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Regard sur l'actualité

Regard sur l'actualité (286)

Vœux du nouvel An de Faure Gnassingbé : Du suspense pour rien

Coup de com ou attentisme d’un pouvoir aux abois ? Le président Faure Gnassingbé aura attendu plus que d’ordinaire pour délivrer son message du nouvel an aux Togolais. Alors que la plupart de ses pairs ont sacrifié à la sacro-sainte tradition de la présentation des vœux à leurs administrés dans la nuit du 31 décembre, Gnassingbé a attendu trois jours de plus pour le faire : c’est en effet le 3 janvier au soir qu’il s’est adressé à ses compatriotes. Si ce décalage fait partie d’un calcul de ses stratèges en communication pour capter l’opinion togolaise, celle régionale et internationale, il faut dire que c’est un coup bien réussi. L’attente a fait monter le suspense et bien des observateurs, après les flonflons de la Saint-Sylvestre et du 1er janvier, étaient tout ouïe à l’allocution espérée de Faure Gnassingbé. L’attente fut longue, les espoirs grands pour peu de chose.

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RDC : Monseigneur Monsengwo, chef de file de l’opposition

Ce n’est pas une simple messe qui a été dite jeudi 4 janvier 2018 à la cathédrale Notre-Dame de Kinshasa.

Comme tous les 4 janvier, l’Eglise congolaise célébrait, par un office religieux, la journée des martyrs en hommage à ses fils et filles tombés pour l’indépendance du pays lors des émeutes de janvier 1959 qui ont fait une cinquantaine de morts à Léopoldville (l’ancien nom de Kinshasa).

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Assassinat 13 jeunes Casamançais : L’armée fait …le bois

72 heures après le drame, l’émotion était encore vive à Dakar et dans tout le Sénégal où deux jours de deuil national ont été décrétés par le président, Macky Sall, à compter du lundi 8 janvier 2018.

Les drapeaux ont en effet été hissés pour rendre hommage à 13 jeunes gens, des civils originaires pour la plupart de quartiers périphériques de Ziguinchor, tués samedi par un groupe non encore identifié dans la forêt des Bayottes, frontalière de la Guinée-Bissau. L’attaque a également fait 9 blessés.

Qu’est-ce qui a bien pu provoquer un tel carnage ? Si, aux premières heures, l’on se perdait en conjectures dessus, trois jours après le drame, l’enquête, ouverte aussitôt, semble privilégier la piste d’un règlement de comptes pour le contrôle stratégique du bois dans cette partie du pays :

en effet, un juteux trafic des ressources de la forêt existe depuis plusieurs années dans cette partie du pays. Des membres de comités de vigilance installés par les villageois, face au silence complice des éléments des Eaux et forêts, prélèveraient un impôt sur la coupe du bois. Et c’est le refus des jeunes de verser cette manne qui aurait provoqué les foudres des trafiquants, lesquels ont, pour ainsi dire, fait parler la poudre.

L’hypothèse de la mafia du bois est d’autant plus plausible qu’on se rappelle que, déjà en novembre 2017, des habitants de la zone, mécontents du pillage de leurs ressources sylvicoles, avaient passé à tabac des jeunes, comme ceux de ce tragique samedi, venus  eux aussi ramasser du bois mort.

Les 13 suppliciés de Bayottes seraient donc probablement des victimes environnementales, si on peut le dire, même si en l’espèce, ce ne sont pas les éléments qui ont fauché, dans cette forêt, ces corps pleins de vie à la fleur de l’âge.  Ils cherchaient du bois mort, ils auront trouvé…la mort sur leur chemin. L’armée poursuivait hier le ratissage de la zone, pour ne pas dire faisait…le bois, pour débusquer les coupables de cette « barbarie ».

La situation est si grave qu’elle a nécessité, dès samedi, la convocation en urgence du Conseil national de sécurité avant l’envoi, dimanche, d’une délégation conduite par le ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, à Ziguinchor.

Le premier flic du Sénégal est allé présenter les condoléances de l’Etat aux familles éplorées, mais aussi évaluer la situation sécuritaire et rencontrer les différents protagonistes de la crise qui secoue cette région du Sénégal coincée entre la Gambie et la Guinée-Bissau voilà maintenant une trentaine d’années et qui connaît depuis quelques années une certaine accalmie.

Ça aurait été partout ailleurs dans le pays que ce serait suffisamment grave pour que la puissance publique mette tout en œuvre pour retrouver les auteurs, ça l’est davantage en Casamance où la moindre étincelle peut rallumer un incendie qu’aucun président, de Senghor à Macky Sall en passant par Abdou Diouf et  Abdoulaye Wade (qui avait promis de régler le conflit en 100 jours), n’a pu éteindre.

Il ne manquait donc plus que cette histoire de bois mort remette, si on ose dire, le feu aux poudres alors que la chute il y a maintenant un an du dictateur gambien Yahya Jammeh avait suscité les espoirs de paix durable pour ne pas dire définitive.

Mais pour l’instant, ni les efforts de médiation  de la communauté catholique Sant’Egidio ni les milliards de francs CFA injectés dans la région par Macky Sall n’auront permis de sortir de cette situation de ni paix ni guerre. Le bout du tunnel est d’autant plus introuvable que la rébellion, représentée par le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), est tiraillée par des dissensions internes et morcelée en plusieurs factions.

Soupçonnée au début d’être l’auteur de ce regain de violence, le MFDC  a condamné hier cette attaque et demandé aux autorités sénégalaises d’orienter l’enquête vers «des responsables administratifs et militaires locaux ».

Le célèbre architecte Pierre Goudiaby Atepa, président du Collectif des cadres casamançais, qui œuvre au retour de la paix dans la région, a lui promis d’aider à retrouver les assaillants. « Nous sommes en train de réunir les éléments pour aider le gouvernement à retracer ce qui s'est vraiment passé pour que tous les responsables de cela soient identifiés et punis », a-t-il déclaré, n’excluant pas de donner des noms si besoin était.

 

Hugues Richard Sama

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Procès en appel à la CPI : La note sera-t-elle plus salée pour Bemba ?

Retour à la barre pour Jean Pierre Bemba : son procès en appel s’est ouvert hier mardi 9 janvier 2018 devant la chambre d’Appel de la CPI (Cour pénale internationale) aux Pays-Bas. Une audience qui a juste permis aux différentes parties d’exposer les motifs qui les ont conduites à attaquer le verdict de la première instance, qui n’a en réalité satisfait personne. Pour mémoire, l’ancien vice-président de la République démocratique du Congo avait été condamné, c’était en juin 2016, à 18 ans de prison pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre. Les faits qui lui sont reprochés ont eu lieu entre octobre 2002 et mars 2003 quand ce seigneur de guerre s’est piqué de voler au secours de son ami centrafricain Ange Félix Patassé, en proie à une rébellion et contre Bozizé, lui envoyant un corps expéditionnaire de 1500 hommes, lesquels seront par la suite accusés d’avoir tué, violé et pillé.

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A mister Trump : Bons baisers d’un pays de merde

Comment dit-on  « pays de merde » en américain ?  « Stinking countries », « godforsaken countries », « world dump » ou « shitole countries » qui aurait eu la préférence de Donald Trump  pour parler des Etats africains lors d’une réunion jeudi dernier à la Maison-Blanche ? Quelle que soit l’expression choisie et qu’elle puisse signifier « trou à rats » ou « porcherie », elle était suffisamment offensante pour  susciter dans lesdits pays de  merde un mélange d’indignation  et de colère qui n’est pas près de s’estomper.

Les chefs d’Etat qui condamnent ; des pays qui convoquent l’ambassadeur américain comme ce fut le cas au Sénégal de Tulinabo Mushingi ; l’Union africaine qui publie un communiqué très ferme ; les ambassadeurs africains à l’ONU qui exigent une rétractation de l’auteur de ce vocable fleuri… le concert de désapprobation qui a accueilli cette sortie de piste ne cesse, depuis, d’aller crescendo.

Quelle « dung fly », entendez mouche …à merde,  a donc encore  bien pu piquer cette anomalie statistique qui a emménagé contre toute attente dans le bureau  ovale  qu’il a mis sens dessus dessous à coups de tweets ravageurs, de déclarations intempestives, d’actions  et de propos  inconsidérés qui laissent souvent ses propres collaborateurs totalement abasourdis?

« Le langage que j’ai utilisé lors de la réunion était dur mais ce ne sont pas ces mots-là », s’est défendu maladroitement celui qui tweete plus vite que son ombre sans pour autant dire quels étaient les termes exacts sortis de sa putain de bouche. Que l’Afrique, dont il sait à peine sur quelle planète elle se trouve, ne soit pas la priorité de ce maudit pitre imbu de sa personnalité, on veut bien mais avait-il besoin d’être aussi méprisant vis-à-vis de ce berceau de l’humanité et de 1,3 milliard (17% de la population mondiale) d’hommes et de femmes qui ont juste le malheur de ne pas être milliardaires ?

A-t-on besoin de lui rappeler que ce sont des millions et des millions d’enfants de cette Afrique, arrachés à la terre de leurs ancêtres par ce crime contre l’humanité qu’est  l’esclavage, qui ont en grande partie fait de son « America first » cette puissance économique qu’elle est de nos jours ? A-t-on besoin de lui apprendre que des descendants d’esclaves ont contribué à l’érection de cette fameuse Maison-Blanche, qu’il souille chaque jour que Dieu fait de ses extravagances ? A-t-on besoin de rappeler à ce monsieur qui dit tout ce qui lui passe par la tête que, pas plus tard qu’en septembre 2017 en marge de l’Assemble générale des Nations unies, il louait devant une brochette de présidents africains « le potentiel commercial exceptionnel » de ces pays de merde où l’Oncle Donald vient, comme tant d’autres puissances, se procurer pétrole, mines et de nombreuses autres matières premières indispensables à ses majors ?

Ici ou ailleurs, on a connu de premiers magistrats qui n’ont pas toujours été à la hauteur de la charge suprême qui leur avait échu. La France a ainsi eu ses rois ou présidents chauds lapins, à l’image de Félix Faure, expédié sans escale du septième ciel au ciel tout court le 16 février 1899, frappé par un orgasme mortel au cours d’ébats élyséens avec sa maîtresse Marguerite Steinheil, ce qui valut à la pauvresse le surnom  de « pompes funèbres » ;  somnabulesques tel Paul Deschanel, atteint du syndrome d’Elpenor et qui se prenait tantôt pour Napoléon, tantôt pour la Vierge Marie. L’Afrique a connu les heures sombres de despotes sanguinaires, fantasques ou ubuesques du genre Idi Amin Dada, Bokassa, Menguistu Hailé Mariam, Macias Nguéma, Haïti a eu ses papa et baby Doc, les Philippines les Marcos  mais rarement personnalité aura déshonoré   autant la fonction présidentielle comme c’est le cas de ce dirigeant pour le choix duquel les Américains se seront lourdement … « trumpés ». Qu’on ne nous dise pas qu’il a été élu démocratiquement car après tout, Hitler aussi l’avait été.

Et dire qu’il faudra encore se le taper trois ans, trois longues années pendant lesquelles il va commettre trop de dégâts. Avec de tels propos dévalorisants et bêtement méchants, qui illustrent à souhait la haute estime dans laquelle il  tient ses « homologues » africains qu’il reçoit, l’on est en droit de se demander ce que vont devenir l’AGOA, le MCC, l’initiative Power Africa, le PEPFAR (plan d’urgence pour la lutte contre le SIDA) et tant d’autres projets et programmes mis en œuvre par ses prédécesseurs au bénéfice de ces pays de merde.

Jusque-là on connaissait les génocides physiques, c’est-à-dire l’extermination de populations du fait de leur race, de leur ethnie, de leur croyance, de leur couleur de peau mais avec ces outrances verbales et ses « trumperies » à n’en pas finir, il faudrait que la Cour pénale internationale songe à inventer le crime de génocide moral qui est certes plus insidieux  mais tout aussi dévastateur sinon plus, les insultes (cafards, rats, merde, etc.) et  discours désobligeants préparant bien souvent le terrain aux actes violents. En attendant, mister Trump, bons baisers d’un pays de merde.

 

La Rédaction

  

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Attaques en RD Congo : Tirs de rappel pour Kabila

Il y a à peine un mois, le M23, contraint et forcé après quelques tentatives de manoeuvres dilatoires, avait dû se rendre à l'évidence: la guerre était perdue. C'est ainsi que le 5 novembre 2013, ils ont dû signer leur capitulation comme s'ils allaient à Canossa. Il n'en fallait pas plus pour Joseph, ragaillardi par cette victoire politique, diplomatique et surtout militaire, pour se taper une cure de jouvence en faisant une tournée dans la partie orientale du pays. "Attention à l'ivresse de l'Est", avions-nous prévenu dans un Regard sur l'actualité.

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Arbitrage Burkina ≠ Ghana : Il y a quand même une justice immanente !

Il est des moments où on se convainc que quelque part, il y a une justice immanente. Comme ce mercredi 6 février 2013 à Mbombela Stadium en Afrique du Sud. En montant sur le terrain ce jour-là, l’arbitre tunisien Slim Jedidi semblait avoir juré la perte du Burkina. En  effet, pour cette deuxième demi-finale de la 29e Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football, le douzième joueur ghanéen n’était pas dans les gradins mais sur la pelouse.

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