ».

Voilà qu’il nous ressert une autre polémique à la faveur du récent Sommet du G20 tenu à Hambourg en Allemagne. « Le défi de l'Afrique, il est totalement différent. Il est beaucoup plus profond, il est civilisationnel aujourd'hui. Quels sont les problèmes en Afrique? Les États faillis, les transitions démocratiques complexes, la transition démographique qui est, je l'ai rappelé ce matin, l'un des défis essentiels de l'Afrique. Quand des pays ont encore aujourd'hui 7 à 8 enfants par femme, vous pouvez décider d'y dépenser des milliards d'euros, vous ne stabiliserez rien ». Souffrez la répétition !

Dérapage pour dérapage, soyons d’abord juste avec le jeunot de l’Elysée. Car au fond, il n’a fait que reprendre une évidence qui fait l’unanimité auprès de tous les spécialistes du développement : l’inadéquation entre le taux de natalité et le taux de croissance qui handicape l’épanouissement humain. Et en Afrique, que constate-t-on toujours ? La population progresse à un rythme géométrique alors que l’économie progresse à un rythme arithmétique.

Avec cette distorsion, il faut le reconnaître, il est difficile pour nos Etats de créer suffisamment de richesses pour satisfaire les énormes besoins en matière d’éducation, d’alimentation, de santé et d’emploi, pour ne citer que ceux-là.

Même à l’échelle de la cellule familiale, la variable natalité a une incidence sur la qualité de la vie.

Et nos gouvernants ne partagent pas moins la position de Macron sur les méfaits de la démographie galopante quand ils dépensent des milliards dans les campagnes de sensibilisation à la limitation des naissances.

Toutes les nations qui ont atteint un certain niveau de développement sont passées par la nécessaire transition démographique. Et certains gouvernements dans le monde en sont même venus à imposer le nombre d’enfants par couple.

Donc ce n’est pas parce que cette quasi-vérité de Lapalisse sort de la bouche d’un Blanc que le continent noir doit crier au racisme.

Mais là où on a du mal à suivre le président français, c’est quand il lie le problème de l’Afrique à sa civilisation. « … Il est plus profond, il est civilisationnel ». Oui, vous avez bien lu « civilisationnel ».

Ce n’est plus le passionné de philosophie et d’Histoire qui parle, mais plutôt Macron Lagaffe.

Un président ne devrait pas dire ça non plus, serait-on tenté de dire, pour reprendre le sous-titre du livre « Secrets d’un quinquennat » (1)

Car rattacher le problème de l’Afrique à une question civilisationnelle, c’est établir une hiérarchisation entre les civilisations. Et quand on en arrive à là, on verse dans une sorte de racisme.

Si l’on était cruel, on rappellerait que c’est pareille considération qui a nourri le nazisme dont les conséquences se passent de tout commentaire.

En proférant une telle déclaration, Macron n’est pas loin du blessant « L’Afrique n’est pas suffisamment entrée dans l’Histoire » qui a valu à Sarkozy la bronca du monde entier. Et on peut être sûr qu’à l’image de son prédécesseur,   cette malheureuse sortie de piste risque de le poursuivre toute sa vie.

Le président français est-il grisé par son exploit à nulle autre pareille dans l’histoire politique de la Ve République ?

On a beau être comparé à Jupiter, roi des dieux et des hommes, on doit quand même remuer sept fois sa langue avant de parler. Car mêmes les dieux ne sont pas infaillibles.

Alain Saint Robespierre

 

  • Ouvrage écrit par les journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme et consacré à des confidences faites par l’ancien président français, François Hollande.

Commentaires   

0 #7 BALA 18-07-2017 12:46
La vérité rougit les yeux, acceptons la, et corrigeons nos erreurs
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+2 #6 Sinou 13-07-2017 16:50
MON CHER MACRON

Ma mère a eu au total neuf enfants dont huit sont encore en vie. Elle et mon père n'ont pas fait un jour de classe dans une école ni française, ni catholique, ni coranique, encore moins évangélique. Mes parents ont aujourd'hui respectivement 78 et 76 ans. Ils pourraient être tes grands-parents. Ils n'ont jamais travailler dans une administration publique. Le système français importé de chez toi n'a jamais prévu leurs places. Mon père a arrêté de travailler avec moins de 30000 cfa comme revenu mensuel et ma mère n'a jamais eu de bulletin de solde. Aujourd'hui, grâce à leurs efforts, à ceux de la grande famille et toute la COMMUNAUTÉ les 8 enfants comptent parmi eux 1 ingénieur, 1 infirmier, 1 technicien supérieur, 1 administrateur d'établissement , 1 administrateur culturel, 2 communicateurs et 1 journaliste. Tous participent du mieux qu'ils peuvent à la construction de notre pays le Burkina Faso. Je passe sous silence le fait qu'ils manipulent avec aisance la langue de tes ancêtres et prolongent de ce fait ta culture et l'influence de ton pays. Ils paient des impôts et taxes qui permettent à notre président de venir de temps en temps écouter tes balivernes en Europe là-bas, ils utilisent et font circuler ton franc CFA que tu imprimes et distribues à ta guise à partir de La Chamalières​ chez toi en France là-bas. Mes frères et moi avons formé de très nombreux autres burkinabè qui travaillent pour la stabilité, le confort et le prestige de ton pays : certains travaillent dans tes entreprises de commerce et de construction ici et renflouent tes caisses là-bas , d'autres cultivent le coton que tu viens emporter pour la mode de tes concitoyens, etc... Il y a en même que tu as fait venir chez toi en France parceque tu nous trouvais indignes de leurs savoirs. Peut-être devrais-je ajouter qu'aucun de mes frères et moi, aucun de ceux que nous avons formés n'a jamais manqué du respect envers toi ou tes concitoyens qui se sentent bien chez nous même si c'est toujours la croix et la bannière quand nous essayons de vous rendre visite. Quant à mes parents, ils ne peuvent même pas prononcer ton nom puisqu'ils ne savent pas qu'après ton grand père POMPIDOU, il y a eu encore un dirigeant dans ton pays.
Ce que je viens de te dire, c'est si banal en Afrique en général et au Burkina Faso en particulier que je n'ai jamais pensé qu'il faille le rappeler un jour à un de chez toi, qui plus est le Président. Mais comme tu sembles vouloir faire porter le chapeau de notre sous-développem ent à nos mères et avant elles à nos grands mères, il me semble aujourd'hui indispensable de te dire pourquoi ma mère a eu 9 enfants et pas 2 ou 3 comme la tienne. Quand tes aïeux Voulet et Chanoine prenaient de force les terres de nos ancêtres, ils ont abattu beaucoup parmi les nôtres. Puis avec vos travaux forcés, d'autres bras valides sont encore tombés. Ensuite, il y a eu vos deux stupides guerres que vous avez qualifiées de mondiales pour encore venir ponctionner des milliers d'enfants chez nous pour vous aider. Et si j'ajoute les sales maladies que vous avez transposées chez nous et qui decimaient les enfants, tu pourrais peut-être comprendre pourquoi il fallait à la mère Africaine le maximum d'enfants pour espérer en garder le minimum? 1 pour la colonne Voulet, 1 pour les travaux forcés, 2 pour vos guerres, 2 pour la diphtérie, la variole, la tuberculose ou la coqueluche et voilà, nos mères respectives sont à égalité.
Tu vois, ce n'est pas si compliqué à comprendre que si vous EUROPÉENS nous promettez de nous coller la paix, si vous nous promettez de vous occupez de vos oignons désormais, le «problème de nombre d'enfants» qui freine le développement sera un sujet au conseil des sages sous le grand baobab de mon village car l'accouchement est tellement difficile que je ne connais pas une seule femme africaine qui veuille prendre le risque de 10 aller-retour entre la vie et la mort. J'espère que c'est clair maintenant.
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0 #5 Sacksida 13-07-2017 16:39
Voyez-savez, nos tares sont les causes internes de notre sous-développem ent: L’ingratitude, l’égoïsme, la méchanceté, la jalousie, la cupidité en somme la mal gouvernance dans beaucoup de domaines et annihilent nous efforts de progrès et qui minent notre existence sociale. Et également ces tares constituent la perte de nos valeurs sociétales. Et quand, l’étranger comme le Président Emanuel Macron nous les renvoie à notre figure et à nos responsabilités , nous sommes pressés de crier haro sur le baudet. Même si au plan externe nos sociétés souffrent également de l’exploitation injuste de nos potentialités économiques. Du reste, tant que les africains ne vont pas changer positivement de mentalité et savoir que tout développement commence d’abord dans la tête ; nous risquons après des siècles de demeurer dans le sous-développem ent mental et matériel. Prenons donc, l’exemple réussi des asiatique qui en l’espace de trente années sont devenus des pays économiquement émergents : Le Japon, la Chine, l’Inde, Singapour etc. Alors, si nous voulons nous en sortir, il faut mettre à la place de l’émergence individuelle et personnelle égoïstes, le travail et la bonne gouvernance pour l’émergence collective. J’ai la conviction établit que sans une Révolution Démocratique et Sociale nos pays demeurons à la traîne. Courage et Salut !
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0 #4 Kanzim 13-07-2017 15:00
L’écrit de M Alain Saint Robespierre est de ceux-là qui m’ont pratiquement fait veiller, parce que je tenais à voir où était le problème avec SEM MACRON. Et quand j’ai compris, je l’ai compris : ce n’est pas la stigmatisation de la démographie galopante qui pose problème, mais plutôt sa déclaration sur la nature et l’origine du problème : un problème par ailleurs profond et relevant de son caractère « l « civilisationnel ». R du même coup j’ai pensé au tollé soulevé par M Jacques CHORAC lorsqu’il parlait des « odeurs » se dégageant de la proximité d’ave les noirs. Un tollé que j’ai multiplié par zéro ; lorsque j’ai pensé à toutes les actions politiques et musclées menées au Burkina contre les voisn éleveurs de porcs et les voisines préparatrices de soumbala. Puis j’ai pensé à M SARKHOZY et la nuée des protestataires qui s’abattit sur lui lors qu’il disait de l’Afrique qu’elle n’était pas entrée dans l’histoire. Des protestations « africaines » qui ne tiennent pas face aux envolées lyriques et aux malédictions et discours venimeux lancés contre le néocolonialisme et ses « valets locaux ». En quoi M Macron a-t-il tort, lorsqu’il caractérise notre problème de civilisationnel ? Quels sont les déterminants de la famille nombreuse, si ce ne sont ceux sociologiques, économiques, anthropologique s et historiques ? Combien de fonctionnaires ont peur d’être affectés dans certaines parties du Burkina parce qu’il n’y a pas de maisons à louer ? Une absence de maisons à louer due au fait que tout fils qui investirait dans son village mourrait à coup sûr, pour ce qu’il ne doit pas créer la différenciation socioéconomique préjudiciable à la cohésion sociale. Un évêque qui donnait une conférence sur « sorcelleriologi e et développement en Afrique, n’a pas mis du temps pour calmer les ardeurs des intellectuels qui l’accusaient de traiter la culture africaine d’anti développement. Sans se poser la question de savoir si le modèle importé de notre développement s’accommode ou pas, à notre culture. La question essentielle à poser face à la déclaration de M Macron me semble plutôt être celle de savoir quelle est la nature du problème des africains et quelles en sont les contradictions d’avec notre civilisation. Exactement quand un sage dit à un jeune venu le consulter sur ses propres problèmes ceci : « ton problème, c’est toi-même. Seul toi peut le combattre ».
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0 #3 neilson 13-07-2017 12:09
La vérité rougit les yeux mais ne les casse pas! Qu'est-ce que Macron a dit et qui n'est pas vrai? Je ne vois pas! Ou bien c'est parce que c'est un" étranger" qui nous rappelle nos tares ou erreurs que ça fait plus mal ? Tout le monde sait que les kwassa-kwassa ramènent plus de comoriens clandestinement qu'ils ne ramènent de poissons, que nos Etats ont tous failli, que les transitions démocratiques en afrique se comptent sur les doigts de la main, que nos femmes font un concours entre elles ( 7 à 8 gosses par femme), et c'est ça notre civilité c'est à dire notre manière de vivre, d'être, de comprendre, de projeter l'avenir et le développement. Et comme l'a dit le Président du Faso, même si on construit chaque année un amphi, tant que nous ne " maitriserons" pas notre démographie (donc, nos naissances), le problème restera entier! Donc ne nous offusquons pas pour rien.
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0 #2 Kôrô Yamyélé 13-07-2017 08:42
‘’Mais là où on a du mal à suivre le président français, c’est quand il lie le problème de l’Afrique à sa civilisation’’.

- Et pourtant c'est simple à comprendre mon cher Alain St Robespierre : Justement c’est quand tu vas t’accroupir devant un vieux gris-gris puant pour y tuer un coquelet et demander qu’il t’aide à réussir au lieu de travailler farouchement ! C’est aussi quand certains écoutent des marabouts et tuent leurs semblables pour soi-disant être riche (sans travailler !). Ce n’est justement pas civilisé ni rationnel car c’est sauvage et irrationnel.

Par Kôrô Yamyélé
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0 #1 Kôrô Yamyélé 13-07-2017 08:34
Pourquoi les africains sont si frileux quand on leur dit la vérité ? Ne vous en prenez pas au Président Macron ! Le président Macron a mille fois raison hélas ! Et il faut l’accepter ! Voyez toutes les violences partout en Afrique (Centrafrique, Burundi, etc.). N’oubliez pas non plus le bafouement des droits de l’homme partout. Des présidents autocrates, vieillis qui refusent de partir à tel point qu’ils sont redevenus des problèmes pour leurs pays (Mugabé, Sassou Guesso, Bouteflika, etc.), et eux et leurs progénitures farfelues s’accaparent de toutes les richesses de leurs pays. Pour la population, les africains pondent comme des rats et sont paresseux dans le travail si bien que sa population mange tout ce qui est produit et tendent les pattes vers l’extérieur pour quémander. Et le Président Macron n’a pas tout dit ! Oui, par exemple l’idolâtrie, l’adoration des fétiches, les crimes rituels ! Tout ceci confirme la sauvagerie qui prévaut encore en Afrique noire surtout, et qui retarde son développement. L’Afrique noire sub-saharienne est dans l’obscurité et y demeurera encore longtemps.

Par Kôrô Yamyélé
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