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Nouvelle tournée africaine d’Antony Blinken : La sécurité encore et toujours la sécurité

Le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, a entamé depuis le lundi 22 janvier 2024 une nouvelle tournée africaine d’une semaine. Au programme de cette sortie, la sécurité régionale, la prévention des conflits, la promotion de la démocratie, le commerce.

 

Un périple perçu aussi par les observateurs de la scène politique comme une occasion pour maintenir l’influence des Etats-Unis en Afrique où la concurrence de Pékin et de Moscou est forte, alors que l’instabilité au Sahel demeure très préoccupante.

Après une escale au Cap-Vert qu’il considère comme la porte d’entrée sur le continent noir, Blinken a atterri en Côte d’Ivoire quelques heures plus tard. C’est comme si son arrivée était mal tombée, puisque pour la deuxième étape de son déplacement africain, le secrétaire d’Etat américain, de l’aéroport, a rallié le stade d’Ebimpé où il a pu assister au naufrage collectif des Eléphants de Côte d’Ivoire qui étaient opposés, dans le cadre de la 34e Coupe d’Afrique des Nations (CAN), au Nzalang Nacional de la Guinée Equatoriale. Un score sans appel de 4 buts à 0, en faveur du dernier cité. Autant dire qu’il a débarqué au pays d’Houphouët-Boigny au moment où le moral des Ivoiriens était au talon, à commencer par le président Alassane Ouattara lui-même.

Le président l’a officiellement reçu hier mardi pour parler sécurité et économie. A l’issue de leur rencontre, le chef de la diplomatie américaine a déclaré : « Je dois applaudir l’approche de la Côte d’Ivoire : travailler avec les communautés, les écouter, s’assurer que les forces de sécurité comprennent leurs besoins, leurs inquiétudes ». Et Blinken d’ajouter : « Je pense que cela peut servir de modèle pour les autres pays ».

Il a alors annoncé un soutien de 45 millions de dollars, un pactole qui sera ajouté à un programme de 300 autres millions de dollars octroyés par Washington et visant à aider les pays ouest-africains à lutter contre l’insécurité, qui menace dangereusement les pays du golf de Guinée que sont le Bénin, le Togo, le Ghana  et la Côte d’Ivoire.

Le locataire du palais de Cocody, pour sa part, a évoqué « une convergence de vues sur la situation continentale », dans une région ouest-africaine qui fait face à « beaucoup de difficultés avec les coups d’Etat dans un certain nombre de pays voisins de la Côte d’Ivoire ». Le chef de l’Etat ivoirien affirme en outre : « Nous sommes d’accord qu’il faut que ces pays avancent le plus rapidement vers des régimes démocratiques ».

Une allusion à peine voilée aux régimes des militaires au Mali, au Burkina Faso, en Guinée (Conakry) et au Niger, quatre pays où on soupçonne une volonté de conservation du pouvoir par les hommes en treillis.

Le moins que l’on puisse dire est que les propos peu amènes d’ADO ne sont pas pour améliorer les relations déjà assez tendues avec les autorités de l’AES (Alliance des Etats du Sahel), qui voient en sa personne un valet local de l’impérialisme occidental dans la sous-région.

Si le fléau de l’insécurité est au cœur du séjour ivoirien d’Antony Blinken, sans doute que les autres étapes du Cap-Vert, du Nigeria et de l’Angola sont guidées par des considérations somme toute économiques. En Angola, par exemple, important producteur de pétrole, les Etats-Unis cherchent à y développer leurs activités. Quoi de plus normal ? Un chef de la diplomatie n’est-il pas par essence un défenseur des intérêts économiques de son pays ?   

  

D. Evariste Ouédraogo

Dernière modification lemercredi, 24 janvier 2024 21:28

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