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Le chef de canton à Simon Compaoré : « Si jamais ….. »

Arrivé précipitamment à Bobo-Dioulasso à la recherche de solutions à cette tension sociale qui prévalait à Makognadougou avec des risques d’affrontement entre Dozos et Koglwéogo, Simon Compaoré a d’abord été reçu par le chef de canton des Bobo mandaré. C’est une rencontre de vérité au cours de laquelle le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité intérieure se devait de lever des équivoques sur certains points qui semblaient véritablement embarrasser les autorités coutumières de la région. 

 Simon Compaoré était attendu de pied ferme par le chef suprême des Bobo mandaré. Le ministre de la Sécurité qui dit avoir quitté Ouagadougou aux premiers chants du coq le vendredi matin avait bien des explications à fournir sur certaines zones d’ombre dans cette crise entre Dozos et Koglwéogo. Sitôt arrivé à Bobo-Dioulasso, Simon Compaoré va entamer au pas de charge, une série de rencontres avec pour objectif de désamorcer cette bombe qui faisait craindre le pire dans toute la région ouest, c’est-à-dire, cet affrontement qui se profilait à l’horizon entre les dozos fortement soutenus par les populations autochtones, et les koglwéogo qui avaient comme principaux alliés, les populations allogènes venues d’autres régions et installées à l’ouest depuis des décennies. Visiblement très remonté contre son hôte du jour, le chef de canton donnait de la voix et semblait royalement ignorer son interprète.

Il n’est d’ailleurs pas passé par quatre chemins pour dénoncer directement « l’indifférence et le silence coupables» des autorités devant ce qu’il a qualifié de provocation et de mépris à l’encontre des autochtones avec cette affaire de Koglwéogo. Et l’autorité coutumière de rappeler au ministre les multiples rencontres qui ont déjà eu lieu à son palais, et qui avaient toujours permis aux chefs traditionnels de la région de réaffirmer leur refus catégorique de voir installer les koglwéogo à l’Ouest. Face donc à l’inaction des gouvernants, le chef de canton dit être désormais à bout de patience. « C’est quand j’ai vu les images de la torture d’un citoyen de Makognadougou par les koglwéogo que j’ai donné l’ordre aux dozos d’aller dans le village en question et d’en finir avec cette affaire des kolgwéogo », a-t-il fait savoir au ministre de la Sécurité.

C’est donc dans cette atmosphère très tendue que le chef de canton, qui avait presque rougi au cours de cette rencontre, va directement s’en prendre au gouvernement en rappelant cette déclaration de Boukari Kaboré, dit le lion, et selon laquelle, il serait en train d’agir sous l’instigation du gouvernement pour l’installation des kolgwéogo dans cette partie ouest. Une assertion qui sera vite démentie par Simon Compaoré. Le ministre de la Sécurité va même saisir cette opportunité pour informer l’assistance des mises en garde du gouvernement et de la hiérarchie militaire dont a déjà fait l’objet Boukari Kaboré pour son devoir de réserve en tant qu’officier de haut rang.

Une autre préoccupation, et pas des moindres pour la chefferie coutumière, était de savoir le sort qui sera réservé aux groupes d’auto-défense déjà installés. Et Simon Compaoré de rassurer ses interlocuteurs de sa détermination à résoudre définitivement le problème cette fois-ci. Il a par conséquent invité le chef de canton à envoyer un émissaire dans l’après-midi à Makognadougou afin qu’il puisse lui faire un compte rendu du contenu du message qu’il livrera à la population. Ce message devra se résumer à la suspension totale des activités des kolgwéogo partout où ils existent dans l’Ouest. Encore une autre promesse, semblait dire le chef des Bobo mandarè qui va cette fois-ci mettre en garde Simon Compaoré en ces termes. « Si jamais vous n’exécutez pas ce que vous dites, vous m’entendrez ».

 

Jonas Apollinaire Kaboré

 

 

 

ENCADRE

 

«Nous risquons d’écrire une nouvelle page de l’histoire de cette région si…»

(Ali Konaté, chef dozo)

 

Après le départ du ministre de la Sécurité de Makognadougou, nous avons approché l’un des chefs dozo pour recueillir son point de vue sur le message de Simon Compaoré et sur la réaction des koglwéogo.

 

Quelle est la place des dozos dans cette région ouest ?

 

Avant de répondre à cette question, je tiens à faire une mise au point à l’ensemble des médias. Vous avez tendance à dire que le problème de Makognadougou est un problème entre les dozos et les koglwéogo. C’est plutôt un problème entre l’Ouest et les kolgwéogo. Nous agissons au nom du chef de canton, des chefs de villages et des populations de toute la région. Donc, vous comprendrez que c’est plus une affaire de toute la région que de la seule confrérie. Pour revenir à votre question, je dirai que les dozos sont là pour faire respecter nos valeurs traditionnelles et nos coutumes, de gré ou de force. Nous sommes là aussi pour la protection des personnes et des biens. La confrérie dozo est une école de la sagesse. Nous défendons les chefs coutumiers parce que tout simplement la plupart des villages dans cette zone ont été créés par les dozos. Et vous verrez dans certains villages que les chefs sont des dozos. Je tiens aussi à préciser que ce n’est pas une histoire d’ethnie parce qu’il y a des dozos mossi. Et une fois initié, chaque dozo à l’obligation de répondre à l’appel du chef comme c’est le cas actuellement.

 

Pour Simon Compaoré plus de koglwéogo à l’Ouest. Votre commentaire ?

 

Nous connaissions la position de l’Etat depuis le début de cette affaire. Simon a bien dit qu’ils n’ont jamais donné l’autorisation à quelqu’un de venir installer les koglwéogo à l’Ouest, contrairement à ce que Boukari Kaboré est venu raconter. Ces gens-là ne veulent pas respecter l’autorité de l’Etat. Simon est encore revenu sur la question en disant vendredi à Makognadougou de ne pas imposer aux populations ce qu’elles ne veulent pas. Nous pensons que c’est la dernière fois que nous abordons la question. Le ministre a été clair et précis, et je ne pense pas qu’il va revenir ici pour cette affaire. En tout cas nous avons toute la latitude maintenant de prendre les dispositions qui s’imposent pour faire respecter l’autorité de l’Etat dans notre région et faire respecter nos propres valeurs.

 

Les koglwéogo n’ont pas attendu le départ de Simon pour protester. Faut-il s’en inquiéter ?

 

Ce n’est pas étonnant. Ils ont l’habitude de forcer les choses. Quand nous avons reçu leur chef Boukari Kaboré chez le chef de canton, nous ne lui avons pas dit que ce qu’il faisait était mauvais, mais que ses pratiques ne sont pas compatibles avec nos valeurs et nos coutumes. Chez nous par exemple, on ne va jamais humilier quelqu’un publiquement pour un vol de poulet ou de portable. En outre, ici à l’Ouest, personne ne peut entreprendre une activité dans un village sans l’accord préalable du chef et s’il y a des conditions à remplir, on vous les soumet. C’est ce que Boukari Kaboré a fait avant de s’installer à Makognadougou et même pour avoir la terre à cultiver. Il le sait bien. Je ne sais pas pourquoi il s’entête tant avec ses kolgwéogo, en ignorant royalement nos chefs coutumiers.

 

Et si les koglwéogo venaient encore à se manifester sur le terrain, quelle peut être votre réaction ?

 

Ça, c’est une autre histoire.

 

C’est-à-dire ?

 

Ils sont libres d’accepter ou pas la décision du ministre. Mais s’ils se hasardent encore à aller contre nos chefs coutumiers, je vous apprends que nous risquons d’écrire une nouvelle page de l’histoire de cette région. Le ministre n’aura pas le temps d’intervenir : le problème sera réglé.

 

Propos recueillis par

JAK

Commentaires   

0 #2 Neilson 09-01-2017 16:55
Extrémisme pour extrémisme, vivement les CDR pour mettre chacun à sa place, suivez mon regard ; au temps de la révolution, un chef pouvait-il menacer un ministre de la république ? On est où là ?!
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0 #1 Kanzim 09-01-2017 14:59
A ce rythme, le Burina qui est en passe d’être une république chancelante, risque de sauter l’étape de république bananière pour être une tribu, dirigée par des chefs sioux ou cherokee ou Koglwéogo. Puis un jour on aura un royaume ? Comment peut-on menacer un ministre, qui plus est un ministre d’Etat ? C’est que c’est le ministre lui-même qui l’aura cherché, en foulant son autorité aux pieds de la mobilisation à outrance des chefs de village et autres structures comme les Koglwéogos. Si un chef de quartier est appelé Excellence officiellement, c’est normal qu’il ne respecte pas le chef de canton qui à son tour, considérera un ministre comme un vulgaire ‘= »sujet ». C’est le gouvernement qui a commencé à manquer du respect aux chefs coutumiers en ne leur disant pas la vérité Quand on mange du tô de mil rouge avec un enfant, cet enfant vous invitera un jour à aller derrière les buissons pour d’éjecter les kifs ifs de mil rouge. Point barre. Et de vous il s’en fout.
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