Menu
TANGUI IMMOBILIER SARL
FLASH INFOS

Ish Sankara : «Pitroipa et moi voulons faire rêver l’Afrique»

Ismaël Sankara, alias Ish, est né au Burkina Faso et a immigré aux Etats-Unis, précisément à Miami, avec sa mère dès l’âge de deux ans. Rappeur et chanteur, il est actuellement dans son pays d’origine pour enregistrer son prochain album et un EP avec sa nouvelle maison de disque, Shamar Empire du footballeur international burkinabè Jonathan Pitroipa. Dans l’entretien qu’il nous a accordé le mardi 8 août 2017 dans les studios du label à Ouaga 2000, Ish nous parle de son projet de faire rêver la jeunesse africaine avec son grand ami mais refuse de revenir sur la polémique, il y a quelques années, selon laquelle il serait un fils «caché» de Thomas Sankara. Affaire classée donc « Yeah ! »

 

 

Tu vis aux Etats-Uni. Quel est l’objet de ta présence au Burkina Faso ?

 

Je suis en ce moment dans mon pays pour travailler sur mon nouvel album, Africa Dream, et pour voir la famille et les amis. Comme tous les Burkinabè vivant à l’étranger d’ailleurs.

 

Shamar Empire est ta nouvelle maison de production et de distribution. Pourquoi as-tu décidé de signer avec un si jeune label ?

 

Cela fait très longtemps que JP (NDLR : Jonathan Pitroipa) et moi voulions travailler ensemble dans le domaine de la musique. On se voyait pour cela régulièrement aux Etats-Unis, en France, à Dubaï, etc. On a un rêve commun qui est de promouvoir la musique du Burkina Faso à l’international. On veut faire rêver l’Afrique. Et quand il m’a parlé de Shamar, je me suis tout de suite senti concerné et je m’y suis engagé.

 

Au pays du rap, les grandes maisons de musique sont légion mais tu as décidé de convoler avec Shamar. Est-ce parce qu’il n’y avait pas de place pour toi là-bas ?

 

C’est la fibre patriotique en fait. De la même manière que des artistes comme Wizkid représentent le Nigeria, Dibi Dobo le Bénin, moi j’ai envie de représenter le Burkina Faso et Shamar Empire me donne l’occasion de le faire. Je ne veux pas qu’on dise que je suis un chanteur américain ou de Miami, je veux représenter le Burkina Faso au même niveau que les stars nigérianes qui le font pour leur patrie. Même si je suis en duo avec Jay-Z, par exemple, je veux que l’on dise qu’il chante avec un artiste burkinabè et non américain. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi de travailler avec Shamar Empire.

 

Tu es un grand ami de Jonathan, le CEO (appellation du directeur général aux Etats-Unis qui signifie Chief executive officer) de ton nouveau label. Depuis quand vous connaissez-vous ?

 

Je ne me le rappelle même plus, mais ça fait longtemps. C’est entre 2008 et 2009. Lorsqu’on s’est rencontré pour la première fois, il savait que j’étais dans la musique et lui voulait y entrer. Il m’a dit, comme je le disais tantôt, qu’il voulait qu’on monte des projets ensemble. On se voyait régulièrement pour en parler. Et un jour, il y a environ deux ans, il m’appelle pour me dire qu’il est prêt. Je lui demande : «Mais tu es prêt pour quoi ?» Il me répond que c’est le moment de se lancer et c’est ainsi qu’on a commencé.

 

Par la suite tu as donc signé le titre Eddie Murphy dont le clip tourne en ce moment en boucle sur les chaînes internationales. Parle-nous-en.

 

Dans toutes les grandes capitales africaines et même au-delà, les gens ont une certaine perception des Burkinabè. Ils pensent qu’on est si pauvre qu’on ne sait pas s’amuser. Ils ne s’imaginent pas, par exemple, qu’il y a des Burkinabè qui peuvent chanter en anglais, qui peuvent faire des clips qui font rêver. C’est une entrée en matière pour se signaler et ensuite faire la compétition au niveau international.

 

Qu’est-ce que tu dis dans cette chanson dansante et qui fait rêver la jeunesse ?

 

(Rires…) C’est juste un délire pour partager la bonne humeur. C’est vraiment un truc de jeunes. Je parle de succès, de pouvoir, de belles femmes, c’est le rêve africain. En boîte de nuit, ça déménage. C’est ce côté festif des Burkinabè que j’ai voulu montrer aussi. Il n’y a pas que la misère ici.

 

 

Pour un Burkinabè qui a grandi aux Etats-Unis, quels peuvent être tes sources d’inspiration et à quel public t’adresses-tu quand tu chantes ? Aux Burkinabè, aux Africains, aux Américains ?

 

Ça, c’est vraiment une bonne question, hein ! Je ne peux pas m’adresser à mes compatriotes sans m’adresser aux Américains et vice versa. Je m’adresse au monde entier en même temps. Je fais ça pour briser les frontières autour du Burkina. Ma vision, c’est d’amener le monde à percevoir différemment le Burkinabè à travers ma musique. S’agissant de mes sources d’inspiration, j’écoute tous les genres musicaux de tous les pays. Je n’ai pas de goût particulier de mélomane.

 

Suis-tu les artistes burkinabè, les connais-tu ?

 

Oui, bien sûr.

 

Qui par exemple ?

 

La majorité de ceux que je suis sont à Shamar ici avec moi. Mais il y a aussi quelques-uns que je suis et pour qui j’ai beaucoup de respect : Floby, Smockey, Yeleen à l’époque. Il y a aussi Atlas, avec qui je travaille ici à Shamar.

 

Si tu devais juger le show-business au Faso, que dirais-tu ?

 

On arrive ! Vous savez, la musique change, elle bouge beaucoup. Avant, en Afrique elle était au Congo, ensuite c’était en Côte d’Ivoire. Maintenant c’est la musique nigériane qui a pris le pouvoir et un peu le Cameroun pour ce qui est de l’Afrique francophone. Et je puis vous assurer que le tour du Burkina Faso arrive. C’est pour cela que Shamar Empire est né.

 

As-tu en projet de faire des collaborations avec des artistes d’ici ? Si oui, qui ?

 

Bien sûr ! J’avais voulu d’une collaboration avec Yeleen mais ils ne sont plus ensemble et ce serait difficile de les réunir de nouveau à ce qu’on m’a dit. Mais je vais continuer à essayer. J’ai toujours voulu chanter aussi avec Faso Kombat, mais eux aussi sont séparés. Peut-être que pour mon projet les gars vont accepter de retravailler ensemble. J’y crois en tout cas.

 

Tu es, si on peut le dire, la mascotte de Shamar Empire. Penses-tu que cette boîte est à ta taille, à la taille de tes ambitions ?

 

Ce que JP a mis en place ici est un label major. J’ai voyagé dans de nombreux pays à travers le monde et je puis te dire que ce qu’il y a ici à Shamar n’existe nulle part ailleurs dans un pays francophone africain. C’est à ma taille.

 

Je t’ai vu tout à l’heure à l’œuvre dans le studio. Qu’est-ce que tu nous réserves ?

 

Il y a un EP (NDLR : Extended play, un format musical plus long que celui du single mais plus court qu’un album) d’ici là, ensuite suivra mon album, Africa Dream, afin de faire rêver l’Afrique. Je peux d’ores et déjà te dire qu’il y aura beaucoup de collaboration avec des stars du Nigeria, d’Europe, d’Amérique.

 

Des noms ?

 

C’est top secret pour le moment (rires). Tu le sauras en temps opportun. Mais c’est sûr, c’est de grands noms, parce que ça fait longtemps aussi que beaucoup, surtout les anglophones, ont un œil sur le Burkina et Shamar leur donne une occasion à travers moi.

 

Chanteras-tu en français dans cet album ?

 

J’ai même chanté en mooré avant le français.

 

Ça veut dire que tu parles mooré ?

 

Je comprends le mooré, même si je ne le parle pas très bien. Je ne parle, hélas, que des langues internationales comme l’anglais, l’espagnol, le français et le portugais. J’ai tellement duré dehors que mon mooré n’est pas très bon, mais je le comprends très bien même si je le parle assez mal.

 

Vas-tu te produire ici au Faso dans un futur proche ?

 

Bien sûr ! Et ça va être fou, grand, énorme.

 

Il y a quelques années, le grand public burkinabè te découvrait à la faveur d’une polémique sur tes origines. Jeune Afrique, à l’époque, avait laissé entendre que tu étais le fils naturel du charismatique père de la révolution burkinabè, Thomas Sankara. Il n’y avait pas eu un démenti formel de ta part mais certains l’avaient fait quand même à ta place. Cette polémique est-elle derrière nous ?

 

On me pose toujours cette question parce qu’il y a effectivement une ressemblance entre nous. J’ai lu tout ce que vous avez écrit, même si je ne l’ai pas démenti formellement. Je ne dirai pas grand-chose là-dessus parce que je veux me concentrer sur ma musique. Quand la conversation commence à avoir la politique pour sujet, je zappe. Je ne cherche pas à faire la politique. Je veux faire rêver la jeunesse avec ma musique.

 

On n’en parle plus alors…

 

Yeah… on n’en parle plus.

 

Au-delà de cette polémique, que représente Thomas Sankara pour toi ? Pour beaucoup d’Africains, surtout les jeunes, c’est un repère, une idole, et pour toi ?

 

Mon nom d’artiste, c’est Ish Sankara, je pense que ça dit tout. (Rires…)

 

Tu partages son idéologie ?

 

(Rires…) Je ne peux pas rentrer dans ça. Vous verrez…

 

M. Arnaud Ouédraogo

Commentaires   

-1 #3 Kôrô Yamyélé 26-09-2017 10:38
- Ce type est soit dans les nuages, soit dans les vapeurs, soit sous l'effet de l'herbe. Il ne sait même pas que les yeleen ont éclaté !

Par Kôrô Yamyélé
Citer
0 #2 Kanzim 13-08-2017 15:36
Il faudra beaucoup plus que l’enthousiasme pour «promouvoir la musique du Burkina Faso à l’international », comme se le fixe Sankara comme objectif. Parce qu’il faudra d’abord situer la musique burkinabè dans un registre culturel avec des repères et des sources d’inspiration e d’expression qui soient à même de conférer à cette musique une identité. Ce ne sont pas les sauts acrobatiques, ou les pas de danse singés de la musique d’ailleurs qui pourraient promouvoir notre musique. Car qui laissera l’orignal pour une photocopie ? Ish n’a qu’à suivre nos chaines de télé juste pendant deux heures, pour s’apercevoir que la monotonie et la monogame des crieurs l’en dégoûteront rapidement. Et à part Amity Miria, Alif Naba ou Bill Aka Korale roi du Djongo, peu peuvent se réclamer d’un label ou du simple air ou son, à même de l’identifier, et d’identifier son œuvre comme venant du moule de la culture burkinabè. Nombreux sont ceux-là qui, comme les joueurs africains de football, se transforment rapidement en chimpanzé avec des coiffures et des masques, pour se faire appeler sans égard à l’honneur, artiste et même star. Le combat que Ish Sankara devait mener au préalable, est l’instauration d’un statut d’artiste. Ce statut l’autorise à être identifié officiellement comme tel, avec des avantages comme la participation aux évènements culturels, des ristournes issues de certaines manifestations culturelles, et surtout le droit de se présenter les œuvres dans les média. Dans le sens d’une telle lutte il devrait convaincre les parties prenantes de se départir des confusions entre musique dansante en boite et musique vraie, musique d’inspiration religieuse et musique sacrée consacrée à Dieu, venant de sa foi et non d’un chansonnier esprit qui s’y adonne parce qu’il n’a rien à faire.
Citer
0 #1 Neilson 13-08-2017 10:02
C’est vrai que la ressemblance est plus que troublante mais bon….. ! Dans tous les cas, tous les Sankara, et ils ne sont pas si nombreux que ça, ont une seule et même grand-mère, donc ils sont tous cousins, alors, qu’on retrouve des traits de un tel ou de tel autre, quoi de plus normal ?! En attendant qu’un jour peut être quelqu’un veuille bien nous ….. ! Dans tous les cas c'est tout bénef.
Citer

Ajouter un Commentaire

Recopiez le code dans la cage au bas du formulaire avant d'enregistrer votre message. Merci!

Code de sécurité
Rafraîchir

Retour en haut