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Energies renouvelables : Les femmes scientifiques entrent au labo

Le Réseau africain des femmes scientifiques et ingénieures (RAFESI) organise du 13 au 15 juillet 2017 à Ouagadougou un atelier sur l’utilisation des énergies renouvelables dans une approche intégrée. A l’heure de la transition énergétique, ces femmes de sciences veulent apporter leur savoir et leur savoir-faire dans la maîtrise et la vulgarisation des technologies au profit des populations.

 

Jeudi 13 juillet 2017, un groupe de femmes se dirigent vers un amphithéâtre de l’université Aube Nouvelle à Ouagadougou. Nous surprenons cette conversation.                      

- Ça va faire 37 ans que j’enseigne à l’université Abdou-Moumouni de Niamey. En janvier 2018, je serai admise à la retraite

-Vous ne deviez pas être nombreuses ?

- Effectivement, il y a plus d’hommes que de femmes et en géologie, je suis d’ailleurs la seule.

A l’image du Pr Kadi Alzouma, géologue de formation, la plupart de celles qui se retrouvent en cette matinée ont dû batailler dur pour s’imposer dans un univers scientifique très masculinisé.

L’histoire de ces émules de Marie Curie (Lire encadré) en Afrique commence en septembre 2000 à Bamako. Sous l’impulsion et l’accompagnement de l’UNESCO, il est mis en place un Réseau africain des femmes scientifiques et ingénieures (RAFESI). Il regroupe des femmes scientifiques et ingénieures issues d’associations, d’ONG et d’organisations différentes. Le Réseau s’investit depuis lors dans la promotion de l’éducation scientifique et technologique des filles et des femmes.

Au Burkina Faso, le RAFESI s’illustre par l’organisation de camps scientifiques et technologiques auxquels participent les meilleures jeunes filles en mathématiques, physique-chimie et sciences de la vie et de la terre. Ces regroupements pour « étoiles » visent particulièrement à briser la barrière psychologique de ces demoiselles vis-à-vis des sciences et susciter des vocations dans les filières scientifiques.                                                                                                   Outre la promotion du personnel féminin dans les sciences, le Réseau, selon sa présidente, Amina Elisabeth Ouédraogo/Bancé, a ajouté très tôt une autre corde à son arc : l’économie d’énergie.

C’est dans ce cadre, que le RAFESI organise du 13 au 15 juillet 2017 à Ouagadougou, à Aube Nouvelle, cet atelier sous le thème : « Utilisation des énergies renouvelables dans une approche intégrée ».

D’aucuns pourraient se demander le lien qui existe entre cette thématique et la formation scientifique des filles. Eh bien, dans le cercle vicieux de la non-scolarisation des filles, figure en bonne place la question de l’énergie. «L’économie d’énergie a non seulement une incidence réelle sur le bien-être des familles mais surtout sur la scolarisation des filles », a fait remarquer Amina Elisabeth Ouédraogo. C’est bien connu, en effet, pendant longtemps, lorsque les garçons étaient envoyés à l’école, leurs sœurs, elles, étaient réduites aux tâches ménagères, particulièrement à la recherche du bois mort pour la cuisson du repas familial.

C’est pour donner une chance de faire émerger en Afrique des Marie Curie que venues du Benin, du Burkina, du Cameroun, de la Centrafrique, de la Guinée-Conakry, du Mali, du Niger et du Sénégal, plusieurs sommités de diverses disciplines scientifiques se sont donné rendez-vous à Ouagadougou. Cette «retraite scientifique» vise à réfléchir sur les voies et moyens de permettre aux ménages de dépenser moins en matière d’énergie (bois, charbon, gaz, etc.), mais aussi de dégager du temps pour permettre aux filles de se consacrer davantage au travail scolaire.

Dans la zone de Banfora, l’Association des femmes scientifiques du Faso est déjà active. Elle y fait la promotion du «Bitatoore», un panier autocuiseur mis au point par l’Institut de recherche en sciences appliquées et technologies du Burkina (IRSAT). «Nous formons les femmes à confectionner un panier et à le transformer en autocuiseur. Et aujourd’hui, beaucoup de femmes utilisent le Bitatoore », a indiqué la présidente du RAFESI. Ce success story gagnerait à être étendu. Et Amina Elisabeth Ouédraogo d’émettre le vœux de voir un jour «toutes les femmes utiliser le Bitatoore ». Au cours de cet atelier, le « programme ELA » fera l’objet d’une attention particulière. « ELA » est une approche intégrée qui fait intervenir trois éléments : l’Eau, la Lumière et les Aliments, dans le but d’apporter des réponses aux besoins des populations en eau potable, en électricité, en transformation, conservation et cuisson des aliments.

Le ministre de l’Energie, parrain de la cérémonie, a, par la voix de son représentant, Souleymane Konaté, salué le choix du thème qui est plus que d’actualité et a invité les participantes à des échanges «énergétiques» en vue d’apporter une réponse à la problématique qui les rassemble. Pour sa part, le Burkina, a-t-il rappelé, s’est engagé à accroître la part de l’énergie renouvelable du pays. D’ailleurs, au dernier jour de la formation, les membres du RAFESI visiteront la centrale solaire de Zagtouli.

Quant au représentant du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, patron de la cérémonie, Salif Traoré, il a ajouté que l’implication de la recherche et des femmes dans la protection de l’environnement s’avère plus que nécessaire à l’heure où le couvert végétal disparaît sous les assauts de l’homme. « La science doit être au service du plus grand nombre » et pour lui, « les chercheurs africains ont encore leur place, pour trouver eux-mêmes la solution scientifique aux problèmes qui nous concernent ».

En vue de trouver donc ces solutions, les scientifiques et ingénieures seront, durant les trois jours, sous la coupe de structures publiques ou privées comme l’IRSAT qui sont déjà à l’avant-garde des idées innovantes en matière de technologies.

 

Hugues Richard Sama

 

Encadré

17 femmes nobélisées

 

1903, une femme obtient pour la première fois le prix Nobel. La Française Marie Curie, en l’occurrence, reçoit cette prestigieuse récompense en physique avec son époux pour leurs travaux sur la radioactivité. Celle qui obtiendra en 1911 un second prix Nobel en chimie, panthéonisée à sa mort, deviendra pour des générations de filles passionnées de sciences l’exemple à suivre. Mais le constat reste amer: dans les sciences dites « dures » (physique, chimie) et en médecine, seules 17 femmes, sur 583 récipiendaires, ont vu leurs travaux primées par l’académie de Suède, en 115 ans de distinctions.

H.R.S.

Commentaires   

0 #1 Maandenkalu 14-07-2017 14:06
OumHou OUH ouH ouH
Les dites scientifiques qui ne peuvent pas se sauver elles mêmes, ce n'est point sur elles que les populations feminines d'Afrique et du Faso vont compter pour sortir des crises de l'energies qui à mon sens est celui des tous les HOMMES;
ramons ensembles mais sans fanfares ni tropettes pour trouver de veritables bonnionses issues à ces preoccuapations qui nous concernent tous.
Le salut de l'Afrique est dans la communauté d'action, dans L'UNITE D'ACTION CAR NOS PROBLEMES SONT LES MEMES PARTOUT A TRAVERS LE CONTINENT QUI EST NOTRE PAYS
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